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La victoire d'Obama suscite un intérêt mitigé à Caracas

Vidéo par François-Xavier FRELAND

Texte par François-Xavier FRELAND

Dernière modification : 06/11/2008

L'annonce de la victoire de Barack Obama a été diversement accueillie, au Venezuela. Si les chavistes attendent de voir sur pièce pour juger, les opposants à Hugo Chavez espèrent que les relations avec les États-Unis vont s'améliorer.

Il est une heure du matin à Caracas, lorsque Barack Obama  est officiellement élu 44e président des États-Unis. Chez Daniel et Marely, qui pour l'occasion ont reçu chez eux quelques amis, c'est le soulagement. 
 
Pas d'alcool, pas de champagne, on trinque la victoire au Coca-Cola. Réunis depuis 19 heures dans leur confortable appartement du quartier d'Altamira à Caracas, ils ont tous en commun d'être anti-chavez.
 
C'est sur CNN en anglais qu'ils se tiennent au courant des résultats. La plupart d'entre-eux connaît bien les États-Unis pour y avoir séjourné plusieurs fois. C'est un pays frère dont ils se sentent éloignés depuis l'accession au pouvoir de Hugo Chavez en 1998, et la détérioration des relations diplomatiques entre les deux pays.
 
Cette victoire historique est peut-être synonyme de dégel. En septembre dernier, l'ambassadeur américain a même été expulsé par Hugo Chavez. "Pour nous, la victoire d'Obama représente un espoir. L'espoir d'une amélioration, d'un réchauffement des relations diplomatiques et commerciales. Hugo Chavez l'a lui même annoncé, si Obama passait, les choses iraient mieux entre les deux pays. Mais d'un autre côté, on craint justement que ce président d'un parti démocrate, disons le, plutôt de gauche, ne conforte Chavez dans sa position de leader socialiste dans la région."
 
Soirée électorale sur la télévision vénézuélienne


Toute la soirée, sur les chaînes de télévision vénézueliennes, les figures de McCain ou d'Obama ont ravi la vedette au président Hugo Chavez. Sur Globovision, première chaîne d'opposition à son régime, la journée de suspense a été longue.
 
Dans la rédaction, la satisfaction générale était palpable à l'heure d'égrener les résultats. "Pendant les huit années de la présidence Bush, on a complètement oublié l'Amérique latine, explique julio Cesar Pineda, animateur  de l'émission politique internationale phare de Globovision "La Brujula internacional".
 
"Après le 11 septembre 2001, tous les efforts se sont concentrés sur le Moyen-Orient, ajoute-t-il. Il n'y avait presque pas de rapports personnels entre Bush et les présidents latino-américains, sauf dans les conférences, parfois dans les sommets latino-américains, mais c'était très rare. Côté commercial, on ne peut pas dire qu'il y ait eu beaucoup d'investissements américains dans une zone traditionnellement tissée d'échanges, voisine, et aux liens affectifs très étroits".
 
La coopérative socialiste de Cracas observe, de loin

Loin des préoccupations américaines, la soirée s'est déroulée normalement à la coopérative socialiste du centre de Caracas. Le débat du jour était davantage centré sur un projet de terrain de sport et sur les prochaines élections régionales du 23 novembre prochain...
 
Car pour ces voisins de quartiers, tous chavistes, les présidents américains changent mais l'empire demeure ! "Bien-sûr, qu'on n'est pas mécontent, Obama, c'est toujours mieux que McCain. C'est un métisse comme nous, il a l'air sympathique et si Dieu le veut, il va prendre la main tendue par notre président Chavez pour venir visiter le Venezuela et se rendre compte par lui-même des bienfaits de notre révolution, en terme d'éducation, de logement, d'amélioration du niveau de vie dans les quartiers pauvres."
 
"Ca sera formidable, précise-t-il encore. Mais je crains que Barack Obama ne puisse pas faire grand chose, à cause du système qui l'entoure. Et Si Obama suit la même ligne politique que le président Bush, sa clique d'hommes d'affaires et tous les gens qui l'ont soutenu, je pense que ça va être très compliqué à l'avenir pour tout le monde."
 
Au Venezuela, on espère malgré tout que la victoire d'Obama va relancer le dialogue entre les États-Unis et l'Amérique latine, un continent si proche. 

Première publication : 05/11/2008

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