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Madrid milite pour assister à la réunion du G20 de Washington

Texte par Adeline PERCEPT

Dernière modification : 24/10/2008

Le chef du gouvernement espagnol José Luis Zapatero souhaite que son pays, huitième économie mondiale, soit représenté lors du sommet international sur la crise financière du 15 novembre, réunissant le G20 aux États-Unis.

Certains analystes ont beau penser qu'il part, tel Don Quichotte, en guerre contre des moulins à vent, le président du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero ne veut pas abandonner la bataille. Jusqu'à présent, l'Espagne ne fait pas partie de la liste des invités, pour la réunion internationale qui réunira les pays membres du G20 près de Washington, le 15 novembre.
  
Le président américain George W. Bush, sur demande de plusieurs chefs d'Etat dont Nicolas Sarkozy, a convoqué ce sommet pour envisager une réponse à la crise financière sans envoyer de carton d'invitation à Madrid.

 

Le groupe des participants se limite en théorie aux pays du G20, un groupe créé en 1999 lors de la crise des marchés asiatiques. Il regroupe les membres du G8, dont l'Espagne ne fait pas partie, ainsi que les économies dites "émergentes". Du coup, depuis le milieu de la semaine, l'Espagne multiplie les contacts diplomatiques, à tous les niveaux, pour y être présente.
 
José Luis Rodriguez Zapatero a même bousculé son agenda pour se rendre au sommet Asie-Europe, ce vendredi à Pékin. Il y rencontre personnellement de hauts responsables chinois et indonésiens, dont les pays seront représentés à la réunion, pour faire valoir sa cause.
  

Madrid, un bon élève dans la crise

 
Malgré tout, une source au sein du gouvernement espagnol a confié à France 24 qu'il n'y avait pour l'instant "pas d'évolution sur ce dossier. Mais nous ne nous décourageons pas : l'Espagne a le droit d'apporter son expérience, notamment son expertise de la régulation du système financier. Tout le monde en Europe a remarqué que nous sommes parmi ceux qui ont le mieux résisté à cette crise financière."
  

En effet, grâce à son système de régulation drastique, la Banque d'Espagne a encouragé les entités financières à s'appuyer sur une solide activité de banque commerciale, et non d'investissement. En limitant ainsi la prise de risques, l'Espagne peut se vanter de n'avoir aucune banque au bord de la faillite.

 

Le gouvernement espagnol cherche des soutiens de toute part. Les équipes de campagne des deux candidats à la présidence américaine, Barack Obama et John McCain, ont été contactées. Un haut responsable de l'ambassade de France à Madrid nous confirme également que la diplomatie française travaille sur le dossier avec le gouvernement espagnol.

 

Selon l'ambassadeur de France en Espagne, Bruno Delaye, Paris considère la présence de l'Espagne à ce sommet "tout à fait légitime, car elle est la huitième puissance économique mondiale". De leur côté, les Espagnols – partis politiques et syndicats, notamment – font valoir que leur pays a un Produit intérieur brut égal à celui du Canada, membre du G8.

 

Le soutien de Paris, comme de Londres, ne sert-t-il que de réconfort à l'adresse de José Luis Rodriguez Zapatero ? Pour l'instant, l'hôte, George W. Bush, avec qui les rapports du chef du gouvernement espagnol sont froids, continue de faire la sourde oreille.
 
Tony Fratto, porte-parole de la Maison Blanche, a déclaré que si d'autres pays étaient inclus à cette réunion, "les participants seraient trop nombreux, et on ne pourrait pas arriver à un consensus. L'Espagne peut présenter ses idées via l'un des leaders présents au sommet, où via la représentation de la Commission européenne." Une explication que le gouvernement espagnol ne veut pas entendre. "Nous voulons parler à la première personne, déclare-t-on à la Moncloa, et nous ne sommes pas en train d'essayer de trouver un porte-parole."

Première publication : 24/10/2008

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