ÉVÉNEMENT
Lors du sommet de deux jours à Washington, les chefs d’Etat et de gouvernement du G20 doivent plancher sur une réforme de la finance mondiale.
"Le président français Nicolas Sarkozy et le Premier ministre britannique Gordon Brown arrivent avec dans leurs valises de grands projets", explique Guillaume Meyer, correspondant de FRANCE 24 à Washington.
Mais, malgré toute leur bonne volonté, les dirigeants mondiaux savent que, faute de pouvoir travailler efficacement avec les États-Unis, le sommet ne devrait pas donner lieu à des mesures tangibles.
Un sommet sans Obama
A moins de trois mois de la fin de son mandat, le président George W. Bush ne pourra pas prendre d'engagements précis et contraindre ainsi son successeur du camp opposé, le démocrate Barack Obama.
Ce dernier sera, lui, tout simplement absent de la table ronde. Il y sera représenté par l'ex-chef de la diplomatie américaine Madeleine Albright et l'ancien parlementaire républicain Jim Leach. Mais ses deux émissaires n’auront pas le droit à la parole. Ne prenant pas ses fonctions avant fin janvier 2009, "Obama ne veut pas marcher sur les plates-bandes du président actuel", explique Guillaume Meyer.
Personne n’espère donc de miracle de cette rencontre. Les dirigeants des pays du G20 pourrait cependant s'entendre sur le renforcement des missions du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale.
Mais si, comme l’explique Guillaume Meyer, "on peut s’attendre à aucune vraies réponses de l’administration Bush", le président américain, leader mondial pour un peu moins de trois mois encore, devrait, en revanche, se battre pour l’hégémonie américaine.
Bataille pour le leadership mondial
Jeudi, à New York il déclarait qu’il n’était pas question de réinventer le système financier. Un pied de nez à son homologue français qui, justement, rabâche depuis des semaines la nécessité d’un tel changement.
Le même jour, Nicolas Sarkozy affirmait, lui, que le dollar ne pouvait plus prétendre être la seule monnaie au monde. Retour à l’envoyeur.
A côté du règlement de la crise financière, le sommet du G20 promet donc d’être aussi le terrain d’une bataille politique.
Le chef d’Etat Français, également président de l’Union européenne, espère en particulier prouver que le Vieux Contient peut être, sur certains sujets, le leader. Il s’était d’ailleurs battu bec et ongles avec les États-Unis pour que l'Espagne et les Pays-Bas puissent participer à la rencontre.
Jeudi, la ministre de l’ Économie française Christine Lagarde annonçait que l’hexagone ne connaissait pas de récession. "Un atout pour Sarkozy, qui va pouvoir s’adresser à ses homologues avec plus de crédibilité", explique Jean-François Jamet, consultant auprès de la Banque mondiale. Avantage pour l’Europe donc.



















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