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Dernière modification : 13/11/2008 

- Laurent Nkunda - Nord-Kivu


La Monuc renforce ses effectifs à Goma
Près de 17 000 Casques bleus sont déjà déployés en République démocratique du Congo, alors que l'ONU étudie l'envoi de 3 000 nouveaux hommes. Sur le terrain, un calme précaire s'est installé.
Par AFP (texte)
Jonathan WALSH / Shirli SITBON (vidéo)

Lisez notre dossier: "Combats au Nord-Kivu", et retrouvez la page : "En savoir plus sur le conflit au Nord-Kivu." 

Le chef rebelle Laurent Nkunda affirme respecter le cessez-le-feu

 

Les casques bleus en République démocratique du Congo (RDC) sont accusés de toutes parts d'impuissance dans l'est du pays en guerre, qui s'explique en partie, selon des analystes, par un mandat "schizophrénique" conjugué à un manque de moyens humains et logistiques.
   
Malgré la présence de 5.800 casques bleus dans la province du Nord-Kivu (est), les rebelles de Laurent Nkunda sont parvenus fin octobre à une quinzaine de kilomètres de Goma, la capitale de cette province, où ils sont toujours positionnés.
   
Et la semaine dernière, des "crimes de guerre", selon les termes du chef de la Mission des Nations unies en RDC (Monuc) Alan Doss, ont été commis quasiment sous les yeux des casques bleus à Kiwanja (est) où ils disposent d'une base d'environ 140 hommes.
   
Le mandat de la Monuc est pourtant clair: les casques bleus sont autorisés à ouvrir le feu pour protéger les civils.
   
A Kiwanja, les Nations unies ont fait leur mea culpa: l'ONU aurait dû protéger les civils, a reconnu le patron des missions de paix de l'ONU, Alain Le Roy.
   
La Monuc, qui a ouvert le feu à plusieurs reprises sur les rebelles, renforce désormais ses effectifs à Goma. L'objectif est d'éviter la répétition du scénario de 2004 quand les hommes de Laurent Nkunda s'étaient emparés brièvement de Bukavu (Sud-Kivu), où étaient pourtant déployés 600 casques bleus.
   
Les soldats de l'ONU "sont des garde-barrières. Dès que ça ne va plus, ils se sauvent", assène une source diplomatique en poste en RDC. "Leur politique, c'est zéro mort", ajoute-t-il à l'AFP sous couvert d'anonymat.
   
Face aux critiques récurrentes, le malaise semble avoir gagné la tête de la Monuc. Comme en témoigne la démission du commandant de la Monuc, Vicente Diaz de Villegas, fin octobre, au plus fort des combats entre armée congolaise et rebelles.
   
Officiellement parti pour des raisons personnelles, il a claqué la porte estimant, selon des sources diplomatiques, ne pas avoir les moyens de sa mission.
   
La Monuc, qui est déployée depuis 2001, a beau être la plus importante mission de paix actuelle de l'ONU sur la planète, avec 17.000 soldats, il ne faut pas oublier qu'elle travaille dans un pays aussi grand que le "territoire allant du Portugal jusqu'à la Russie", fait remarquer Pierre-Antoine Braud, cofondateur de l'ONG Bridging International.
   
M. Doss a réclamé début octobre 3.000 troupes supplémentaires, une demande jusqu'à présent restée lettre morte.
   
Mais plus que de soldats supplémentaires, la Monuc a besoin "de meilleurs moyens" de renseignements (images satellitaires, drones...)" pour décrypter les intentions rebelles, estime Xavier Zeebroek, du Groupe de recherche et d'information sur la paix et la sécurité (Grip) à Bruxelles.
   
Or elle ne dispose que de 1,1 milliard de dollars par an, soit "une semaine de présence américaine en Irak", fait remarquer M. Braud.
   
Un budget maigre au regard de son mandat "schizophrénique, (...) une des causes majeures de son impopularité", selon M. Zeebroek: "Les rebelles l'accusent de se battre contre eux, l'armée de ne pas assez se battre avec elle. Et la population de ne plus les protéger. Résultat: plus personne ne lui fait confiance!".
   
Les difficultés opérationnelles de la Monuc s'expliquent également par les règles d'engagement sensiblement différentes selon la nationalité des contingents.
   
Enfin, les opérations hasardeuses lancées par l'armée nationale contribuent au discrédit de la Monuc, estime une source diplomatique: l'armée "commence des actions sans concertation avec la Monuc et lui demande ensuite de gérer quand c'est la débandade".
   
Plus généralement, l'ONU peut-elle "maintenir la paix si aucun des protagonistes n'est prêt à respecter ses engagements?", s'interroge M. Zeebroek.
   
Il n'en reste pas moins que "sans la Monuc, la situation serait beaucoup plus grave" aujourd'hui en RDC, insiste la deuxième source diplomatique, en rappelant quelques succès de la mission, dont la tenue pacifique en 2006 des premières élections libres depuis 1965.
 

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