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Demande de libération rejetée pour Al-Megrahi, malade

©

Texte par AFP

Dernière modification : 14/11/2008

La cour d'appel d'Edimbourgh a refusé de mettre en liberté conditionnelle d'Al-Megrahi, condamné à la prison à vie pour l'attentat de Lockerbie, alors qu'il souffre d'un cancer. Les juges estiment qu'il ne subit "aucun handicap".

La cour d'appel d'Edimbourg a rejeté vendredi la demande de libération conditionnelle du Libyen condamné pour l'attentat de Lockerbie (Ecosse) en 1988, Abdelbaset Ali Mohamed Al-Megrahi, qui souffre d'un cancer en phase terminale selon ses avocats.

Les avocats de M. Al-Megrahi, 56 ans, condamné à la prison à vie en 2001, avaient demandé que leur client soit remis en liberté conditionnelle provisoire dans l'attente d'un nouvel appel de sa condamnation, qui doit être examiné en 2009.

Il souffre d'un cancer de la prostate "en phase terminale" et devrait être libéré pour pouvoir rejoindre sa famille en Ecosse et suivre un traitement adapté, avaient-ils plaidé.

L'un des trois juges ayant statué sur cette affaire, Arthur Hamilton, a reconnu vendredi que le plaignant souffrait d'une maladie "incurable" mais "pour l'instant il ne souffre pas physiquement et ne subit aucun handicap".

"S'il réagit bien au traitement palliatif qu'il vient d'entamer, il pourrait avoir une espérance de vie de plusieurs années", a-t-il ajouté.

Pour cette raison, la cour d'appel "n'est pas persuadée qu'on ait atteint le stade où une libération anticipée se justifie", a déclaré Lord Hamilton. Le magistrat s'est dit prêt à examiner une nouvelle demande de remise en liberté si l'état de santé d'Al-Megrahi se dégradait.

Al-Megrahi a été condamné à la prison à vie avec un minimum de 27 ans en 2001 par trois juges écossais siégeant dans un tribunal extraordinaire aux Pays-Bas, pour avoir causé l'explosion d'un avion de la Pan Am le 21 décembre 1988 au-dessus de la ville écossaise de Lockerbie, tuant les 259 personnes à bord et 11 à terre.

Cette attaque reste à ce jour l'attentat au bilan le plus lourd jamais perpétré en Grande-Bretagne.

"Je suis extrêmement affecté par le refus de la cour de me remettre en liberté dans l'attente de mon appel et de me donner la chance de passer le reste de ma vie avec ma famille", a pour sa part déclaré M. Al-Megrahi, dans un communiqué lu par l'un de ses avocats.

"J'aimerais réaffirmer que je n'ai strictement rien à voir avec l'attentat de Lockerbie et que le combat judiciaire pour blanchir mon nom se poursuivra, que je sois vivant ou non", a-t-il ajouté.

En juin 2007, Al-Megrahi --qui a toujours nié les accusations-- a été autorisé à déposer un deuxième appel contre sa condamnation après un échec en 2002. Cet appel doit être examiné en 2009.

Le porte-parole des victimes, Jim Swire, dont la fille Flora a été tuée dans l'attentat, a critiqué la décision des juges écossais qui ont "manqué l'occasion en or de faire preuve de compassion".

"Notre groupe n'a jamais eu pour objectif de chercher à nous venger", a-t-il affirmé dans une déclaration lue en son nom devant le tribunal par un proche.

"Le refus de rendre à sa famille un homme mourant, condamné par un verdict qui n'est pas encore définitif, ressemble de façon dérangeante à une forme de vengeance, ou de timidité", a-t-il déclaré.

Selon lui, M. Al-Megrahi pourrait désormais en appeler directement au ministre écossais de la Justice.

"Personnellement, j'espère qu'il le fera, et qu'il réussira", a-t-il conclu.

Première publication : 14/11/2008

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