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Kabila et Kagamé prêts à participer à un sommet pour la paix

Vidéo par Lise BARCELLINI

Texte par FRANCE 24 avec dépêches

Dernière modification : 01/11/2008

Alors qu'un calme précaire règne sur les environs de Goma, la solution diplomatique a marqué des points vendredi : les présidents congolais et rwandais ont donné leur accord pour un sommet régional, qui devrait avoir lieu à Nairobi (Kenya).

Pour réagir sur la situation dans le Nord-Kivu cliquez ici.

 

Lire aussi notre article: "Les internautes à la recherche des responsables du conflit"

 

 

Et notre dossier: "Combats au Nord-Kivu"

 


 Les présidents congolais et rwandais ont accepté vendredi, sous la pression internationale, de participer à un sommet sur la crise dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) où une énième flambée de violences a déplacé des dizaines de milliers de personnes.

 

Un chassé-croisé diplomatique était en cours entre Kinshasa, Kigali et Goma, la capitale provinciale du Nord-Kivu, dans l'est de la RDC, avec les visites du commissaire européen à l'Aide humanitaire Louis Michel, de la secrétaire d'Etat adjointe américaine aux Affaires africaines Jendayi Frazer, ainsi que des chefs des diplomaties française et britannique, Bernard Kouchner et David Miliband.

 

Louis Michel a d'ores et déjà annoncé les premiers résultats de cet intense effort diplomatique, vendredi soir en quittant Kinshasa: les chefs d'Etat de la RDC et du Rwanda, Joseph Kabila et Paul Kagame, ont "marqué" leur "accord" pour participer à Nairobi, sous l'égide de l'ONU, à un sommet pour "mettre fin aux causes qui minent l'est" de l'ex-Zaïre.

 

"J'ai fait la proposition de demander à Ban Ki-moon (secrétaire général de l'ONU) une réunion au plus haut niveau", a déclaré Louis Michel devant la presse avant son départ de Kinshasa. "Le président Kabila a marqué son accord et le président Kagame aussi", a-t-il affirmé, avant d'ajouter :"J'ai perçu sincèrement la volonté de toutes les personnes de faire le choix du dialogue, et leur volonté de mettre fin aux causes qui minent l'Est" de la République démocratique du Congo.

 

L'organisation d'une telle réunion butait jusque-là sur le refus de Paul Kagame, qui affirmait que le conflit était une affaire intérieure congolaise.

 

Alain Le Roy en RDC pour le "maintien de la paix"

 

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a demandé vendredi à son adjoint chargé du maintien de la paix, Alain Le Roy, de se rendre en République démocratique du Congo (RDC), a indiqué son service de presse dans un communiqué.

 

Ces deux derniers jours, M. Ban s'est entretenu au téléphone avec de nombreux responsables, dont les présidents rwandais Paul Kagame, congolais Joseph Kabila et tanzanien Jakaya Kikwete, président de l'Union africaine.

 

Il a souligné la nécessité "de tout faire pour consolider l'actuel cessez-le-feu et éviter de nouvelles violences".

 

Exactions des forces armées de Nkunda

 

Après des jours de combats entre armée régulière congolaise et rebelles près de Goma, capitale du Nord-Kivu, le chef des rebelles, le général déchu tutsi congolais Laurent Nkunda, a décrété un cessez-le-feu qui pour l'instant tient.

 

Mais des dizaines de milliers de déplacés, chassés de chez eux par les combats, étaient jetés sur les routes et la "situation restait clairement extrêmement dangereuse", selon l'ONU.

 

"Plusieurs camps de personnes déplacées" près de Rutshuru, à 90 km au nord de Goma, "ont été vidés par la force, pillés et brûlés", a dénoncé le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), "extrêmement préoccupé" par le sort des quelque 50.000 habitants de ces sites.

 

Des exactions, selon le HCR, ont été commises "par les troupes rebelles" du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) de Laurent Nkunda.

 

Quelque 220.000 personnes ont dû abandonner leur foyer depuis la reprise des combats en août, portant à plus d'un million le total de déplacés dans le Nord-Kivu.

 

Bernard Kouchner, dont le pays assure la présidence de l'Union européenne (UE), et David Miliband étaient attendus ensemble dans la nuit de vendredi à samedi à Kinshasa et devaient ensuite se rendre à Goma et au Rwanda.

 

"C'est un massacre comme il n'y en a probablement jamais eu en Afrique", a déclaré le ministre français qui faisait apparemment allusion aux violences qui secouent l'est de la RDC depuis plus de 10 ans.

 

Calme précaire à Goma

 

Goma a connu vendredi une accalmie même si la tension persistait avec les hommes du général déchu tutsi congolais Laurent Nkunda à ses portes.

 

Les forces de Nkunda, qui mis l'armée en déroute l'armée en début de semaine, ont campé sur leurs positions vendredi à 10 km de Goma, respectant le cessez-le-feu unilatéral qu'elles ont décrété mercredi.

 

A Goma même, un timide retour à la normale a été constaté vendredi. Des magasins ont rouvert, et des dizaines de personnes, à pied ou en taxi-motos, ont regagné leur maison au nord de Goma, après avoir fui en direction de la ville en début de semaine.

 

Dans les environs de Kibumba, à 30 km de la capitale provinciale, les déplacés de retour ont découvert un spectacle de désolation et la plupart des habitations pillées.

Première publication : 01/11/2008

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