- États-Unis - Industrie automobile
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La crise de l’industrie automobile américaine profite à Barack Obama. Depuis deux ans, le secteur automobile américain est à l’agonie: il a perdu 150 000 emplois et fermé 36 sites. Et avec la crise financière, la situation s’aggrave. Crédit resserré oblige, les Américains achètent moins de véhicules.
La situation est particulièrement grave dans le Michigan. Les trois grands constructeurs américains, Ford, Chrysler et General Motors ont vu leurs ventes baisser de 17 à 25% depuis un an. A l’approche de l’élection présidentielle, de nombreux cols bleus comptent voter pour Barack Obama, perçu comme plus proche des travailleurs.
"J’ai peur pour les nouveaux venus"
Hamtramck, une usine d’assemblage de General Motors. Ici, le géant de l’automobile va supprimer 500 emplois. 14h30, les ouvriers rentrent chez eux. Tous ne sont pas sûrs de garder leur travail. Une dame quitte le parking de l’usine: "Moi, je ne perdrai pas mon travail parce que j’ai de l’ancienneté, mais j’ai peur pour les nouveaux venus."
De l’autre côté de la rue, chez Dan, la cantine des ouvriers, les employés de General Motors se font rares : en vingt ans l’usine a licencié 4000 salariés. Un homme témoigne: "Il va encore y avoir des licenciements dans deux semaines. C’est difficile ici." Suppressions de poste, chômage... A 51 ans, John connaît le refrain. Trente ans de carrière dans le secteur automobile et trois licenciements. Désormais il cherche un travail plus stable, ailleurs. "J’ai eu plusieurs emplois et à chaque fois que j’avais une bonne place ils me disaient : 'désolé, cet emploi part à l’étranger, on vire tout le monde'. Donc je veux quelque chose de sûr. J'ai pas envie de chercher un nouveau travail tous les deux, trois ans. Je cherche un travail qui me durera le reste de ma carrière, jusqu’à ce que je prenne ma retraite."
"Obama veut partager le gâteau"
Chez UAW –le puissant syndicat automobile- on ne veut pas jeter l’éponge. Pour défendre l’avenir du secteur, ces syndicalistes de Detroit sont entrés en campagne. Ils réclament une intervention financière du gouvernement américain, et redoutent une fusion entre General Motors et Chrysler, synonyme de menace pour l’emploi.
Leur candidat est Barack Obama. Joe Ryan travaille pour General Motors depuis ses 18 ans, il n’attend pas de miracles mais un président plus proche des cols bleus du Michigan : "Obama est plus juste, il veut partager le gâteau, avec lui on pourrait avoir une bonne paye pour une bonne journée de travail."
General Motors affiche chaque mois des pertes de près d’un milliard de dollars. Son sauvetage, comme celui des autres grands constructeurs américains, devient chaque jour plus difficile.























