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Le tabou tombe sur l'homosexualité du défunt Jörg Haider

Texte par Euny HONG

Dernière modification : 24/10/2008

L'ex-leader de l'extrême-droite autrichienne, Jörg Haider, a vu son homosexualité révélée post-mortem. Son amant, Stephen Petzner (photo, en compagnie de Jörg et Claudia Haider), était aussi son plus proche conseiller politique.

C’est un ancien journaliste de 27 ans, Stephen Petzner, autrefois spécialisé dans la mode et la beauté, qui a été désigné leader de la formation d’extrême-droite l'Alliance pour l'avenir de l'Autriche (BZÖ) après le décès de Jörg Haider dans un accident de la route, le 11 octobre dernier.


Mais surprise, ce jeudi, deux semaines seulement après sa nomination, Petzner a dû rendre son tablier. La raison ? L’interview larmoyante donnée par ce dernier sur les ondes de la radio autrichienne ORF, où il y révélait que Jörg Haider et lui étaient amants depuis cinq ans…

  

"L'homme de ma vie"

 

"Jörg et moi avions une relation qui allait bien au-delà de l'amitié. Nous étions connectés par quelque chose de vraiment spécial", confesse Petzner à propos des liens qui l’unissaient au leader d’extrême-droite de 58 ans. "C’était l’homme de ma vie… Il disait souvent que j’étais à lui."

 

"Lorsque j'ai rencontré Jörg, j'ai ressenti une attirance magnétique [...] Claudia [l’épouse de Jörg Haider] aimait Jörg comme une femme, Jörg aimait Claudia comme un homme. J'aimais Jörg d'une manière différente et personnelle. Claudia comprenait cela."

 

Cette révélation était précédée d’une interview donnée à la chaîne autrichienne Krone TV, dans laquelle le jeune élu BZÖ enchaînait cigarette sur cigarette et pleurait à chaudes larmes sur la disparition de son mentor : "Je n’avais que lui, à présent je suis seul", se lamente Petzner.

 

Ses derniers moments, Haider les avait passés dans un bar gay de Klagenfurt, petite ville du sud de l’Autriche où il s'est enivré au point de perdre le contrôle de son véhicule.

 

Cette autre révélation vient écorner post-mortem l’image d’un homme à la réputation très droitière. Jörg Haider avait pris en 1986 le contrôle du FPÖ, petit parti fondé par d’anciens nazis. D’aucuns pointaient son antisémitisme et Haider avait bâti son succès électoral sur la dénonciation des minorités… Bref, le plus sincère représentant de l’Autriche nazie depuis la chute du IIIe Reich.

 

A plusieurs reprises, Haider avait voté contre la reconnaissance de droits des homosexuels. Il était connu pour ses violentes diatribes anti-immigration, mais curieusement était favorable à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne (UE).

 

Un néo-nazi ouvertement bisexuel

 

Mais ce qui demeure une énorme surprise pour certains n’en est absolument pas une pour d’autres. En tout cas pas pour les Autrichiens.

 

De nombreux blogs en langue allemande, dont shortnews, parlent de la bisexualité de Haider comme d’un secret de polichinelle. Ce qui l’était moins, mais que personne n’ignore plus, c’est la nature de la relation qu’il entretenait avec Stephen Petzner.

 

Bien que marié à Claudia et père de deux filles, divers ragots circulaient depuis une dizaine d’années, certains lui prêtant une aventure avec Seif al-Islam Kadhafi (présent à ses obsèques), fils du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi. Au début de l’année 2000, l’association viennoise Homosexuelle Initiative (HOSI-Wien) avait même "outé" le leader d’extrême-droite. Et le porte-parole du FPÖ avait dû contre-attaquer dans le quotidien Der Standard.

 

Le même quotidien avait évoqué, en décembre 2007, une soirée arrosée à laquelle avait assisté Haider en compagnie d’éphèbes. Plusieurs photos de la petite sauterie avaient été diffusées sur Internet et dans la presse.

 

Haider, Princesse Diana et la théorie du complot

 

Le décès de Jörg Haider, triomphalement réélu gouverneur de la région de Carinthie en 1999, a choqué nombre de ses admirateurs comme de ses détracteurs. Il a bénéficié de quasi obsèques d’Etat lors de ses funérailles le 18 octobre, retransmises à la télévision publique et auxquelles 25 000 personnes ont assisté. "Ce n’est donc pas étonnant que sa mort soit comparée à celle de la princesse Diana", en conclut le tabloïd autrichien Oe24.



L’un des points communs entre ces deux morts accidentelles : les nombreuses rumeurs d’assassinat qui ont couru à la suite des décès, et la floraison d’explications faisant appel à diverses théories du complot.

 

C’est ainsi le cas de Karlheinz Klement, un membre de l’ancien parti de Haider (le FPÖ, que Haider avait quitté en 2005 pour fonder le BZÖ), qui, sur son blog croit déceler le rôle des services secrets israéliens. Dans un billet intitulé "A qui profite la mort de Haider ?" Klement écrit que "le Mossad avait Haider dans le collimateur depuis longtemps".

 

En réponse à ces théories conspirationistes, un psychiatre autrichien se contente d’affirmer à Oe24 que "les gens ne peuvent pas accepter que la mort de Haider ait pu être totalement banale".

Première publication : 23/10/2008

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