Dernière modification : 05/11/2008 

- Barack Obama - John McCain - Présidentielle américaine


Les projections des médias américains fiables à 100 % ?
Les projections des médias américains fiables à 100 % ?
Barack Obama sera le 44e président des États-Unis. C'est ce qu'affirment en tout cas les sondages de sortie des urnes. Bien que réalisées par des experts, selon une méthodologie précise, ces enquêtes ne sont pas sûres à 100 %.
Par Marie Sophie JOUBERT (texte)

Lire aussi les carnets de route de nos envoyées spéciales à Chicago, Leela Jacinto et à Phoenix, Marie Valla.
 

Selon les sondages de sortie des urnes, Obama a atteint la barre des 200 grands électeurs vers 02h30 GMT, mardi, sur les 270 qui lui sont nécessaires pour devenir le premier président noir des Etats-Unis.
 
Pendant toute la soirée, les médias américains se sont battus pour être les premiers à annoncer le nom des Etats tombés dans l'escarcelle du candidat démocrate ou dans celle de son rival républicain, John McCain.
 
La chaîne CNN est allée, cette année, jusqu’à donner des estimations par sous-catégories : "moins de 25 ans", "croyant et non croyant", "niveau d’études", etc.
 
Mais comment les médias arrivent-ils à annoncer des résultats si précis, souvent même dès la fermeture des bureaux ? Et quelle est leur marge d’erreur ?
 
Les agences de presse, sources classiques d’informations des médias, ont mis en place, à travers tout le pays, un important dispositif permettant de rendre compte des 6 998 scrutins organisés. Un moyen d’avoir des remontées directes des bureaux de vote où les bulletins sont dépouillés. Ils utilisent également les chiffres fournis par les autorités locales.
 
Les médias, qui disposent d'importants moyens financiers, peuvent également s’abonner, pour la modique somme de 26 000 dollars, au service de sondages de sortie des urnes proposé par le National Election Pool (NEP), un consortium mis en place par les médias ABC News, Associated Press, CBS News, CNN, Fox News et NBC News.
 
Des sondages pointus mais faillibles
 
Le consortium fait appel aux services des analystes d’Edison Media Research et Mitofsky International qui interrogent les électeurs à la sortie des bureaux de vote de tout le pays. Des sondages se veulent très poussés afin de réduire au maximum une marge d’erreur, et éviter ainsi d'influencer le choix des électeurs des Etat où les bureaux de vote sont encore ouverts.
 
On se souvient ainsi, qu’en 2000, les sondages de sortie des urnes avaient donné Al Gore vainqueur en Floride, un des trois Etats-clés. Une fausse bonne nouvelle pour les partisans démocrate : quelques heures plus tard, les résultats officiels donnaient le nom du vrai vainqueur : le républicain George W. Bush.
 
Une méprise similaire, en 2004, a poussé Edison Media Research et Mitofsky International à revoir, pour cette élection, les critères de sélection de leurs sondeurs ainsi que leurs méthodes.
 
Ces milliers de sondeurs, plus systématiquement étudiants pour éviter de faire hésiter voire mentir des électeurs âgés, demandent aux votants sur qui leur choix s'est porté, mais aussi d'autres informations
 
Malgré des techniques d'échantillonnage pointues, qui prennent, entre autres, en compte le fait qu’un électeur démocrate parle plus facilement de son vote qu’un républicain, les conclusions ne sont pas fiables à 100 %.
 
 
 

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