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Hamon craint que Royal ne propose qu'un compromis mou

©

Vidéo par Benjamin DODMAN , Emmanuel VERSACE

Texte par Thibault LIEURADE

Dernière modification : 14/11/2008

Benoît Hamon, premier signataire de la motion défendue par la gauche du PS, estime que Ségolène Royal, devenue premier secrétaire, chercherait à créer le consensus au mépris des différentes sensibilités irriguant le parti.

Regardez nos reportages :

 
Regardez l'émission Politiques avec Benoît Hamon en cliquant ici

 

"J’ai peur que Ségolène nous propose qu’on fasse un texte qui permette à tout le monde de se sentir bien, mais qu’au bout du compte, on ne tranche pas les différences qui existe entre nous", craint le député européen Benoît Hamon.
 

Le candidat Hamon en campagne

 

La crise financière a permis à la gauche du parti, même si elle réalise un score en forte baisse par rapport au congrès de 2005, de réaliser une percée inattendue. Sa motion s'est classée quatrième, mais a recueilli près de 20 % des suffrages. Fort de ce succès, Hamon reste dans la course pour le poste de premier secrétaire.

 

Il relativise le succès de Ségolène Royal "puisqu’elle a divisé par deux son résultat par rapport à l’investiture" en 2006. Il l’accuse également d’avoir récemment donné un coup de barre opportuniste à gauche, notamment sur les questions relatives à la crise financière.

 

"Elle a été jusque-là favorable à un système de retraite qui intègre un peu de capitalisation en plus de la répartition. Puis elle a compris que ces modèles étaient mis en échec", confie-t-il à France 24.

 

Hamon continue d’avancer, le vent en poupe, avec l’ambition d’aller chercher ceux qui ne voudraient pas de Ségolène Royal à la tête du parti. Dans une déclaration à l’AFP, son lieutenant Razzy Hammadi a appelé Bertrand Delanoë et Martine Aubry à "un rassemblement" autour de Benoît Hamon pour le congrès PS de Reims, en s’appuyant entre autre sur  “le refus d’un accord de gouvernement avec le MoDem".
 
La gauche du parti n’a pas pardonné à la candidate Ségolène Royal son rapprochement avec le centriste François Bayrou entre les deux tours de la présidentielle. L’appel de Royal à ne pas en faire un "prétexte" n’y a rien changé.
 

Gaëtan Gorce veut un présidentiable à la tête du parti

 

Cette initiative ressemble beaucoup au retour du Tous Sauf Ségolène pour Gaëtan Gorce, proche de la dame du Poitou. Interrogé lors de son passage à FRANCE 24, le député de la Nièvre souligne les limites de l’exercice : "On ne voit pas les élements politiques qui pourraient faire l’unité autour de ce groupe si ce n’est le refus d’une personne."

 

Le député de la Nièvre veut éviter les erreurs du passé : "J’ai toujours été partisan de l’idée qu’il fallait un présidentiable à la tête du parti." Il rappelle qu’en 2002, "nous avions refusé cette solution pour laisser en place François Hollande. Jospin a été battu."

 

Ségolène Royal devait annoncer publiquement, dans le journal de 20 heures de TF1 du 12 novembre, si elle se porte candidat. Elle a finalement prolongé le suspense, reconnaissant simplement qu'elle en avait "très envie". Les militants, de leur côté, doivent désigner le nouveau secrétaire national du PS le 20 novembre, après le congrès de Reims.

Première publication : 12/11/2008

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