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Polémique autour d’une vente aux enchères d’ivoire

Texte par Caroline DUMAY

Dernière modification : 29/10/2008

La vente, autorisée par l'ONU, de 11 tonnes d’ivoire, en Namibie cette semaine, suscite la colère des associations protectrices d'animaux qui craignent que les braconniers n'écoulent progressivement leurs stocks illégaux.

Faut-il vendre les défenses d’éléphants stockées dans les parcs nationaux d’Afrique australe ? C’est la question que se posent aujourd’hui les associations protectrices des animaux après les enchères spectaculaires de près de 11 tonnes d’ivoire, qui ont eu lieu en Namibie en début de semaine, les premières d’une longue série prévue dans la sous-région.

 

"L’essentiel de cet ivoire provient d’éléphants tués lors des abattages massifs effectués dans la région au nom d’une soi disant surpopulation. Cette politique est déjà pour nous sujet à controverse", explique Jason Bell-Leask, directeur du Fonds international pour la protection des animaux (IFAW), pour qui de telles mesures encouragent les braconniers à blanchir leurs stocks illégaux. "Il nous faut être vigilant. Le futur des éléphants est toujours entre nos mains", conclut-il.

 

Reste que ces enchères s’effectuent dans la plus grande légalité. Elles ont été approuvées en juillet 2007 par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (Cites).

 

Pour les responsables des pays d’Afrique australe, le produit de la vente des stocks gouvernementaux permettrait de financer des programmes de conservation liés aux éléphants. Le ministère namibien de l'Environnement en a tiré plus de 1 million de dollars…

 

Les prochaines ventes auront lieu vendredi au Botswana, où 44 tonnes d'ivoire seront mises à prix, le 3 novembre au Zimbabwe (4 tonnes) et le 6 novembre en Afrique du Sud (51 tonnes). Ces pays font valoir que leur population d'éléphants a augmenté ces dernières années grâce aux mesures de protection.

 

 

L’accord de 2007 stipule toutefois qu’après ces enchères, aucune nouvelle vente d’ivoire ne sera possible avant neuf ans en Afrique australe.

 

Première publication : 29/10/2008

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