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Le multimédia et un reportage en Birmanie primés par l'AIB

Vidéo par Paul RUSH , Solomon KANE , Cyril PAYEN

Texte par Cyril PAYEN

Dernière modification : 25/11/2008

L'Association for International Broadcasting a récompensé France 24 pour son approche multimédia de l'information et le reportage "Au cœur de la répression birmane" réalisé par Cyril Payen, Paul Rush et Solomon Kane.

27 septembre 2007. Rangoun. La rue gronde. Les Birmans sont en colère. Malgré la peur du régime et le souvenir de la répression de 1988 qui avaient fait 3000 morts, les Birmans ont osé descendre dans la rue. Un caméraman proche des réseaux clandestins vient d’arriver en ville. Il va vivre en direct cette journée folle et tragique. Voyage au cœur de la répression à Rangoun et dans des régions interdites où la propagande est la seule vérité.

 

Pour la première fois en vingt ans, le drapeau du Paon Combattant, symbole de la lutte pro démocratique, flotte dans une rue birmane. Les slogans se multiplient à mesure que le cortège grossit. Leurs revendications ? Plus de transparence, des dirigeants honnêtes et surtout ne plus avoir peur.

 

Les cris fusent. Une répression brutale vient de commencer.


Un homme à terre, un journaliste, le japonais Kenji Nagai, va mourir sous l‘œil de la caméra quelques instants plus tard. Au coin de la rue. Une nouvelle manifestation est en train de naître. "Vous ne pourrez pas tous nous tuer ! Nous nous battrons jusqu’au dernier ! Pour le peuple, démocratie ! Nous irons jusqu’à la victoire !" Les slogans reprennent et très vite la fronde gagne en vigueur.

 

Le mouvement se durcit peu à peu. Certains manifestants, terrorisés, quittent le cortège, d’autres tiennent bon. Mais très vite ils se retournent, coincés dans une impasse. Les tirs fusent. Ils se préparent à mourir. "Priez ! Priez pour vaincre la peur de la mort."

 

Une chape de plomb s’est abattue sur Rangoun. Couvre-feu sur Sule Pagoda, le point de ralliement des manifestants. L’appareil répressif est en marche.

 


28 septembre. A la frontière thaïlandaise, l’onde de choc de la répression se ressent déjà. Des birmans commencent à fuir en Thaïlande. La junte militaire a verrouillé le pays.


Nous entrons clandestinement par le sud-est, zone contrôlée par l’armée gouvernementale et une milice ethnique. Ici, la propagande gouvernementale est la seule vérité.


Le Colonel Na Ka Moue, seigneur de guerre local, auprès duquel il faut faire allégeance pour être admis, méprise les révoltes : "Tous ces gens qui poussent des cris à Rangoun…Ca ne mène à rien. C’est ridicule".


Selon lui, Ils sont soutenus par des puissances étrangères qui les paient pour descendre dans la rue et les moines qui manifestent sont des faux-moines, des voyous déguisés. "Un moine n’a pas le droit de manifester. C’est impossible !"
Dans le village suivant, les habitants ne semblent pas vraiment être au courant des événements. "Ici, on ne parle pas des troubles mais je pense que c’est vrai..."


29 septembre. Contre toutes attentes, un milicien rompt le silence. "Le gouvernement ne résout aucun problème en tirant sur la foule. Un jour, tout va changer….J’en suis sûr." Selon lui, des dizaines de sous-officiers soutiennent les manifestations.


Une étincelle suffirait pour qu’ils se mutinent…


À deux cent cinquante kilomètres à l’Est de Rangoun, dans une commune de cinq mille habitants, le drapeau de la junte militaire flotte devant l’école. Dans chaque ruelle, des bunkers. Un peu plus loin, un homme avec une radio refuse de dire ce qu’il écoute. Tout le monde semble redouter l’arrivée des soldats et il faut de nouveau quitter les lieux.

 

Nous arrivons à pieds à la grande pagode de la région et tentons sans succès d’interroger un bonze. « On ne parle pas de politique ici. Je n’ai pas le droit. C’est interdit. (…) Vraiment, je ne peux pas parler…Il faut arrêter. » Il ne veut pas donner son avis.


"Parce qu’il a peur…" conclut un milicien.

Première publication : 13/11/2008

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