25 Octobre 2008 - 09H05
- OPEP - Pétrole

Chute des cours du pétrole bien que l'Opep réduise sa production
Les cours du pétrole continuaient vendredi de baisser malgré la décision des pays de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) de réduire de 1,5 million de baril par jour leur production, à l'issue d'une réunion extraordinaire.
Par REUTERS (texte)

 L'Opep a décidé vendredi lors d'une réunion exceptionnelle de réduire de 1,5 million de baril par jour la production quotidienne du cartel, ce qui n'a pas empêché les cours de l'or noir de continuer de chuter.
 
"La décision a été franche", a commenté le ministre saoudien du Pétrole Ali-Naimi. "L'Opep fera le nécessaire pour équilibrer les marchés pétroliers."
 
Le baril de brut texan pour livraison en décembre a fini en repli de 3,69 dollars à 64,15 dollars après avoir touché
un moment 62,65 dollars, son plus bas niveau depuis mai 2007. En un mois, le baril d'or noir a perdu plus de 40 dollars.
 
Le brut léger US avait inscrit un record historique en juillet à 147,27 dollars le baril, soutenu alors par des perspectives de tensions entre l'offre et la demande. Mais, la perspective de voir la crise financière se transformer en récession économique générale a pris le dessus. Depuis son record, le brut US a perdu 56%.
 
La rapidité de cette correction a rappelé à l'Organisation des pays exportateurs de pétrole ce qui s'était passé lors de la
crise financière asiatique à la fin des années 1990.
 
Elle avait alors entraîné une chute de la demande et une accumulation des stocks. L'Opep avait Tardé à agir, contribuant
à faire tomber le baril à moins de 10 dollars en 1998.
 
"L'Opep montre qu'elle ne commettra pas deux fois la même erreur", commente David Kirsch, gérant chez PFC Energy.
 
La réduction de 1,5 million de bpj s'appliquera sur les quotas de 28,8 millions de bpj de septembre, ce qui représente
une diminution d'un peu plus de 5%. Elle sera effective le 1er novembre, a indiqué le ministre saoudien du Pétrole, Ali al
Naimi.
 

L'OPEP A VOULU AGIR VITE
 
La décision a été prise en moins de deux heures, mais malgré l'accord sur la nécessité de réduire la production, la question de l'ampleur de cette baisse a fait l'objet de vifs débats entre des pays tiraillés entre leurs propres besoins et ceux d'une économie mondiale qui se dirige vers la récession.
 
D'un côté, figurent le Koweit et ses voisins du Golfe, pour lesquels un prix moins élevé n'a rien de dramatique et qui ont
plaidé en faveur d'une réduction modeste des quotas de production, de l'autre, le Venezuela, l'Iran et la Libye dont
les économies sont davantage tributaires du pétrole et qui souhaitaient que la production soit abaissée de deux millions de bpj.
 
Mais le cartel a choisi de montrer son unité et les ministres se sont entendus sur 1,5 million de bpj, tout en prévenant que d'autres décisions pourraient être prises avant la prochaine réunion de l'Opep en Algérie.
 
"Si une décision doit être prise, elle sera prise et il ne faudra pas forcément attendre la réunion d'Oran", a déclaré le
président Chakib Khelil au cours d'une conférence de presse.
 
Les pays membres espèrent que l'Arabie saoudite, seul exportateur à dépasser sensiblement ses quotas de production,
montrera la voie et baissera effectivement ses volumes.
 
Ryad a toutefois déclaré qu'elle souhait que chacun prenne sa part dans ce processus.
 
Un communiqué de l'Opep précise que selon les objectifs définis, l'Arabie saoudite abaissera ses quotas de 466.000 bpj
et l'Iran de 199.000 bpj.
 
En juillet, lorsque les prix avaient atteint leurs records absolus, le royaume saoudien avait pris la décision unilatérale de relever sa production afin de mettre un terme au dérapage des prix.
 
La Maison blanche a critiqué la décision du cartel, la qualifiant de contraire aux règles du marché. Comme les autres grands pays consommateurs de pétrole, la baisse des cours constitue plutôt une bonne nouvelle en raison du ralentissement économique engagé.
 
De nombreux analystes ne sont pas convaincus par le volume choisi par l'Opep.
 
"On a déjà assité à une réduction de la demande de deux millions de barils de barils par jour. Je ne suis pas convaincu
que cette baisse sera suffisante pour faire cesser la glissade (des cours)", a déclaré Rob Laughlin, du courtier MF Global.
 

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