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Une campagne sur la Toile contre les délits d'opinion

Texte par Alaa AL-HATHLOUL

Dernière modification : 02/11/2008

Des internautes saoudiens se sont mobilisés en utilisant, en particulier, le réseau social Facebook, afin de demander la libération des prisonniers inquiétés dans le cadre de délits d'opinion.

Et si Facebook devenait un outil de lutte pour les Saoudiens dans leur combat pour la libération des prisonniers incriminés pour délit d’opinion à l’intérieur de la monarchie ?

Depuis quelques jours, des militants s’activent sur la Toile afin de faire écho à une grève de la faim, initiée les 6 et 7 novembre, en solidarité avec les prisonniers politiques. Une démarche rare dans un pays où les partis politiques n’existent pas, et où la contestation reste généralement discrète.

Les membres du Mouvement constitutionnel, rebaptisé Mouvement pour la justice, ont écrit à plusieurs responsables politiques et au roi afin de faire libérer ces prisonniers. Ou, du moins, leur accorder des procès équitables. Leur requête est restée sans suite. "Que faire ? Nous avons décidé d’exploiter les nouvelles technologies, notamment Internet, afin de promouvoir nos actions", affirme l’un des initiateurs du groupe Facebook, Mohammad Al-Qahtani, professeur à l’université Roi Saud à Riyad et membre du Mouvement pour la justice.

Le groupe "Hunger Strike in Saudi Arabia" lancé le 25 octobre sur le site de partage Facebook attire de plus en plus d’adhérents. Les 13 membres du Mouvement pour la justice, initiateurs de la grève de la faim, en constituent les premiers membres. Mais déjà 221 membres ont rejoint le groupe dans sa version arabe.

Une arrestation musclée à l’origine de la grève

Les activistes et militants des droits de l’Homme en Arabie saoudite ainsi que les intellectuels sont souvent harcelés. Les membres du Mouvement pour la justice, qui militent pour une monarchie constitutionnelle, ont subi des pressions afin de cesser leurs activités depuis la création de leur mouvement en 2004. Plusieurs d’entre-eux ont été emprisonnés pendant plusieurs mois, sans procès. "Il n’y a aucune accusation contre eux", proteste Al-Qahtani. Si leurs opinions dérangent le pouvoir en place, celui-ci se garde bien de toute déclaration publique.

Mais l’arrestation, il y a trois mois de Matruq Al-Faleh, un professeur de sciences politiques à l’université Roi Saoud a fait déborder le vase et signifié la mobilisation. "Quinze personnes des services de renseignement l’ont arrêté de façon musclée alors qu’il exerçait son travail à la faculté", explique Ayman Al-Rashed, un militant des droits de l’Homme. Sa famille, sans nouvelles de lui, a été informée par des amis.

"Appliquer la loi malgré les incohérence du système"

Matruq Al-Faleh se trouve dans une cellule individuelle, mais il n’a pas eu de procès. Il a entamé une grève de la faim malgré son diabète.

L’arrestation de Matruq Al-Faleh est "contraire à la loi", souligne Mohammad Al-Qahtani. "Il a été arrêté par les services de renseignement alors que, réglementairement, la tâche incombe à la Commission d’investigation et de poursuite", rappelle-t-il.

Même si la Commission d’investigation et de poursuite n’est pas totalement indépendante - elle dépend du ministère de l’Intérieur, tout comme les services de renseignement - Al-Qahtani en appelle à l’"application de la loi, en dépit des nombreuses incohérences du système juridique".

Mutisme des médias
 
Aucun média saoudien n’a parlé du mouvement après plusieurs jours de campagne sur Internet. Pas plus que les autres médias arabes. Mais Al-Qahtani se montre optimiste : "Depuis le début de la campagne, un prisonnier pour délit d’opinion a été autorisé à voir sa famille dans sa cellule après huit mois d’emprisonnement."

D’autres signes montrent que cette campagne a tout de même produit un effet sur l’attitude de l’Etat. "De nouveaux adhérents ont reçu des menaces afin de les persuader de ne pas s’impliquer dans notre mouvement, confie Al-Qahtani. C’est une victoire pour nous d’avoir poussé les responsables politiques à réagir, bien que ce soit contre nous".

Première publication : 31/10/2008

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