L'insécurité des journalistes, cibles du crime organisé, a occupé l'essentiel des débats des éditeurs mexicains de presse écrite, qui ont conclu leur 24e assemblée annuelle samedi à Veracruz, sur la côte de l'Atlantique (est) du pays.
L'insécurité est un "fléau" pour les journalistes, affirme la déclaration finale de l'Association mexicaine des éditeurs de presse écrite (Ame), dont la 24e assemblée annuelle coïncidait avec le 25e anniversaire.
Au Mexique, 76 journalistes ont été tués ou sont portés disparus depuis 1987, a souligné lors des débats le directeur exécutif de la Société interaméricaine de presse (SIP), Julio Munoz.
Le Mexique est ainsi depuis cette date le deuxième pays le plus dangereux d'Amérique latine, derrière la Colombie (123 morts ou disparus), sur un total panaméricain de 344, et le bilan s'y est alourdi plus rapidement au cours des dernières années, une intensification "liée aux cartels de la drogue", a ajouté M. Munoz.
Les journalistes sont visés par des menaces directes ou indirectes, des intimidations sous forme de photos de leurs femmes ou de leurs enfants déposées à leur bureau, ont expliqué les intervenants de l'Ame. "Plus de 70% des attaques contre les journalistes proviennent de fonctionnaires", a insisté l'un des orateurs, dans une allusion directe à des policiers corrompus.
Pour protéger les journalistes et les aider à exercer leur métier, Ricardo Aleman, éditorialiste du quotidien national El Universal, a appelé les autorités à agir, et les médias à "constituer un front, en s'unissant à la société".
"Nous avons les moyens suffisants, avec la radio, la TV, internet, des médias de très grande pénétration", a-t-il insisté. "Voyez l'exemple de la Colombie, de l'Italie, ils l'ont fait", a-t-il cité en référence aux succès de la lutte contre le crime organisé dans ces pays.
Face à ces menaces vitales, celle que les nouveaux médias font planer sur l'avenir de la presse écrite sont passées à l'arrière-plan. "Les médias électroniques et internet ne sont pas une concurrence, mais un complément et une opportunité, ce sont des alliés", a conclu l'Ame dans sa déclaration finale.


























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