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McCain et les hot-dogs de Phoenix
Mardi 4 novembre 2008
La vie adulte d’Obama est peut être profondément liée à celle de Chicago mais la relation entre McCain et Phoenix est d’un autre genre. Les deux ne se rencontrent que très peu, quand le sénateur américain n’est pas à Washington où il passerait le plus clair de son temps.
McCain s’est installé à Phoenix dans le début des années 1980, lorsqu’il s’est marié à une héritière du cru, Cindy Hensley. Depuis le couple a développé un empire immobilier et McCain a le choix entre diverses demeures.
Quand on lui a demandé, pendant la campagne, combien de maisons lui et sa femme possédaient, McCain est resté interloqué : "Je crois… je demanderai à mon équipe de vous renseigner", a-t-il répondu au journaliste. La presse estime qu’il en possède au moins sept - en Arizona, mais aussi en Virginie et en Californie.
Alors trouver un endroit public où McCain sort est quelque peu frustrant. Mais il y a un endroit où il lui arrive de passer de temps en temps, c’est une baraque avec une simple toiture en bardeau, au coin de la 7e rue et East Claremont, qui s’appelle "The Great Dane’s Doghouse" ("la Niche du Danois", ndlr).
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Appuyé sur le comptoir encombré au milieu duquel trône une statue d’un danois, le propriétaire, Hildie Rigoli, pointe du doigt une petite table au fond de la pièce. McCain mange-là depuis aussi longtemps qu'Hildie est responsable du lieu, c’est-à-dire 22 ans. "Mais ce n’est pas mon ami", précise-t-elle.
Equipé de tables et de bancs en planches de bois robustes, cet endroit est authentiquement rétro, avec une petite touche à la western. A 15 heures, en semaine, c’est calme, mais c’est un bonne affaire, assure la propriétaire.
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| Table de John McCain
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McCain est un ‘’intermittent régulier’’. Son quartier général d’Arizona est juste à côté. La dernière fois que Hildie l’a vu, il était interviewé par une radio locale. Elle est arrivée avec un hot-dog. ‘’Il était gêné", se souvient-elle, "il voulait payer".
Celui qu’il préfère ? Le “Chili dog” à 4,20 dollars. Une saucisse grillée dans du pain cuit à la vapeur, avec des tranches de tomate, des oignons, des "pickles" et une dose généreuse de sauce chili. Mais pas trop piquante la sauce, plutôt épaisse et à base de tomate et de haricots.
Hildie, une américaine née en Argentine, dynamique et douce, dépeint le sénateur comme quelqu’un de poli et strict. "Il est aimable mais parle sèchement", à l’inverse de sa femme Cindy, "très douce" raconte-t-elle. "Le genre d’alchimie qui fait un bon couple", ajoute la restauratrice en souriant.
Elle n’a pas eu besoin de beaucoup de hot-dog pour être convaincue de soutenir McCain. Ce qu’elle sait de lui, de sa personnalité et de sa fortune, lui suffit. "Il ne cherche pas à se faire mousser. Et il ne piquera sûrement pas dans la caisse vu tout l’argent qu’il possède."
"J’ai entendu une rumeur très dérangeante à son propos, raconte-t-elle. On dit que si McCain était élu il s’en prendrait à ceux qui l’ont capturé [les Vietnamiens qui l'ont gardé cinq ans en captivité]. C’est totalement faux."
Elle assure que McCain n’est pas du tout du genre revanchard. Bien au contraire. "Il s’exprime comme on parle à un enfant. Du genre 'grandi un peu, oublie ça, c’est de l’histoire ancienne'. C’est ce que j’aime chez lui."
Pour preuve, au menu de l'établissement, ces "Hot-dogs à la manière de Chicago". Qu’Obama vienne de Chicago ne l’empêche pas de déguster de temps à autre l’un de ces hot-dogs créés dans l’antre de son adversaire du moment.
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| Hildie Rigoli, propriétaire du 'The Great Dane’s Doghouse'
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À Pheonix, une élection sans fièvre
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Vue de France, la course à la Maison Blanche semble occuper le quotidien des Américains. Vue de Phoenix, c’est tout autre chose. Dans la capitale de l’État de l’Arizona, l'excitation s'est comme dissoute dans l'immensité du pays.
Rien dans le quartier de l'hôtel ne permet d'imaginer que dans trois jours aura lieu la fin d'une campagne, dite historique, entre le premier Noir à briguer la présidence des Etats-Unis sous les couleurs d'un parti majeur, Barack Obama, et celui dont la lourde tâche est de faire accepter au monde entier qu'on peut demeurer républicain sans pour autant être un suppôt de George W. Bush, John McCain.
Les affiches géantes arborant d’ordinaire le visage des prétendants à la Maison Blanche sont étrangement absentes des murs de la ville. Les slogans de campagne aussi. A mesure qu'on pénètre dans les quartiers résidentiels, seules quelques affichettes plantées sur les pelouses en soutien à un quelconque candidat au conseil d'administration de la commission scolaire du coin rappellent que, le 4 novembre, les électeurs ne voteront pas uniquement pour un président, mais aussi pour toute une panoplie d'élus locaux.
"En Arizona, McCain est chez lui, les gens le connaissent déjà", m'explique Akémy Flores, l'un des permanents de Mi Familia Vota, une association qui promeut l'importance du vote auprès de la communauté latino. "Les gens qui ont déjà voté lors des élections précédentes savent déjà pour qui ils vont voter."
Sans doute, les gens d'ici ont-ils d'autres préoccupations. Et des besoins plus pressants. En suivant les membres de Mi Familia Vota, lors de leur ronde de quartiers à la recherche d’électeurs latino, ce ne sont pas des boîtes aux lettres débordant de tracts politiques mais de gros cadenas accrochés aux poignées que j'ai vus le plus souvent. Un cadenas, m'a-t-on expliqué, signifie que l'appartement a été saisi. Après avoir connu des années de croissance record, Phoenix a été durement frappé par la crise des "subprimes". "Subprimes" ? Un gros mot en France. Ici, une succession de petites tragédies.

















Commentaires
Eléction américaine
Bonsoir,
Je suis un chrétien et je Prie mon Dieu afin que Obama Barak soit élu comme président des états unies.
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