Les présidents de la République démocratique du Congo (RDC) et du Rwanda, deux pays frontaliers aux relations tendues, participeront vendredi à Nairobi un sommet international sur la crise dans l'est de la RDC, sous l'égide du secrétaire général de l'ONU.
Ce sommet, réclamé depuis plusieurs jours par la communauté internationale face à l'urgence de la situation dans la province du Nord-Kivu, sera "consacré aux combats" dans l'est de la RDC et aux solutions pour tenter de "résoudre cette crise", a annoncé mercredi le ministre kényan des Affaires étrangères, Moses Wetangula.
Le conseiller politique et diplomatique du président Joseph Kabila a confirmé la venue du chef de l'Etat congolais au sommet. Le président rwandais Paul Kagame, considéré comme un acteur clef de la région, a également confirmé sa présence, tout en dénonçant la "faiblesse" des Occidentaux sur ce dossier.
L'ONU sera représentée par son secrétaire général Ban Ki-moon, qui a indiqué à New York vouloir s'asseoir "avec le président Kabila et le président Kagame et les encourager à trouver un chemin vers la paix".
Les présidents de l'Union africaine (UA), du Kenya, d'Ouganda, de Tanzanie, du Burundi et d'Afrique du Sud, participeront également au sommet, selon M. Wetangula.
Des combats impliquant la rébellion du général déchu tutsi congolais Laurent Nkunda et l'armée congolaise ont repris fin août dans la province du Nord-Kivu, frontalière du Rwanda. Goma est menacée par les rebelles, arrivés le 29 octobre, aux portes de cette ville.
Sur le terrain, le patron des missions de paix de l'ONU, Alain Le Roy, a rappelé que des renforts de la Mission des Nations unies en RDC (Monuc) étaient arrivés à Goma - en plus du millier de Casques bleus déjà présents - mais sans en préciser le nombre.
Il a surtout assuré qu'"en cas de volonté des groupes armés de s'introduire dans Goma, instruction (était) donnée (aux Casques bleus) de tirer".
"Si des groupes armés, quels qu'ils soient, cherchent à rentrer dans Goma, les règles d'engagement de nos troupes et le chapitre 7 des Nations unies sont suffisamment clairs", a-t-il expliqué.
Le Rwanda et la RDC entretiennent des relations tendues depuis le génocide de 1994 au Rwanda, qui a fait selon l'ONU environ 800.000 morts.
Kinshasa accuse Kigali de soutenir les rebelles de Laurent Nkunda, ce que le Rwanda dément. De son côté, Kigali exige depuis des années le désarmement des rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) au Congo.
Le Rwanda est intervenu officiellement à deux reprises en RDC, où il a soutenu des rébellions et participé, selon l'ONU, au pillage des ressources de cet immense pays dont le sous-sol regorge de minerais.
M. Nkunda, qui dément tout soutien du Rwanda, où le pouvoir est dominé par les Tutsis, se présente comme un défenseur de la communauté tutsie congolaise. Kinshasa et Kigali ont été le théâtre le week-end dernier d'une offensive diplomatique occidentale menée notamment par le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, dont le pays exerce la présidence de l'Union européenne (UE), et son homologue britannique David Miliband.
Sur le terrain, des combats ont opposé mercredi, pour la deuxième journée consécutive, les rebelles de Nkunda à des milices Maï-Maï, groupes locaux d'autodéfense issus de différentes ethnies locales et alliés de l'armée congolaise, dans la zone de Rutshuru, à 75 km au nord de Goma.
Selon un journaliste de l'AFP, des combattants de Laurent Nkunda étaient déployés et tenaient mercredi les points clefs de Rutshuru.
Dans un communiqué, la Monuc a lancé "un appel urgent à la cessation immédiate des hostilités à Rutshuru et dans ses environs", affirmant tenter "d'obtenir le retrait de toutes les parties de cette zone".
Près de Rutshuru, des milliers d'habitants fuyaient la localité de Kiwanja, où des combats ont été signalés, a constaté un journaliste de l'AFP.
De son côté, le nouveau Premier ministre congolais, Adolphe Muzito, effectue depuis mardi une visite à Goma. L'émissaire de l'UA en RDC, l'ex-ministre sénégalais des Affaires étrangères Ibrahima Fall, était pour sa part attendu mercredi à Kinshasa.
La situation humanitaire dans le Nord-Kivu est effroyable avec plus d'un million de personnes déplacées, dont environ 100.000 par les combats de la semaine dernière. L'aide humanitaire, qui avait été alors paralysée, reprend progressivement depuis lundi.



















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