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Damas qualifie le raid américain d'agression "terroriste"

Vidéo par Pauline GODART

Texte par AFP

Dernière modification : 28/10/2008

Pour la Syrie, le raid américain dans un village situé à la frontière syro-irakienne, au cours duquel huit civils ont trouvé la mort, confine à l'agression "terroriste". Selon Washington, l'attaque visait un passeur de combattants en Irak.

Le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem a accusé lundi les Etats-Unis d'avoir commis une "agression terroriste" en tuant des "civils" dimanche lors d'un raid héliporté sur un village syrien frontalier de l'Irak.
   
"Nous considérons cela comme une agression criminelle et terroriste. Nous en rejetons la responsabilité sur le gouvernement américain", a déclaré M. Mouallem au cours d'une conférence de presse à Londres, à l'issue d'une rencontre avec son homologue britannique David Miliband.
   
"Tuer des civils, selon la loi internationale, revient à une agression terroriste", a repris M. Mouallem, premier responsable syrien à s'exprimer officiellement depuis l'annonce du raid dimanche par les médias syriens.
   
A la question de savoir si la Syrie pourrait à l'avenir répondre par la force à une nouvelle éventuelle opération de ce type, le chef de la diplomatie syrienne a répondu: "Aussi longtemps que vous employez le conditionnel, je vous dis, s'ils le font à nouveau, nous défendrons nos territoires".
   
Un responsable américain, s'exprimant sous couvert de l'anonymat, a confirmé lundi à l'AFP que le raid avait été mené par les Etats-Unis et a assuré qu'il s'agissait d'un "succès" dans la lutte contre les combattants étrangers opérant en Irak.
   
La porte-parole de la Maison Blanche Dana Perino, interrogée par courriel, avait auparavant décliné tout commentaire sur l'incident.
   
Donnant sa version des événements, M. Mouallem a cependant certifié que les victimes du raid étaient tous des civils.
   
"Ce sont tous des civils, des civils syriens, non armés et ils étaient sur le territoire syrien", a-t-il affirmé, expliquant que quatre hélicoptères américains avaient franchi la frontière entre l'Irak et la Syrie, dimanche à 17 heures.
   
Deux d'entre eux se sont posés près du villages, les deux autres se chargeant de leur protection, a-t-il raconté, ajoutant que les soldats étaient alors sortis des hélicoptères pour commencer à tirer sur les civils travaillant dans des champs, tuant notamment un père et ses trois enfants, et un pêcheur.
   
Le gouvernement irakien a pour sa part également affirmé que le raid visait des combattants, indiquant que le village "était le théâtre d'activités d'organisations anti-irakiennes se servant de la Syrie comme base-arrière pour des opérations en Irak".
   
Dans un communiqué conjoint diffusé après sa rencontre avec M. Mouallem, M. Miliband a indiqué, à l'égard de cette opération, que la "position de longue date" du gouvernement britannique était de "regretter toute victime civile".
   
Les deux chefs de la diplomatie sont notamment convenus que des "relations améliorées" entre la Syrie et l'Irak étaient dans l'intérêt de la stabilité régionale.
   
Les médias officiels syriens avaient annoncé dimanche une attaque de soldats américains débarqués d'hélicoptères venant d'Irak contre un bâtiment d'un village syrien, à huit kilomètres de la frontière, qui aurait fait huit morts.
  

Première publication : 28/10/2008

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