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La rébellion de Nkunda s'empare d'une base militaire stratégique

Texte par AFP

Dernière modification : 27/10/2008

Depuis son retour sur le devant de la scène militaire, le général rebelle Laurent Nkunda multiplie les actions dans les collines du Nord-Kivu. Dernier coup d'éclat : la prise dimanche soir d'un important camp militaire à 50 km de Goma.

Regardez aussi le reportage d'Arnaud Zajtman et Marlène Rabaud : "Avec les rebelles hutus en RDC"

 

La rébellion congolaise de Laurent Nkunda s'est emparée dimanche d'un important camp militaire situé sur un axe stratégique dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) à une cinquantaine de km de Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu frontalière du Rwanda.
  
"Le camp militaire de Rumangabo est de nouveau sous le contrôle du CNDP (Congrès national pour la défense du peuple)", indique un communiqué du porte-parole de ce groupe rebelle, Bertrand Bisimwa, reçu par l'AFP à Kinshasa.
  
Le CNDP avait déjà pris ce camp début octobre, avant de s'en retirer le 9 octobre à la demande de la Mission de l'ONU en RDC (Monuc) "pour maximiser les chances d'un règlement pacifique de la crise".
  
Dimanche, la Monuc a confirmé la nouvelle prise par le CNDP du camp, qui constitue pour l'armée congolaise un verrou important vers Goma.
  
"Le CNDP a pris Rumangabo après des combats dimanche matin, a précisé à l'AFP le porte-parole de la Monuc à Kinshasa, Michel Bonnardeaux.
  
La rébellion affirme qu'elle a pris ce camp "en riposte" aux "attaques généralisées sur tous les fronts de la coalition gouvernementale", qui, selon elle, réunit l'armée congolaise, les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) formées par des rebelles hutus rwandais réfugiés en RDC depuis le génocide de 1994 dans leur pays, et le Pareco (miliciens locaux maï-maï).
  
Mais le gouvernement de Kinshasa a affirmé dimanche soir que "deux bataillons étrangers" avaient participé à la prise du camp, sans dire à quel pays ils appartenaient.
  
"Le CNDP a de nouveau attaqué le camp militaire de Rumangabo (...) deux bataillons étrangers ont activement pris part à cette attaque", déclare-t-il  dans un communiqué publié à Kinshasa.
  
Kinshasa affirme que le CNDP du général déchu congolais Nkunda, un Tutsi, est massivement soutenu, en troupes et en armes, par le Rwanda voisin, où le régime est dominé par la communauté tutsie. Kigali rejette ces accusations.
  
Depuis leur reprise le 28 août en violation d'un accord de paix signé à Goma en janvier, les combats entre le CNDP et l'armée dans le Nord-Kivu ont poussé quelque 200.000 personnes de plus à fuir leur maison, selon le Programme alimentaire mondial (PAM). Cela porte à un total de personnes déplacées dans cette seule province compris entre 1,4 et 2 millions.
  
La prise du camp de Rumangabo intervient après un appel, mardi, du Conseil de sécurité de l'ONU, au cessez-le-feu dans cette région troublée depuis le génocide au Rwanda.
  
La Monuc a appelé dimanche "toutes les parties à revenir sur leurs positions initiales afin de faciliter les opérations de désengagement". Des troupes de l'ONU ont été déployées sur l'axe routier entre Rutshuru et Goma, distantes d'une centaine de kilomètres, pour "sécuriser les déplacements" des civils fuyant les combats.
  
Samedi, le CNDP avait dénoncé "l'attitude complaisante affichée ces derniers temps par la Monuc" à l'égard de l'armée congolaise.
  
"Nous espérons que vous vous abstiendrez désormais de nous opposer un quelconque cessez-le-feu", ajoutait-il.
  
Par ailleurs, le directeur du Parc national des Virunga, classé au patrimoine de l'humanité par l'Unesco et célèbre pour abriter des gorilles des montagnes, a affirmé que la rébellion s'était emparée du quartier général du Parc situé à Rumangabo, obligeant une cinquantaine de gardes à fuir les lieux.
  
"La prise de notre quartier général à Rumangabo par les rebelles n'a pas de précédent au cours de toutes ces années de conflit", indique dans un communiqué Emmanuel de Merode.
  
Le Parc, à la faune très diversifiée, abrite 200 gorilles de montagne sur les 700 survivant à travers le monde, précise le texte.

Première publication : 27/10/2008

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