16 novembre 2008 - 21H56
- Crise financière - Islande

L'Islande prête à dédommager les épargnants étrangers
Un cadre de négociations a été arrêté afin de trouver une issue au contentieux qui oppose l'Islande et plusieurs pays de l'UE sur le sort des épargnants, dont les comptes ont été gelés après la nationalisation de trois banques du pays.
Par AFP (texte)

L'Islande et plusieurs pays de l'Union européenne sont convenus d'un cadre de négociations en vue d'une solution définitive du contentieux sur la compensation des épargnants de Grande-Bretagne et des Pays-Bas, a annoncé dimanche le gouvernement islandais.
   
"Des discussions entre l'Islande et plusieurs Etats membres de l'UE, à l'initiative de la présidence française de l'UE, se sont traduites par une compréhension commune constituant les bases des négociations à venir", indique-t-il dans un communiqué.
   
"Selon les directives sur lesquelles les parties se sont mises d'accord, le gouvernement d'Islande garantira les dépôts des épargnants Icesave selon la législation de l'espace économique européen (EEE)", ajoute le texte.
   
Les clients britanniques d'Icesave, filiale de l'ancienne deuxième banque islandaise Landsbanki, avaient eu leurs comptes gelés, lorsque l'établissement bancaire, à court de liquidités, avait été nationalisé début octobre.
   
"Elles impliquent aussi que l'UE, sous la présidence française, continuera à participer aux dipositions qui permettront à l'Islande de restaurer son économie et son système financier", explique encore le gouvernement islandais.
   
Le gouvernement britannique avait alors utilisé une législation antiterroriste pour geler les avoirs au Royaume-Uni de banques islandaises en difficulté afin de protéger les dépôts de milliers d'épargnants et de collectivités locales britanniques, suscitant de vives réactions des Islandais.
   
Ce différend, qui oppose également l'Islande aux Pays-Bas, était en outre à l'origine du blocage de l'aide internationale sollicitée par le pays nordique, non membre de l'Union européenne.
   
Samedi toutefois, le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn a annoncé que les pays membres du Fonds étaient parvenus à un accord sur le prêt demandé par l'Islande, qui sera soumis au vote du conseil d'administration mercredi.
   
L'économie islandaise, fortement dépendante de son système financier, a été terrassée par la crise financière internationale. Les trois plus grandes banques ont été nationalisées début octobre et le gouvernement négocie depuis une aide financière internationale.
   
Il escompte obtenir environ deux milliards de dollars de la part du FMI et quatre autres milliards de pays tiers. Le pays nordique négocie également indépendemment l'octroi d'un prêt de la Russie.
   
Jeudi, le ministre russe des Finances, Alexeï Koudrine, cité par l'agence Ria-Novosti avait cependant indiqué que la Russie étudiait toujours la question d'octroyer un prêt à l'Islande avant de prendre une décision définitive.
   
La Russie avait initialement envisagé de prêter 4 milliards d'euros à l'Islande, puis avait jugé "difficile" d'accorder ce prêt si l'Islande prenait à sa charge les dettes de son secteur bancaire.
   
Le Premier ministre islandais a récemment prévenu que la dette publique du pays allait considérablement augmenter, passant de 29% du Produit intérieur brut (PIB) à la fin 2007 à plus de 100% fin 2009.
   
Le coût de la crise bancaire pourrait atteindre 85% du PIB, soit 1.100 milliards de couronnes (7,2 milliards d'euros).
 

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