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Dernière modification : 08/11/2008 

- ONU


L'ONU craint un embrasement de la région des Grands Lacs
Alors qu'un calme précaire règne sur la ligne de front près de Goma, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a fait part, à Nairobi, de sa crainte que le conflit du Nord-Kivu fasse "sombrer toute la sous-région" des Grands Lacs.
Par FRANCE 24 avec dépêches (texte)
Arnaud ZAJTMAN / Marlène RABAUD (vidéo)

 

A lire aussi : notre dossier "Combats au Nord-Kivu"

 

La situation était calme samedi matin sur la ligne de front au nord de la ville de Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), au lendemain des combats y ayant opposé l'armée congolaise aux rebelles de Laurent Nkunda, a constaté un journaliste de l'AFP.
  
Les combattants des deux camps se faisaient face peu après la sortie nord de la localité de Kibati, à environ douze kilomètres de Goma.
  
Une zone tampon d'environ 500 mètres sépare les belligérants, a constaté le journaliste de l'AFP, qui a pu traverser la ligne de front sans difficulté et avec l'accord des deux parties.
  
Des combats avaient opposé vendredi les soldats des Forces armées de RDC (FARDC) et les combattants du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), faisant craindre un possible débordement des violences vers Goma, ville d'un demi-million d'habitants et capitale de la province du Nord-Kivu.
  
Vendredi matin, les FARDC avaient apparemment progressé d'environ un kilomètre vers le nord, occupant sur la route principale une position servant jusque là de dernier poste avancée aux rebelles.
  
Environ 150 militaires gouvernementaux étaient présents sur place samedi, avec une mitrailleuse lourde en position. Sur la route reliant Goma à Kibati, entre 200 et 300 autres soldats des FARDC ont été vus montant à pied en direction du front.
  

Ban Ki-moon appelle les chefs d'Etats des Grands Lacs à se mobiliser

 

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a exhorté vendredi les chefs d'Etats des Grands Lacs à se mobiliser pour endiguer la crise en République démocratique du Congo (RDC) qui porte le risque d'enflammer toute la région.

S'adressant aux sept dirigeants africains réunis en sommet extraordinaire à Nairobi, le diplomate sud-coréen les a invités à user de leur influence pour contraindre le général rebelle Laurent Nkunda à mettre un terme à ses offensives dans l'est du pays et à lui couper tout soutien.

"Cette crise pourrait faire sombrer toute la sous-région", a déclaré Ban. "Ce n'est qu'au niveau politique, ici dans la région, que des solutions durables pourront être trouvées. Il ne peut y avoir de solution militaire à cette crise."

La précarité de la situation a été mise en relief vendredi par l'annonce de nouveaux combats entre les rebelles tutsis et les troupes congolaises qui ont forcé des milliers de civils à fuir un camp de réfugiés à Kibati, au nord de Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu frontalière du Rwanda.

Laurent Nkunda réclame un dialogue direct avec le président congolais, Joseph Kabila, que ce dernier refuse. "Il ne s'agit que d'un sommet régional. Cela n'aura aucune influence sur nos exigences", a déclaré le chef rebelle par téléphone à Reuters de son QG de l'est de la RDC. L'une des questions clés que les dirigeants doivent résoudre est celle de la présence dans cette région de rebelles hutus rwandais du FDLR ayant pris part au génocide de 1994, que Laurent Nkunda combat au nom de la protection des Tutsis.

 

Contexte économique et politique

 

Au cours des quatre dernières années, plusieurs accords de trêve et de désarmement des milices ont été conclus sans se traduire concrètement sur le terrain.

"Il est temps que les accords sur le désarmement, la démobilisation et le rapatriement ou la relocalisation du FDLR soient appliqués à la lettre", a déclaré le président tanzanien Jakaya Kikwete, président en exercice de l'Union africaine.

Le Rwanda dément soutenir les rebelles de Nkunda et accuse en retour le gouvernement de Kinshasa d'appuyer les rebelles hutus. Ban Ki-moon, qui s'est entretenu séparément avec Joseph Kabila et son homologue rwandais Paul Kagamé, s'est dit encouragé par la franchise des échanges de points de vue.

Les deux présidents se sont ensuite brièvement rencontrés. Le secrétaire général de l'Onu les a exhortés à poursuivre ce dialogue.

Ban Ki-moon souhaite un "arrêt immédiat des hostilités et à un repli des forces vers les positions qu'elles occupaient avant la reprise des combats le 28 août".

Il a également demandé au Conseil de sécurité de voter l'envoi de 3.000 casques bleus supplémentaires au sein de la Monuc, la mission des Nations unies au Congo qui dispose de 17.000 hommes pour maintenir la paix dans un territoire vaste comme l'Europe occidentale.

Louis Michel, le commissaire européen au Développement et à l'Aide humanitaire, qui se trouve à Nairobi, a estimé qu'il fallait trouver les moyens de faire cesser l'exploitation par les groupes armés des vastes ressources minérales de la région.

L'est de la RDC est notamment riche en coltan, un minerai recherché qui sert dans la fabrication des téléphones portables.

"Il faut replacer le problème dans un contexte économique et politique", a déclaré Louis Michel.
En attendant, les organisations humanitaires tirent la sonnette d'alarme, évaluant à 250.000 le nombre de réfugiés au Nord-Kivu depuis les plus récents combats, qui s'ajoutent aux 8000 personnes déplacées lors des précédents affrontements.

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