Le président américain George W. Bush a assuré vendredi à la Géorgie et à l'Ukraine que les Etats-Unis continuaient à soutenir leurs aspirations à entrer dans l'Otan, malgré l'opposition de la Russie.
"D'autres pays cherchent à appartenir à l'Alliance, et ils ont le soutien entier du gouvernement des Etats-Unis", a dit M. Bush en signant les protocoles américains ratifiant l'adhésion de l'Albanie et de la Croatie.
"Je réitère aujourd'hui l'engagement des Etats-Unis à soutenir les aspirations de l'Ukraine, de la Géorgie, de la Bosnie-Herzégovine et du Monténégro", a-t-il dit, sans évoquer les pressions de la Russie.
"Nous encouragerons et soutiendrons tous ceux qui aspirent au même objectif" que l'Albanie et la Croatie, a dit le secrétaire général de l'Otan Jaap de Hoop Scheffer, présent à la cérémonie, "parce que l'Europe que nous voulons construire est un continent où les pays sont libres de décider de leur avenir et de ne pas en voir d'autres décider de leur avenir".
Il n'a pas fait référence explicitement à la Géorgie, l'Ukraine ni à la Russie, même si ses propos renvoient aux critiques qui accusent l'Otan de laisser Moscou lui dicter certaines de ses décisions.
M. Bush a aussi réaffirmé le soutien des Etats-Unis à l'admission de la Macédoine. Il a tendu la main de l'Alliance à la Serbie, prise entre les inclinations européennes et les liens historiques avec la Russie.
"L'Amérique attend le jour où les rangs de l'Otan incluront tous les pays des Balkans, y compris la Macédoine", a dit M. Bush.
"La grande alliance qu'est l'Otan vous garde une place à notre table et nous nous réjouissons à l'idée de votre admission le plus vite possible comme membre à part entière de l'Otan", a-t-il dit à l'adresse de la Macédoine.
La Grèce, déjà membre de l'Otan, bloque l'adhésion de la Macédoine sous ce nom parce qu'elle estime que le nom de Macédoine fait partie exclusive de son patrimoine historique national.
Mais les implications stratégiques semblent bien plus considérables quand il s'agit des deux anciennes républiques soviétiques de Géorgie et d'Ukraine, aujourd'hui alliées des Etats-Unis.
Les Etats-Unis plaident pour l'octroi à ces deux pays du statut de candidates officielles à l'entrée dans l'Otan.
Or l'élargissement de l'Otan jusqu'aux portes de la Russie est l'une des causes des tensions des derniers mois avec les Etats-Unis et leurs alliés.
Malgré les pressions de M. Bush, l'Otan avait entendu les inquiétudes de certains de ses membres quant à la réaction russe lors d'un sommet en avril. Elle a refusé de décerner cette fois le statut de candidates à la Géorgie et à l'Ukraine et a remis l'affaire à une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Alliance atlantique début décembre à Bruxelles.
Mais l'Otan reste divisée. La France et l'Allemagne sont franchement opposées à l'octroi du statut aux deux aspirants en décembre. Pour Paris et Berlin, la guerre du mois d'août en Géorgie n'a fait que confirmer les risques qu'il y aurait à voir ce pays entrer dans l'Otan.
M. Bush a signé vendredi soir les protocoles américains ratifiant l'adhésion de l'Albanie et de la Croatie. L'Otan a offert en avril l'adhésion aux deux pays. Mais les 26 membres de l'Alliance doivent ratifier un à un leur adhésion.
L'invitation faite à l'Albanie et la Croatie à rejoindre l'Otan "constitue la reconnaissance des difficiles réformes que ces pays ont entreprises", a dit M. Bush. En retour, "leur peuple savent qu'une fois que l'Albanie et la Croatie auront rejoint l'Otan, tous les membres de l'Alliance seront à leur côté si un pays quelconque menace leur sécurité".














Commentaires
Pour Paris et Berlin
"Pour Paris et Berlin, la guerre du mois d'août en Géorgie n'a fait que confirmer les risques qu'il y aurait à voir ce pays entrer dans l'Otan" Cette guerre a eu lieu parce que la Géorgie ne fesait pas partie de l'OTAN. Les russes n'oseront jamais faire à un pays membre la même chose qu'ils ont fais à la Géorgie.
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