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ArcelorMittal réduit drastiquement sa production

Texte par AFP

Dernière modification : 05/11/2008

ArcelorMittal, le numéro un mondial de l'acier, annonce qu'il va réduire sa production deux fois plus que ce qui était prévu au départ, face au ralentissement de la demande mondiale. ArcelorMittal affiche également une baisse de ses résultats.

Face au ralentissement de la demande d'acier, le numéro un mondial du secteur ArcelorMittal va réduire sa production deux fois plus que prévu et n'échappera pas à une baisse de ses résultats au dernier trimestre, pour la première fois depuis sa naissance en juin 2006.

Le groupe géant né de la fusion d'Arcelor et Mittal Steel a annoncé mercredi qu'il allait réduire sa production mondiale de 35% au quatrième trimestre, contre 15% visé initialement, pour "s'adapter" à la baisse de la demande.

S'il a multiplié son bénéfice par 1,5 sur les neuf premiers mois de 2008 à 12 milliards de dollars, le groupe a cependant déçu les analystes. Une déception qui s'est traduite en Bourse avec une chute de l'action, qui perdait 16,02% à 20,588 euros vers 16H30 dans un marché parisien en baisse de 1,56%.

Pour expliquer l'amplification des baisses de production, le directeur financier Aditya Mittal a reconnu que "les choses se sont détériorées au cours des trois dernières semaines", lors d'une conférence téléphonique.

En Europe, ces réductions "temporaires" atteindront 50% sur les sites français et belges de production d'inox, a indiqué un porte-parole, sans préciser le nombre de sites concernés.

Ceux-ci viennent s'ajouter à la liste d'"une douzaine" de sites européens spécialisés dans les aciers plats, à destination de l'industrie automobile notamment, dont la production va être réduite de 30%. Parmi eux figurent trois sites français: Dunkerque (Nord), Florange (Moselle) et Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), avait précisé ArcelorMittal fin octobre.

Le groupe n'a pas indiqué si les réductions de production supplémentaires aboutiraient à des suppressions d'emplois.

Il a seulement rappelé qu'il avait déjà pris des mesures de chômage technique sur ces sites et incité ses salariés à solder leurs jours de congés.

ArcelorMittal ne prévoit "aucune fermeture définitive d'installations en Europe", a simplement confirmé Michel Wurth, membre de la direction générale.

Avec le ralentissement économique qui pèse sur la consommation d'acier, les clients d'ArcelorMittal préfèrent réduire leurs stocks plutôt que d'acheter de nouveaux produits.

Du coup, ses livraisons ont chuté de 14% au troisième trimestre par rapport au deuxième, à 25,6 millions de tonnes d'acier. Et la croissance de la demande mondiale devrait tomber à 2% en 2009 contre quelque 5% en 2008, selon certains analystes.

Aditya Mittal a cependant jugé que le "déstockage" devrait s'arrêter "début 2009", ce qui permettrait alors de réaugmenter la production.

Autre conséquence de la crise, ArcelorMittal va accroître d'un milliard de dollars son objectif d'économies sur cinq ans, à 5 milliards.

Mais là encore, s'il a déjà reconnu que ces économies passeront par des réductions d'effectifs, il n'en a toujours pas précisé l'ampleur. Le groupe, qui avait provoqué un tollé début 2008 en annonçant la fermeture partielle du site de Gandrange (Moselle), a seulement assuré qu'elles ne concerneront pas la France.

La tourmente financière l'oblige aussi à "faire une pause" dans ses projets d'investissements. Sans pour autant "changer ses plans à long terme", selon ses dirigeants.

Enfin, elle va peser sur ses résultats -records en début d'année- qui devraient être compris au quatrième trimestre entre 2,5 et 3 milliards de dollars, contre 4,85 mds un an plus tôt.

Première publication : 05/11/2008

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