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Les rebelles avancent, la Monuc dans la tourmente

Vidéo par Valérie GIEBEL

Dernière modification : 29/10/2008

Alors que les rebelles de Laurent Nkunda progressaient vers Goma en prenant la localité de Kibumba, le commandant des forces de la mission de paix de l'ONU en RDC (Monuc) donnait sa démission pour des "raisons personnelles".

Les rebelles congolais du chef tutsi Laurent Nkunda, qui ont lancé une nouvelle offensive durant le week-end, progressaient lundi vers Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu dans l'est du pays, forçant des milliers de personnes à l'exode.


Kibumba aux mains des hommes de Nkunda


Les combats se poursuivaient lundi matin et les hommes du Congrès national pour la défense du Peuple (CNDP), le mouvement de Nkunda, ont chassé l'armée gouvernementale du village de Kibumba, à une vingtaine de km au nord de Goma.

 

"A 11h00 ce matin, nous avons chassé de Kibumba les forces gouvernementales qui combattent aux côtés des rebelles hutus et ces forces se sont retirées vers Goma qui est notre prochain objectif", a annoncé le porte-parole du CNDP, Bertrand Bisimwa.

 

L'ONG humanitaire chrétienne World Vision, qui a pu gagner Kibumba lundi, a fait état de fusillades près de la localité. Peu après le crépuscule, des coups de feu ont été entendus dans les parages de l'aéroport de Goma, a annoncé un témoin.

 

Le chef du village de Kibumba, Jean-Claude Bamenya, a précisé que la population et les réfugiés installés à proximité s'étaient enfuis devant l'avance rebelle. "Tous les réfugiés et tous les habitants de Kibumba ont déjà fui. Il y a des combats maintenant dans le village et je me dirige à pied vers Goma avec ma famille", a-t-il ajouté.


La Monuc dans la tourmente

  

Dimanche, lorsque les partisans de Nkunda avaient pris le contrôle de la base militaire de Rumangabo, ils ont détruit deux véhicules blindés de la Monuc, la mission de paix de l'Onu en République démocratique du Congo, blessant plusieurs casques bleus, a déclaré un porte-parole de l'Onu. Une personne a été tuée.

 

En se rapprochant de Goma lundi, les rebelles ont provoqué un vent de panique dans la ville et la colère de la population. Dans l’après-midi, à Goma, plusieurs centaines de personnes ont manifesté contre la Monuc, bloquant la route qui mène à son quartier-général, lui reprochant de ne pas être assez ferme envers les troupes du CNDP.

 

Pendant ce temps à New York, l'ONU annonçait la démission du commandant des Casques bleus de la Monuc, le général Vicente Diaz de Villegas, officiellement pour des "raisons personnelles". De source diplomatique, on affirme toutefois que ce général espagnol estime que la Monuc n'a pas les moyens de remplir sa tâche.

 

Le général ghanéen Ishmeel Ben Quartey assumera l'intérim de la plus importante force de paix des Nations unies dans le monde, avec près de 17.000 casques bleus.

 

Marée de réfugiés

 

Véritable marée humaine en perdition, près de 20.000 civils civils marchaient en hâte lundi sur la route en direction de Goma, la capitale provinciale du Nord-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC).



Depuis leur reprise, le 28 août, en violation d'un accord de paix signé à Goma en janvier, les affrontements entre le CNDP et les FARDC dans le Nord-Kivu ont poussé quelque 200.000 personnes de plus à fuir leur maison, selon vendredi le Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU.



Au total, entre 1,4 et 2 millions de civils ont été déplacés par les vagues successives de violences au Nord-Kivu, soit plus du quart des 5 millions d'habitants que compte cette province frontalière du Rwanda.

 


Un nouveau gouvernement « de combat et de reconstruction »

 

Au même moment, le président Joseph Kabila a annoncé la formation d’un nouveau gouvernement pour tenter notamment de pacifier l'est du pays, où près de 20.000 civils ont fui lundi les combats entre la rébellion de Laurent Nkunda et l'armée congolaise.

Attendu depuis près d'un mois, à la suite de la démission du Premier ministre Antoine Gizenga, ce nouveau gouvernement "de combat et de reconstruction" dirigé par Adolphe Muzito, compte 54 membres avec trois vice-Premiers ministres, 37 ministres et 13 vice-ministres.

Les ministres de la Défense, Chikez Diemu, et de l'Intérieur, Denis Kalume, qui n'ont pu réduire dans la province du Nord-Kivu (est) la rébellion de Laurent Nkunda, sont sanctionnés. Ils sont respectivement remplacés par Charles Mwando et Célestin Mbuyu.

La formation de ce troisième gouvernement depuis l'élection en 2006 du président Kabila intervient au moment où des membres du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) du chef rebelle tutsi congolais Laurent Nkunda enlève positions sur positions à l'armée régulière (FARDC).

Première publication : 28/10/2008

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