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Arrestation du chef présumé de la branche militaire de l'ETA

Vidéo par Julien FANCIULLI

Texte par Adeline PERCEPT

Dernière modification : 17/11/2008

Le chef présumé de l'appareil militaire de l'organisation indépendantiste basque ETA, Miguel De Garikoïtz Asiazu Rubina, dit "Txeroki", a été arrêté dans les Hautes-Pyrénées. Il est soupçonné d'avoir tué deux policiers espagnols en 2007.

En Espagne, son visage est plus que familier. La photo de ce jeune homme de 35 ans, placardée en Une de tous les sites de la presse espagnole, apparaît depuis la fin de la trêve de l'ETA sur les murs de tous les commissariats, dans les aéroports, les gares et les stations de métro.
  
Miguel de Garikoïtz Aspiazu Rubina, alias "Txeroki", était le membre de l'ETA le plus recherché par les forces de l'ordre, côté espagnol et côté français. Sa vie clandestine s'est arrêtée dans la nuit à Cauterets, dans le département des Hautes-Pyrénées, en France. La collaboration entre les renseignements français et la Garde civile espagnole a permis son arrestation au côté d'une jeune femme qui pourrait être Leire Lopez Zurutuza, autre "etarra" présumée activement recherchée.
 

Considéré comme le chef des commandos de l'ETA, l'appareil militaire de l'organisation terroriste, il était surveillé par Laurence Le Vert, la juge française en charge du dossier de l'ETA. Selon des membres de l'ETA arrêtés précédemment, Txeroki prétendait être l'auteur de l'assassinat des deux gardes civils espagnols sur le sol français, à Capbreton, le 1er décembre 2007.
  
Pour l'organisation indépendantiste basque, le territoire français est surtout une base arrière, mais Txeroki avait décidé de rompre avec cette tradition.

 

Un architecte de la nouvelle ETA

 

Cantonné à la guérilla urbaine indépendantiste (ou "Kale Borroka") dans les années 1990, Miguel de Garikoïtz Aspiazu Rubina Garikoitz Aspiazu est entré dans le commando Olaia, basé en Biscaye, en 2001. Il est l'un des responsables présumés de l'assassinat du juge José Maria Lidon (2001).
 
L'année suivante, il quitte précipitamment le quartier du Casco Viejo de Bilbao, l'un des fiefs de l'indépendantisme basque. Il trouve refuge en France et connaît une rapide ascension au sein de l'organisation. Propulsé à la direction de l'appareil militaire en 2003, il est suspecté d'avoir ordonné l'attentat de l'aéroport de Madrid qui a provoqué la mort de deux personnes, le 30 décembre 2006. Cet attentat, perpétré en pleine trêve de l'ETA, avait signé la fin des négociations de paix entre Madrid et l'organisation terroriste.


Selon les forces de l'ordre, Txeroki a profité de la trêve de 2006 pour réarmer l'ETA et recruter des jeunes issus comme lui de la Kale Borroka. Il serait l'architecte de ce qu'on appelle la "nouvelle ETA" : des jeunes plus radicaux et plus violents que leurs aînés. Ils sont moins bien préparés et leur "combat" a une dimension idéologique plus limitée.
  
Txeroki est ainsi l'un des tenants de la ligne dure de l'ETA, hostile à toute négociation avec Madrid. Il devrait être très rapidement remplacé dans ses fonctions au sein de l'ETA, comme il en est d'usage à chaque interpellation d'envergure. Un nom circule déjà dans les médias espagnols : celui de son lieutenant, Aitzol Iriondo, lui aussi favorable à la ligne dure.

Première publication : 17/11/2008

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