On connaissait le goût des narcotrafiquants pour les décors et objets à la fois kitsch et hyperluxueux, comme les pistolets à crosses incrustées de diamants qu’abrite le musée des stupéfiants de Mexico. Suite à l’arrestation, la semaine dernière, de narcos colombiens et mexicains réunis dans une demeure somptueuse de la banlieue de Mexico, le journal El Universal a dévoilé dans son édition du 21 octobre une nouvelle extravagance : au fond du jardin, près d’un lac artificiel où flottait un hippopotame en fibres de verre, une grotte aménagée en spa abritait une ménagerie constituée de deux vrais lions, d’un tigre blanc, d’un albinos, et de deux panthères noires.
Ces trouvailles sont communes dans les repaires de narcos, selon l’ONG Teyeliz, spécialisée dans la préservation des animaux sauvages, les félins étant "des symboles de puissance, de force et de courage". L’un des groupes musicaux préférés des narcos s’appelle d’ailleurs los Tigres del Norte. Et l’un des capos les plus célèbres de Tijuana, Francisco Javier Arellano, avait choisi comme nom de guerre “el Tigrillo”.
Ces animaux ne sont pas importés : la demande a suscité la création d’élevages de félins au Mexique même. Un grand félin peut coûter jusqu’à 2 700 euros, auxquels il faut ajouter 3 700 euros par an de frais de bouche (neuf kilos de viande par jour). Une paille pour les narcotrafiquants multimilliardaires : le trafic de drogue est la commerce le plus rentable au monde, devant celui des armes.













