03 novembre 2008 - 16H45
- Allemagne

Enfant ou carrière, les Allemands ne veulent plus choisir
Selon une enquête récente, l'écrasante majorité des Allemands souhaite être père et mener de front carrière et enfant. Une nouvelle loi permet aux hommes de prendre un congé parental de deux mois tout en percevant 80% de leur salaire.
Par Anne MAILLIET (texte)

Pour se faire une idée des "nouveaux pères allemands", il suffit de faire un saut dans le quartier de Prenzlauer Berg à Berlin, où le taux de natalité est le plus élevé d'Allemagne. C'est ici qu'a ouvert le premier lieu récréatif réservé aux pères et à leurs enfants. Créé par des pères de familles, le "Papaladen" ne désemplit pas. Entre les jeux, les matchs de football et le brunch du jeudi, les pères échangent expériences et conseils. Et ils en ont grand besoin. Une enquête publiée la semaine dernière par la fondation Bertelsmann a en effet mis en lumière les difficultés du père allemand moderne, partagé entre sa vie professionnelle et sa vie familiale.






 

Le dilemne carrière ou enfant, n'est plus réservé aux femmes. 95,5% des 1803 hommes de 15 à 42 ans interrogés, estiment que c'est au père de garantir la sécurité financière du foyer en travaillant, mais ils sont tout aussi nombreux à vouloir s'investir activement dans leur paternité et passer du temps avec leur rejeton. Une équation quasiment insolvable.

 

Résultat : un tiers des Allemands âgés de 35 à 45 ans préfèrent ne pas avoir d'enfants et privilégier leur carrière. Michael, graphiste, a attendu d'avoir 44 ans et un carnet d'adresses professionnel bien rempli pour dire oui à la paternité : "Je me suis laissé du temps avant de devenir père, parce que mon métier me prenait beaucoup de temps et que je ne voulais pas reproduire le schéma classique du père qui rentre le soir fatigué à la maison et voit à peine ses enfants." Depuis la naissance de son fils il y a huit mois, il travaille à mi-temps à la maison.

 

Nouvelle loi de congé parental

 

Les pères sont de plus en plus nombreux à mettre leur emploi entre parenthèses pour pouponner. La nouvelle loi de congé parental, qui permet aux hommes de rester deux mois à la maison pour s'occuper de leur enfant, tout en percevant 80% de leur salaire, y est pour beaucoup. 17 % des nouveaux pères profitent aujourd'hui de cette mesure créé en 2007. Pour Victor, serveur, 33 ans, faire une pause professionnelle pour s'occuper de son enfant était une évidence: "Mon employeur m'a mis des bâtons dans les roues, mais je l'ai fait quand même. C'est une chance à côté de laquelle je ne voulais pas passer."

 

Neuf hommes sur dix souhaitent que leur entreprise mette en place des mesures qui leur permettent de vivre une paternité active. Mais selon Marc Schulte, animateur au "Papaladen", la majorité d'entre eux ne savent pas comment en parler à leur direction : "Les hommes craignent de perdre des projets importants, ils manquent de confiance en eux, mais ça évolue. La nouvelle législation est en train de faire changer les mentalités." Au "Papaladen", les futurs pères peuvent participer à des séances de coaching intitulé: "Comment le dire à mon chef".

 

Entre tradition et modernité, les pères allemands sont en train de redéfinir leur rôle. Et la politique compte bien les aider : le congé de paternité devrait passer de deux à quatre mois.

 

Commentaires

normalité

Drole de temps,chasse le naturel il revient au galop,c une decision a saluer car la joie d etre pére et surtout papa n a pas d egal.

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