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Le sommet international sur le conflit dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) a appelé vendredi à Nairobi à un "cessez-le-feu immédiat par tous les groupes armés et les milices dans le Nord-Kivu".
Le sommet a également décidé de "la mise en place d'un corridor humanitaire dans la zone pour permettre d'apporter une réponse à la crise et à la tragédie humanitaire".
Il exige enfin "la mise en œuvre immédiate" de tous les accords déjà signés "pour assurer une paix et une stabilité politique durables" dans l'est de la RDC. Au cours des quatre dernières années, plusieurs accords de trêve et de désarmement des milices ont été conclus sans effets concrets sur le terrain.
Les présidents de RDC, Joseph Kabila, et du Rwanda, Paul Kagame, ainsi que plusieurs autres chefs d'Etat africains étaient présents à ce sommet qui se déroulait dans la capitale kenyane. Cependant, le leader et chef militaire du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), Laurent Nkunda, qui conduit la rébellion dans le Nord-Kivu, n’y a pas assisté.
Il s’agit, selon le porte-parole de Laurent Nkunda, d’"un autre sommet pour rien".
Le spectre d’une "nouvelle tragédie humanitaire"
Plus tôt dans la journée à Nairobi, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, avait exhorté les chefs d'Etats des Grands Lacs à se mobiliser pour endiguer la crise en République démocratique du Congo, qui risque d'enflammer toute la région.
Selon M. Ban, le conflit en RDC menace l'Afrique des Grands Lacs d'une nouvelle tragédie humaine, et il "ne [peut] y avoir de solution militaire" malgré les combats en cours.
"C'est uniquement au niveau politique, ici, dans votre région, que des solutions durables peuvent être trouvées", a-t-il lancé aux dirigeants africains présents au sommet, parmi lesquels M. Kabila et le chef de l'Etat rwandais, Paul Kagame.
Les combats reprennent autour de Goma
Ces déclarations faites à Nairobi interviennent alors que de nouveaux combats ont éclaté entre l'armée congolaise et les rebelles du CNDP. Ils se déroulaient vendredi dans deux zones proches de Goma, capitale du Nord-Kivu :
- la localité de Nyanzale, à 80 km au nord-ouest de Goma. Les rebelles s’en sont emparés jeudi mais l'armée loyaliste congolaise dit en avoir repris le contrôle vendredi dans la journée. Située sur l'axe principale de pénétration vers la ville de Kanyabayonga (à 120 km au nord de Goma), importante agglomération du Nord-Kivu, Nyanzale est une localité stratégique sur le front.
- Kibati, ville située à 15 km au nord de Goma, où l’armée congolaise a "utilisé des armes lourdes, des mortiers et des mitrailleuses" pour repousser les rebelles, selon le porte-parole militaire de la Monuc, le lieutenant-colonel Jean-Paul Dietrich.
Ces combats ont provoqué la fuite de milliers de civils, terrorisés, d'un camp de déplacés, où vivent des dizaines de milliers de personnes chassées de leurs maisons par le conflit.
Les civils payent le prix des combats
Depuis fin août, les combats entre rebelles de Laurent Nkunda et armée congolaise ont fait au moins 100 morts parmi les civils, ont affirmé vendredi plusieurs ONG internationales.
"Au moins 100 civils ont été tués et plus de 200 blessés depuis que les affrontements ont repris fin août 2008 entre les forces du commandant rebelle Laurent Nkunda et les soldats de l'armée congolaise", estiment ces ONG, dont Human Rights Watch (HRW) et Oxfam, dans un communiqué commun reçu à Kinshasa.
Il s'agit du premier bilan communiqué de source indépendante pour ces combats, les deux parties en conflit ayant refusé jusqu'à présent de faire état de leurs pertes.
"La plupart des civils qui ont été tués ont été piégés dans des zones de combat, incapables de fuir, tandis que d'autres ont été délibérément tués par des combattants", ajoutent les organisations non gouvernementales.
Jeudi, le correspondant de France 24 en RDC, Arnaud Zajtman, avait constaté de tels massacres de civils à Kiwanja. Les habitants de ce village dénonçaient les exactions commises par les forces de Nkunda, ayant selon eux provoqué la mort d'au moins 50 personnes.
Cliquez ici pour voir ce reportage exclusif d'Arnaud Zajtman.

















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