L’Europe se prend à rêver d’avoir un capitaine à la barre –car elle en a un en ce moment : la presse européenne salue le dynamisme payant de Nicolas Sarkozy sur la crise économique. Du coup, certains de ses conseillers suggèreraient de ne pas s’arrêter en si bon chemin, c'est-à-dire en décembre 2008, fin de la présidence française de l’Union européenne (UE).
Problème principal relevé par tous : en 2009, la crise économique ne va pas s’arrêter, elle va au contraire toucher l’économie réelle. Or qui sera en charge de la présidence tournante de l’UE ? La République tchèque, un pays qui cumule les inconvénients :
1- Son président Vaclav Klaus est un eurosceptique et ultranationaliste déclaré. Son Premier ministre, le libéral Mirek Topolanek, censé conduire la politique européenne, a subi une déroute aux élections régionales tchèques ce week-end. Son gouvernement de centre-droite a survécu, hier, à une motion de censure déposée par l'opposition, sur sa présidence tchèque de l'Union européenne : une crise politique en cours donc ;
2- Ce gouvernement n’a pas réussi à ratifier le traité de Lisbonne (et n’y parviendra peut-être pas par voie parlementaire) ;
3- Les Tchèques ne font pas partie de l’Eurozone, pas plus que les Suédois qui leur succèderont à la tête de l’UE au 2e semestre 2009. Faut-il passer une année entière sous la houlette de deux pays hors de la zone euro ?
Nicolas Sarkozy, lui-même, donne quelques signaux qui peuvent laisser penser qu’il veut rester aux affaires économiques en 2009. Devant le Parlement européen, il a vivement regretté qu’il n’y ait pas de président fixe de l’UE comme prévu par le traité de Lisbonne. Et ajoute, et confirme aujourd’hui même, qu’il faudrait pouvoir réunir en 2009 les 16 pays membres que comptera alors la zone euro – au niveau des chefs d’Etat et de gouvernement- comme il l’a fait pour la première fois de l’Histoire, le 12 octobre à Paris.
C’est le seul échelon capable de prendre des décisions. Jusqu’ici, et selon les institutions européennes, l’Eurogroupe ne réunissait "que" les ministres des Finances sous la direction de Jean-Claude Juncker, Premier ministre du Luxembourg. Créer une réunion informelle d’une institution qui n’existe pas (Eurogroupe des chefs d’Etat) et que le numéro un français pourrait présider, en se faisant élire par ses pairs : cela n’est plus tout à fait impensable !
Quelques réticences sont à attendre néanmoins : d’abord celle de l’actuel chef de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker, président permanent depuis 2005, et dont le mandat expire à la fin de l’année. A demi-mot, Paris estime qu’il a fait preuve de peu d’initiatives dans la crise financière. La France qui critique vivement et brusquement le Luxembourg comme paradis fiscal en Europe !
Quant à l’Allemagne, elle n’est, officiellement, au courant de rien : mais elle est traditionnellement et farouchement réticente à toute idée d’un "gouvernement économique", sans parler d’un tel gouvernement dirigé par une puissance voisine et rivale, et son hyper-dynamique président.
Pour pousser Angela Merkel dans ses retranchements, Nicolas Sarkozy pourrait jouer sur son entente nouvelle avec le Royaume-Uni, de sa complicité avec Gordon Brown, qu’il inclura, comme au 12 octobre, et bien qu’il ne fasse pas partie de la zone euro, dans le jeu. Le chef de l’Etat français, qui a trouvé un costume à sa taille – l’européen - a encore deux mois pour convaincre qu’il doit rester… Si toutefois il le veut !














Commentaires
Sarkozy, président de l'Europe jusqu'en 2010 ?
Le Premier ministre suédois critique vivement Nicolas Sarkozy:"C'est peut-être moins important de montrer qu'on est tout le temps en train d'agir, que de faire les choses correctement et de prendre le temps d'analyser", a déclaré le Premier ministre suédois parlant de Nicolas Sarkozy, lors du sommet extraordinaire réunissant les 27 de l'UE.
mais que vont faire les autres pays
Il y a evidemment un parti pris dans l'article, qui ne plaide pas en sa faveur.
Mais meme malgre cela , il est evident que pour nos partenaires il s'agit rien de moins que d'une gifle. Un "casse toi pauv c.." de plus envoyé au successeur de plein droit.
Il y a un traité sur la gouvernance, on touche la a un accord signé entre tous les pays européen et le malme, c'est donner de l'eau au moulin des anti européens . Et rique meme de souffler la revolte chez les europeens convaincu en demontrant la légereté avec la quelle les hommes politiques percoivent les institutions européennes.
Cordialement
Réponse
Pour répondre aux divers commentaires sur ce blog qui ont fait couler beaucoup d’encre :
1-Pour ce qui est du reproche de Sarkozysme, je tiens à préciser que ce plan de bataille est celui indiqué par l’entourage du président. L’auteur n’est ni pour ni contre, bien au contraire, et est tout aussi stupéfaite que vous par tant de culot et une telle innovation institutionnelle !
2- Vous préférez nommer V. Klaus « nationaliste » plutôt qu’ultra nationaliste, je vous l’accorde volontiers. Notez qu’il est coutumier de déclarations beaucoup plus provocacantes que le blog visé. Mais que penser d’un président qui refuse de hisser le drapeau européen à son fronton pendant la présidence UE ? Un grand européen ?
3- Pour le suivi des affaires franco-tchèques, RDV dans le prochain blog, il semblerait que la « théorie du complot français » (à laquelle, je précise, je n’adhère toujours pas)! prend forme.
Scandaleux
C'est Honteux
il y a des regles ! Cette appétance mégalomaniaque est effrayante
il y a un traité !
Nicolas Sarkozy: J'y suis, j'y reste.
N.Sarkozy s'est imposé sur la scène internationale en six (6) mois. Sous quelle instance se présentera t-il après décembre est sans importance. Il continuera de s'imposer en tant que Nicolas Sarkozy, avant tout, et il parlera au nom , au minimum de la France, ou avec le 'nous' de l'Europe -en évitant soigneusement de parler au nom de l'Union européenne; la nuance est de taille, et lui offre toutes les opportunités (L'union européenne n'étant en aucun cas l'Europe...des concepts et des entités distinctes). D'ailleurs dans ses discours, souvent, il parle au nom de l'Europe et non pas en se limitant à l'U.E. Ainsi, peu importe les fonctions des autres chefs d'États et des entités qu'ils représentent ou vont représenter, N. Sarkozy s'est déjà accaparé de parler au nom de la tribune de l'Europe.
La présence internationale de N. Sarkozy ne fait que commencer et elle se poursuivra au cours des années à venir. Au besoin, il créera ponctuellement ses propres forums; car soyez-en persuadés, N.Sarkozy se croit dorénavant incontournable sur le plan international.
Article de propagande
Cet article me choque et je considére qu'il ne sert qu'à servir la propagande Sarkozyste.
Nous avons une situation de présidence tournante et aprés quelques arguments fallacieux, l'auteur de l'article axe son discours sur les moyens a employer.
L'auteur déclame que Sarkozy est acclamé en Europe et que l'habit de l'Europe est celui qu'il porte le mieux.
Bouygues a TF1, Murdoch a la Fox, Lagardére a Direct Soir et Sarkozy détient France 24.
bon courage et ne cédez pas à cette propagande, cher colecteurs.
Julien
Pietre Article quoiqu'informatif!
Un article de basse qualite pour un quotidien tel que france24. Plusieurs erreurs non negligeable:
1- La crise actuelle n'est pas (encore) economique mais plutot financiere. Elle pourrait toutefois le devenir selon la conjoncture, mais ce n'est pas encore le cas. Comment pouvez vous dans un meme article affirmer que la crise est economique, en ensuite quelques phrases plus loin dire qu'elle n'a pas encore touche l'economie reelle (yen a t'il une autre qui est exclusivement virtuelle?)?
2- Un president Nationaliste n'est pas un president ultra-nationaliste. D'ailleurs Sarkozy lui aussi est nationaliste qu'on le veuille ou pas (avec notament son ministere de l'immigration et de l'identite nationale.
3-Dire que la france est rivale de l'allemagne est incomplet donc erronee. La France et l'Allemagne sont en europe des allies et sont un peu loin d'etre rivaux (meme si il existe toujours un certaine dose de rivalite entre les puissances)
Bref, un article nul.
Lionel de YESHOUA
Ultranationaliste...
Pourquoi, dans la presse frnaçaise, les "nationalistes" sont-ils toujours "ultra"nationalistes? C'est une mauvaise habitude qu'ont pris les journalistes français, et je comprends que ce terme puisse choquer des tchèques...
Votre article n'est pas travaillé !
Caroline de Camaret,
Je suis surpris et ma compagne tchèque presque choquée, que de lire ce papier sur une chaîne que nous regardons tous les jours...
- Son président Vaclav Klaus est un eurosceptique et ultranationaliste déclaré.
Je ne suis pas de son bord politique, mais Klaus n'est en RIEN ultranationaliste !
Si cette information est vrai, merci d'y ajouter la source. Ce qui vous sera ttrès facile de faire, puisque c'est un : ultranationaliste DECLARE !
Cordialement,
Donatien