09 novembre 2008 - 20H27
- Nord-Kivu

Les combats ont repris dans l'est du pays
Les combats se sont poursuivis dimanche dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), où la guerre risque de prendre une dimension régionale. FRANCE 24 a interviewé la porte-parole de la Monuc, Sylvie Van Den Wildenberg.
Par REUTERS (texte)
Arnaud ZAJTMAN (vidéo)

 

Lisez notre dossier: "Combats au Nord-Kivu"

 

Les combats entre les rebelles tutsis de Laurent Nkunda et les forces loyalistes se sont poursuivis dimanche au Nord-Kivu en dépit de l'appel au cessez-le-feu lancé par les Nations unies.
 

Les casques bleus de la Mission de l'Onu au Congo (Monuc) ont signalé des affrontements dimanche matin dans trois zones de la province orientale de la République démocratique du Congo.
 

Les hommes de Nkunda se sont heurtés en deux endroits aux troupes gouvernementales et aux milices loyalistes Maï-Maï au nord de la ville de Rutshuru, a rapporté le porte-parole de la Monuc, le lieutenant-colonel Jean-Paul Dietrich.
 

L'officier a également signalé des combats entre les rebelles tutsis et des rebelles rwandais hutus à Ngungu à 60 kilomètres à l'ouest de Goma, capitale de la province.
 

Le conflit prend peu à peu une ampleur régionale puisque le Rwanda, qui avait déjà envahi deux fois l'ex-Zaïre pour, officiellement, chasser les rebelles hutus, est accusé de soutenir Nkunda.
 

De son côté, Kinshasa a fait appel à l'aide de l'Angola qui l'avait soutenu durant la guerre.
 

L'armée congolaise, mal organisée et disposant de peu de moyens, avait été sérieusement mise à mal lors de l'avancée des rebelles de Nkunda sur Goma.
 

Les Tutsis avaient renoncé à prendre la ville et avaient décrété la semaine dernière un cessez-le-feu unilatéral qui n'a
pas été respecté.
 

La présence au Nord-Kivu de soldats apparemment mieux entraînés et parlant le portugais a relancé les spéculations sur
un soutien des troupes angolaises aux forces gouvernementales.
 

 

"CATASTROPHE" HUMANITAIRE
 

Le commandant de l'armée régulière congolaise pour le Nord-Kivu, le général Vainqueur Mayala, a toutefois opposé un démenti. "Il est vrai que certains parlent portugais parce qu'ils ont été formés par l'armée angolaise et ont passé beaucoup de temps avec les Angolais. Moi-même, je parle français et pourtant je ne suis pas français", a fait valoir le général.
 

La persistance des affrontements rend le travail des organisations humanitaires particulièrement dangereux et les Nations unies, qui ont demandé un arrêt des combats pour permettre l'établissement d'un couloir vers les réfugiés, ont qualifié la situation de "catastrophe" humanitaire.
 

A Goma, des milliers de personnes se sont rassemblées dimanche autour de l'église du centre Don Bosco afin de prier pour l'instauration d'un cessez-le-feu.
 

"Le prêtre nous a dit de prier pour ceux qui ne veulent pas que la paix s'instaure dans notre pays", a déclaré un volontaire d'une association caritative.
 

L'église sert de refuge pour un milier de femmes et d'enfants tandis qu'environ 2.000 autres personnes tentent de dormir où elles peuvent.
 

"Nous sommes sept et nous n'avons que cinq litres d'eau à nous partager", explique un adolescent de 15 ans qui vit sous une bâche en plastique.
 

Dimanche, deux avions transportant des pastilles de purification de l'eau, des draps et d'autres matériels de secours pour 11.000 familles se sont posés à Goma.
 

Le matériel, acheté par le Royaume-Uni et destiné à l'Unicef au Nord-Kivu, doit permettre aux réfugiés de disposer d'abri et d'eau potable.
 

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