Dernière modification : 27/10/2008 

- Bertrand Delanoë - Paris - Parti socialiste


La gauche du PS en rade sur les terres du maire de Paris
Dans le XIe arrondissement de Paris, des représentants des différentes motions en lice pour le congrès de Reims présentent leurs arguments devant les militants. Crise financière ou pas, pour la plupart, ils sont d'abord acquis au maire de Paris.
Par Benjamin DODMAN / Thibault LIEURADE (texte)
Benjamin DODMAN / Thibault LIEURADE (vidéo)

Au Parti socialiste, à deux semaines du vote, la campagne pour les différentes motions qui seront présentées au congrès de Reims bat son plein. Comme dans toutes les sections de France, les socialistes du XIe arrondissement de Paris, la plus grande section de la capitale, organisent un débat pour permettre à un représentant de chaque motion de prêcher pour sa chapelle.

 

Daniel Assouline est venu représenter la motion défendue par Ségolène Royal. En pleine guerre des chefs, il rappelle l’importance de ces discussions pour la base du Parti : "Il faudrait vraiment que le Parti socialiste élabore ses propositions avec la société et en mobilisant la société, avec les forces vives de la société, avec ses acteurs syndicaux, associatifs, avec ses experts, et pas simplement par un débat interne et une adoration de chef."

 

Ce supporter de Ségolène Royal ne joue pas à domicile. Dans ce bastion du maire de Paris, plus des trois-quarts des membres de la section apporteront leur soutien à Bertrand Delanoë.

 

Laurent Cheno fait partie de cette majorité. Il concède que plusieurs motions se ressemblent : "Sur les six motions, il me semble qu'il y en a deux qui sont à peu près comparables. C'est la motion Delanoë et la motion Royal, dans leur attachement au projet européen. La motion C, [celle] de Benoît Hamon, on sait très bien qu'ils ont le réflexe protectionniste qui est opposé à cette vision européenne que nous préférons."

 

Le TSH (ou "tout-sauf-Hamon") l'emporte dans le XIe

 

Cette vision européenne, partagée par les élus de la section, permet aux socio-démocrates de se différencier clairement de la gauche du parti - représentée par Hamon - qui a le vent en poupe. Crise du capitalisme financier oblige.

C'est dans la motion de Benoît Hamon que l'on trouve la critique la plus virulente du capitalisme. Elle appelle à un changement "radical" de cap. Elle propose également une augmentation immédiate du SMIC à 1 500 euros ou encore une relocalisation de la production. 

La députée PS Danièle Hoffman-Rispal, signataire de la motion de Bertrand Delanoë, estime que les solutions ne viendront pas de ce courant : "C'est facile, c'est démago, ça fait "à gauche"... et puis, quand on gouverne, on ne fait plus la même chose. Même les copains qui soutiennent la motion C... Hamon n'a pas été ministre, mais un certain nombre d'entre eux ont été ministres, et dans des gouvernements qui n'ont pas fait ce qu'ils ont écrit dans la motion C. Donc il y a un moment donné où ça, ça me gonfle."

 

Un point de vue que partage Patrick Bloche, maire du XIe arrondissement de Paris et proche de Bertrand Delanoë : "Ils ont des propositions que je trouve inquiétantes, notamment en matière de libre-échangisme, où ils essayent de réintroduire une démarche d'un autre temps, c'est-à-dire la prise de mesures protectionnistes dont les pays du Sud seraient les premières victimes."

 

Utopia, courant altermondialiste, souligne sa différence

Même le courant minoritaire altermondialiste Utopia, pourtant proche sur de nombreux sujets de la motion de Benoît Hamon, tient à marquer sa différence

 

"Il est possible que la crise actuelle rende cette motion, la motion C, plus audible. Malheureusement, ce que nous leurs reprochons, et ce qu'Utopia propose, c'est toute l'analyse avec la cohérence du fonctionnement écologique" explique Benjamin Grebot, qui défend son courant devant les militants.

 

La gauche de la gauche ne s'imposera certainement pas le 6 novembre, dans ce fief social-démocrate. Pour ceux qui trouvent que le Parti s'éloigne trop des idées de gauche, une autre réunion se tient en face organisée par des militants du NPA, le nouveau parti anticapitaliste d'Olivier Besancenot.

 

Commentaires (3)

bla bla bla

continué comme ça, c' est comme ça que vous allez réassoir nico sur le trone

utopia

la seule vidéo que je voulais entendre est celle d'Utopia, car elle propose des choses nouvelles et répondant à la crise globale de notre société et pas seulement financière.
mais... on n'entend rien.... un hasard? quand leur donnerons nous enfin la parole?448

Sociale démocratie ???

J 'imagine mal que DELANOE perde cette élection car s'il y a 2e tour il y aura règlement de comptes.
Si les Ségolénistes sont défaits au 1er, ils règleront leurs comptes avec Aubry (l'anti-Ségolène) de surcroit handicapée par Fabius le vieux cheval de retour et ex-concurrent méprisant, au profit de DELANOE.
Si les Aubrystes sont défaits au 1er, ils règleront leurs comptes avec Ségolène l'ennemie de toujours, au profit de DELANOE.
L' aile gauche représentée par HAMON étant trop minoritaire, j'imagine mal un autre résultat comme j'imagine mal que DELANOE ne soit pas au 2eme tour.
DELANOE élu appuyé par les Ségolénistes, on peut s'attendre à une ré-orientation du PS vers une sociale démocratie plus Européenne et constructive que déma-égo-centrée habituelle, ce qui ne serait pas un mal... c'est en tous cas mon avis.
De toutes façons, je m'attends à une foire d'empoigne dans laquelle le vrai bénéficiaire immédiat sera BESANCENOT qui récupérera une partie des ancrés "à gauche-toute" vengeurs...et peut être la France si le PS devenu ridicule avec les duettistes du Muppet Show (HOLLANDE AYRAUT) reprend enfin sa vraie place d'opposant constructif apte à gouverner un jour.

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