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Les marchés plongent après les révisions du plan Paulson

Vidéo par Regane RANUCCI

Texte par AFP

Dernière modification : 13/11/2008

À la suite de la décision du secrétaire au Trésor américain Henry Paulson de ne pas racheter les actifs invendables des banques, le Nikkei a clôturé en baisse de 5,25 % et les Bourses européennes ont ouvert en baisse.

L'Allemagne, première économie de la zone euro, est entrée en récession, et les marchés boursiers chutaient à nouveau jeudi, les investisseurs se désespérant de la volte-face de Washington qui a renoncé à son plan de rachat d'actifs invendables des banques.
   
Dans le sillage des places asiatiques paniquées par les propos la veille du secrétaire au Trésor Henry Paulson, les marchés européens ont ouvert en baisse: Paris perdait 1,17%, Londres 1,06% et Francfort 0,46%. A Moscou, le RTS baissait de 4,22% le Micex dégringolait de 10,15%.
   
L'annonce officielle jeudi en Allemagne d'une récession technique (définie par deux trimestres consécutifs de recul du produit intérieur brut) n'a rien fait pour rassurer les investisseurs.
   
Le PIB de la première économie de la zone euro a reculé de 0,5% au 3e trimestre, une baisse plus grave que prévu, après une contraction de 0,4% au trimestre précédent.
   
Ces données devraient être suivies dans la journée par des chiffres similaires en Espagne, en attendant vendredi ceux de la zone euro, de l'Italie et des Pays-Bas, puis du Japon lundi.
   
Aux Etats-Unis, le secrétaire au Trésor américain Henry Paulson a estimé mercredi qu'il était plus simple et plus efficace d'investir directement au capital des banques plutôt que de leur racheter leurs actifs pourris.
   
Il a indiqué que les 700 milliards de dollars débloqués par le Congrès en octobre pour sauver le système financier pourraient aussi être utilisés pour soutenir l'accès des consommateurs au crédit et pour réduire les risques de saisies immobilières.
   
Mais il a exclu que ces aides puissent bénéficier aux constructeurs automobiles américains qui éprouvent les pires difficultés, comme le géant General Motors.
   
Les propos de M. Paulson ont semé la panique à la Bourse de New York, où l'indice Dow Jones a dévissé mercredi de 4,73% et le Nasdaq de 5,17%. Les investisseurs sont également inquiets de la morosité des consommateurs américains à l'approche des fêtes de fin d'année.
   
Les chiffres des ventes de détail en octobre et de la confiance des consommateurs aux Etats-Unis doivent être publiés vendredi. Le distributeur de produits d'électronique Best Buy a déjà décrit la période actuelle comme la plus difficile pour les consommateurs depuis sa fondation il y a 42 ans.
   
Cette nouvelle série de mauvaises nouvelles a fait lourdement chuter jeudi les marchés d'Asie.
   
La Bourse de Tokyo a dévissé de 5,25% en clôture, également déprimée par l'appréciation galopante du yen face au dollar et à l'euro. Sydney a terminé la journée sur un plongeon de 5,86%, Taipei à -3,85%, Hong Kong à -5,15%.
   
A contre-courant, Shanghai a clôturé à +3,68% après l'annonce par Pékin de mesures fiscales en faveur des exportateurs.
   
"Il est choquant de voir que le gouvernement américain n'utilisera rien des 700 milliards de dollars pour acheter des actifs adossés à des hypothèques, ce qui était la première raison d'être du plan de sauvetage", a écrit Dariusz Kowalczyk, stratège chez CFC Seymour à Hong Kong, dans une note à ses clients.
   
"La chute des prix des maisons et des titres adossés aux hypothèques est la cause principale de la crise actuelle. Un abandon des tentatives pour résoudre ces problèmes de façon énergique prolongera la récession", a-t-il jugé.
   
Les procédures de saisies de logements aux Etats-Unis sont reparties en hausse en octobre, augmentant de 5,1% par rapport au mois précédent, a indiqué jeudi un cabinet spécialisé. Sur un an, ces procédures sont en hausse de 24,6%.
   
Les grands pays développés et émergents du G20 mettent la dernière main aux préparatifs du sommet consacré à la crise financière, samedi à Washington.
   
Les Pays-Bas, 16ème économie mondiale et septième par son secteur financier, ont annoncé qu'ils s'y rendraient, "sur invitation" de Nicolas Sarkozy, le président en exercice de l'Union européenne.
   
Selon le quotidien Nikkei, le Premier ministre japonais Taro Aso projette d'annoncer à cette occasion un prêt au Fonds monétaire international (FMI) qui pourrait aller jusqu'à 100 milliards de dollars, correspondant environ au dixième des énormes réserves de change nippones, pour renflouer les pays ruinés par la crise.
   
Cette offre colossale augmenterait d'un coup de plus d'un tiers les ressources actuelles du FMI, qui a été appelé au secours ces dernières semaines par l'Islande, la Hongrie et l'Ukraine.
   
La Maison Blanche, jusqu'ici très réservée quant à d'éventuelles avancées lors de ce sommet, a dit attendre une "discussion vigoureuse avec des résultats très concrets".
   
Le sommet de Washington "sera le début d'un processus, d'un travail acharné et difficile d'experts pour une régulation de cette économie de marché, que tout le monde connaît et approuve", a déclaré le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner, en visite aux Etats-Unis.
   
Les grands argentiers de 35 pays africains réunis à Tunis ont pour leur part condamné l'isolement international de l'Afrique, qui craint d'être durement frappée par la crise, et réclamé une voix au chapitre.
   
Les cours du brut poursuivaient leur repli. Dans les échanges matinaux en Asie, le prix du baril de "light sweet crude" pour livraison en décembre reculait reculait de 92 cents à 55,24 dollars le baril, alors que le rapport mensuel de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) devrait confirmer jeudi la détérioration de la demande pétrolière.
   
L'euro était en repli face au dollar sur les places asiatiques, cotant 1,2462 dollar à 07H00 GMT, contre 1,2490 mercredi soir.
   
Les résultats des banques continuent d'être plombés par la crise.
   
L'Etat néerlandais a annoncé jeudi qu'il injectait 750 millions d'euros dans le capital du bancassureur SNS Reaal. Au Japon, la deuxième banque du pays, Mizuho, envisage selon la presse de jeudi une augmentation de capital de 2,4 milliards d'euros.

Première publication : 13/11/2008

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