Les Bissau-Guinéens votaient dimanche pour choisir les 100 députés de leur petit pays, ex-colonie portugaise d'Afrique de l'Ouest en mal de développement depuis des décennies et minée par le trafic de cocaïne sud-américaine.
Jusqu'à 17H00 (locales et GMT), 2.707 "bureaux" de vote étaient ouverts à Bissau, dans les villages de brousse entre palmeraies et rizières ainsi que dans les îles Bijagos où les urnes devaient être convoyées par pirogues.
Dans la capitale semblable à un gros village aux rues bosselées et aux maisons coloniales fatiguées, le vote se faisait le plus souvent dans la rue, l'urne en plastique parfois posée sur une chaise de jardin.
Les premiers électeurs s'étaient présentés la torche à la main, la ville n'ayant pas d'alimentation électrique.
"Dans toutes les régions, il semble que le commencement du processus se déroule dans le calme, nous n'avons pas encore de plainte, ce qui est assez rare", constatait en milieu de matinée le chef de la mission d'observation de l'Union européenne, Johan Van Hecke, dans ce pays rural d'1,3 million d'habitants.
Le président Joao Bernardo Vieira, 69 ans dont quasiment 23 à la tête de l'Etat, a lui-même voté sur un trottoir, devant les locaux d'un club de football, en souhaitant au pays "prospérité et unité".
Neuf ans après la fin de la guerre civile qui l'avait chassé du pouvoir, M. Vieira, réélu à la présidence en 2005, a dit souhaiter que "tous les Guinéens se rassemblent autour du parti qui gagne, pour le développement du pays".
Son rival, Carlos Gomes Junior, à la tête de l'ancien parti unique, avait glissé son bulletin dans la même urne quelques instants plus tôt, en se disant sûr de "gagner avec 84%" des suffrages.
Son Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap vert (PAIGC), au centre de la vie politique quasiment sans interruption depuis 35 ans, avait démontré sa force vendredi à Bissau, en attirant à son meeting une énorme foule de partisans, juchés jusque sur les arbres.
Mais il paraît difficile que le PAIGC obtienne "la majorité absolue" visée, face au Parti de la rénovation sociale (PRS) de l'ex-président Kumba Yalla renversé en 2003, et au tout nouveau Parti républicain pour l'indépendance et le développement (PRID) créé par un proche du président.
Pour le chef de la délégation de la Commission européenne à Bissau, Franco Nulli, "l'espoir, c'est que de ces élections il puisse sortir une majorité claire et un gouvernement stable".
La communauté internationale entend aider à bâtir l'Etat de droit dans ce pays classé 175e sur 177 en termes de développement humain, et considéré par l'ONU comme "un point clef d'entrée" en Afrique de la cocaïne sud-américaine en transit vers l'Europe.
La question a été au centre de la campagne, les grands partis s'accusant mutuellement d'être financés par l'argent de la drogue.
"Le combat contre le narcotrafic va continuer, quel que soit le gouvernement qui sortira des urnes. Moi je serai toujours en lutte pour éliminer les narcotrafiquants", a déclaré le procureur général Luis Manuel Cabral, un des 539.036 électeurs inscrits, après avoir voté.
Les Bissau-Guinéens espèrent quant à eux un changement qui leur permettrait de bénéficier enfin d'un accès satisfaisant à l'éducation et aux soins, à l'eau potable et l'électricité.
"Payer les salaires, c'est la priorité", confiait pour sa part anonymement un chauffeur au ministère du Tourisme, évoquant les quatre mois de retard de paiement des fonctionnaires.














Commentaires
Guinée-Bissau, Législatives
Guinée Bissau: législatives
C'est plus subtile que ça!.Le Président Vieira est arrivé comme candidat indépendant et il n'y a aucun parti présidentiel. Cependant, le Président a gardé des partisans dans presque tous les partis politiques, y compris le PRS de Kumba Yala, et naturellement au sein du PAIGC dont il était un des grands de son Histoire. PAIGC et PRID se disputent son image vu son rôle dans la lutte de libération. Lui-même a refusé qu'on s'en serve lors des législatives. Le PAIGC était au départ un mouvement patriotique avec un programme minimum, indiscutable: la conquête de l'Indépendance et un volet discutable: la manière de construire le pays une fois l'indépendance acquise. Au sein de ce Parti qu'on qualifia de Parti Unique, les débats et les discussions étaient déjà "animées", à la guinéenne! Aussi animées qu'aujourd'hui entre les différents partis!
Nadine Dominicus v.d.B.
guinée bissau
d'abord j'aimerais vous apporter une précision,le PAIGC n'est pas le parti présidentiel car Nino Vieira s'était présenté comme un candidat libre aux présidentielles de 2005.Par ailleurs ce n'est vraiment un secret pour personne que le président bissau-guinéen soutien PRID,le parti de Aristides Gomes,qui avait à son tour renié PAIGC pour soutenir le général Vieira en 2005,histoire de "dettes"
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