23 Octobre 2008 - 21H25
- Justice - Rachida Dati

Les magistrats manifestent contre la politique de Rachida Dati
À la faveur d'une journée de mobilisation, soutenue par l'ensemble des acteurs des institutions judiciaires françaises, les magistrats de l'Hexagone ont dénoncé la "politique du coup d'éclat permanent" de la garde des Sceaux.
Par AFP / REUTERS (texte)

Les magistrats, soutenus par l'ensemble des professions judiciaires, se sont fortement mobilisés jeudi, dans toute la France, pour dire leur refus de la politique "tout sécuritaire" de la garde des Sceaux Rachida Dati, également accusée d'attenter à leur "indépendance".
  

 

Mobilisation nationale

A Paris, Lyon, Dijon, Toulouse, Lille, Nantes, Rennes, Marseille, Grenoble ou Metz... dans tous les tribunaux, les juges ont fait entendre leur mécontentement : rassemblement sur les marches, lecture de motions avant l'ouverture des débats, retard, voire renvoi d'audiences comme à Albi.
  
Fait rare, le mouvement a rassemblé l'ensemble des acteurs du monde judiciaire : juges, avocats, greffiers, gardiens de prison ou personnels de la protection judiciaire de la jeunesse.
  
A l'appel des trois principaux syndicats, l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire), le Syndicat de la magistrature (SM, gauche) et FO-magistrats, le mouvement a été dirigé autant contre la politique que l'attitude de la garde des Sceaux.

"Un bilan très négatif"

Rachida Dati "fragilise, par de constantes pressions, l’autorité judiciaire, dont l’indépendance est l’un des pivots de la démocratie", dénonçait la motion commune, l'accusant d'avoir une "attitude irresponsable" avec "la recherche systématique de boucs émissaires".
  
La colère des juges a été attisée ces dernières semaines par plusieurs initiatives de la garde des Sceaux, comme la convocation de procureurs pour leurs statistiques jugées décevantes sur les peines plancher, ou l'audition en pleine nuit à Metz de magistrats à propos du suicide d'un mineur en prison.
  
Pour Christophe Régnard, président de l'USM, Rachida Dati affiche "un bilan très négatif, le plus mauvais de tous les gardes des Sceaux depuis très longtemps". Il a également déploré une "politique menée sans moyens", rappelant que la France est le 35e pays sur 47 en Europe pour le budget de la justice par habitant. "Je crois qu'il est temps que Mme Dati se mette au travail", a-t-il lancé, tout en précisant que son syndicat n'appelait pas à la démission de la ministre.
  
A Paris, une délégation a été reçue par le Premier président de la Cour de cassation, Vincent Lamanda, et le procureur général de cette instance, Jean-Louis Nadal. Ils ont promis de se faire "les relais" des inquiétudes des juges auprès du président Sarkozy, également président du Conseil supérieur de la magistrature (CSM).
  
En même temps, cette autorité suprême de la profession décidait d'enquêter sur l'éventualité de "pressions qui porteraient atteinte à l'indépendance de la justice", lors des auditions des magistrats après le suicide d'un adolescent le 6 octobre à la prison de Metz-Queuleu.
  
De quoi répondre aux attentes des magistrats de Créteil qui ont demandé au CSM de "prendre enfin une position face aux attaques répétées de la garde des Sceaux".
  
"Jamais aucun ministre n'avait réussi à cristalliser un tel mécontentement", lançait Clarisse Taron, déléguée SM et vice-procureur à la cour d'appel de Metz, tandis qu'à Lyon, le président du TGI Pierre Garbit assurait que les magistrats se sentaient "traités comme des boucs émissaires".

 
L'UMP soutient sa ministre

L'UMP a apporté, jeudi, son soutien à la Garde des Sceaux Rachida Dati, par la voix de ses deux porte-parole Chantal Brunel et Frédéric Lefebvre, se déclarant "choquée par les attaques virulentes et blessantes" dont elle fait l'objet et dénonçant "l'acharnement" des magistrats.
  
"Que certains syndicats de magistrats aient des revendications sur le fonctionnement de la justice ne légitiment pas pour autant la campagne de dénigrement dont Rachida Dati fait l'objet, notamment concernant les drames récents dans les prisons, qui sont pour elle des déchirures", estime Mme Brunel.
  
"Si les magistrats avaient, d'eux même, fait preuve de fermeté dans la condamnation des multirécidivistes, le gouvernement n'aurait pas eu à faire voter les peines planchers", renchérit M. Lefebvre.

  
Rachida Dati devait recevoir vendredi soir l'USM et le SM au sujet de ce qu'elle a qualifié mercredi "d'états d'âme" des juges.

Commentaires

garde des sceaux

A mon sens ,ministre , magistrats et barreaux font l'état.
Il faut s'entre aider par la communication et échange d'informations en bivalence dans l'intêret de la justice juste et durable .
Aussi ,aider la haute instance de justice à la révision des conventions franco maghrébine en matière d'octroi de la double nationalité et les enlèvements d'enfants en bas âge vers la France à l'insu du partenaire mononationalité avec la complicité des autorités administratives des pays d'origine :
Le cas de Badech Bariza batna disparue à Toulouse en compagnie de deux enfants en bas âge .
l

Je suis arabe et je n'aime pas du tout Dati.

J'encourage les magistrats à faire tomber Rachida Dati.

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