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La police française réclame des caméras embarquées

©

Vidéo par Hélène FRADE

Texte par AFP

Dernière modification : 24/10/2008

Après l'interpellation musclée, et filmée par un vidéaste amateur, d'un jeune homme de la cité de Montfermeil, en banlieue parisienne, le 14 octobre, les policiers demandent la présence de caméras embarquées dans leurs véhicules.

Entre 6.600 (police) et 25.000 (syndicat) agents des trois Fonctions publiques (Etat, hospitalière, territoriale), dont de nombreux policiers et hospitaliers, ont défilé jeudi à Paris à l'appel de Force ouvrière, notamment pour leurs salaires et contre la réforme de l'Etat.

Partis de la place Denfert-Rochereau (XIVe), les manifestants, venus de toute la France, se sont rendus à la place Vauban (VIIe), derrière une banderole revendiquant pèle-mêle "l'augmentation des salaires et pensions", "la défense des valeurs républicaines", "du service public" et "du statut de la Fonction publique".

Ils ont dénoncé "la RGPP (réforme générale des politiques publiques, lancée par le gouvernement, prévoyant notamment le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite) et la mobilité imposée".

Les manifestants, qui comptaient dans leurs rangs de nombreux fonctionnaires de la santé et des collectivités territoriales, ont notamment crié "Ho hisse, ho hisse pour le point d'indice, plus haut, plus haut, pas de statut quo" et "Avec Sarko pas un euro, il nous mène en bateau! Avec Santini pas un penny aujourd'hui ça suffit!".

Un gros contingent de policiers a défilé, les syndicats SGP-FO et Unsa-Police côte à côte, derrière des pancartes "poulets plumés = démotivés" et "Du fric pour les flics".

"Si on peut s'endetter pour les banquiers, on peut s'endetter pour les hôpitaux, ça me paraît logique", a déclaré le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, expliquant que certains hôpitaux, se voyant refuser des prêts par Dexia, étaient obligés d'aller voir les banques.

"On est là pour tirer la sonnette d'alarme, il faut stopper la RGPP. Il faut que le président respecte un engagement pris il y a un an, d'un vrai débat sur la place des services publics dans notre société", a-t-il ajouté.

Il a également dénoncé une "contradiction fondamentale" de Nicolas Sarkozy après la crise: "Il est antilibéral au niveau international et il suit le Medef au niveau national".

"Comme il est le patron des fonctionnaires en quelques sorte, qu'il laisse aussi un peu de marge de manoeuvre à ses ministres pour négocier avec les fonctionnaires", a-t-il ajouté.

Dans le cortège, Patrice Boussin, agent de maîtrise à l'hôpital de Carvin (Pas-de-Calais), a expliqué ne pas avoir "eu un centime d'augmentation depuis quatre ans".

"Après 35 ans de travail, je suis à 1.575 euros net. Quand on voit le coût de la vie qui s'envole, aujourd'hui ça devient dur, très dur", a-t-il précisé, entouré de délégations venues d'Aquitaine, de Salon-de-Provence et de Montpellier.

Le responsable FO-Fonction Publique Gérard Noguès a estimé que "le 23 octobre est un point de départ" avant d'autres mouvements pour "se faire entendre".

"Pour l'instant, la réorganisation des services de l'Etat se fait dans un cabinet ministériel, et ça s'impose aux préfets sans qu'on leur demande leur avis, on va fermer des hôpitaux sans demander l'avis des citoyens... Ca ne va pas".
 

Première publication : 23/10/2008

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