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Des combats opposent l'armée et des miliciens Maï-Maï

Vidéo par Marlène RABAUD , Arnaud ZAJTMAN

Texte par FRANCE 24 avec dépêches

Dernière modification : 19/11/2008

La Monuc fait état de combats entre l'armée congolaise et des miliciens Maï-Maï près de Kanayabonga, ville stratégique du Nord-Kivu. Les rebelles de Laurent Nkunda, de leur côté, annoncent un repli de leurs troupes sur 40 kilomètres.

Retrouvez notre dossier "Combats au Nord-Kivu"

 

Regardez notre reportage exculsif sur les enfants soldats au Nord-Kivu

 

 
Des combats ont éclaté mardi entre l'armée congolaise et des miliciens Maï-Maï pro-gouvernementaux près de la ville stratégique de Kanyabayonga, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), a-t-on appris auprès de la Mission de l'ONU dans ce pays (Monuc).
   
Plus tôt dans la journée, une source administrative locale avait fait état de tirs et d'incidents impliquant l'armée dans cette région, plus précisément dans les localités de Kayna et Kirumba.
   
"Des combats ont éclaté à Kayna et Kirumba entre FARDC (Forces armées de RDC) et Pareco (Patriotes résistants congolais)", des miliciens pro-gouvernementaux, a déclaré à l'AFP le porte-parole militaire de la Monuc à Kinshasa, le lieutenant-colonel Jean-Paul Dietrich.
   
Kirumba et Kayna sont situés à une vingtaine de km au nord de Kanyabayonga, ville stratégique d'environ 50.000 habitants qui verrouille toute la partie nord de la province du Nord-Kivu. Ces combats ont lieu à plus de 1.500 km à l'est de la capitale Kinshasa.
   
Interrogé par l'AFP depuis Kinshasa, le chef du PARECO, le général Lafontaine, a confirmé ces violences, expliquant qu'elles avaient pour origine une "tragique erreur".
   
"Nos forces étaient déployées en embuscade dans la vallée de Kamandi pour contrer une éventuelle avancée" des rebelles de Laurent Nkunda, positionnés à 9km au sud de Kanyabayonga, a dit le général Lafontaine.
   
Mais "des FARDC en train de se redéployer ont pénétré dans notre dispositif et nous avons ouvert le feu. Ce n'était pas un combat préparé, c'est une erreur monumentale", selon le chef Maï-Maï.
   
"Furieux" de cet incident, "des militaires des FARDC ont commencé ce matin à s'en prendre à la population et à tirer dans Kirumba et Kayna (7km au sud), c'est une confusion totale dans la cité", a-t-il raconté, faisant état de pillages commis par des soldats.
   
"Je ne comprends pas quelle est cette armée qui pille et qui s'en prend aux Congolais, au lieu de (les) défendre face à l'ennemi", a dénoncé le général Lafontaine, affirmant par ailleurs avoir donné l'ordre à ces hommes "de faire cesser" ces exactions.
   
Jointe au téléphone par l'AFP, une source administrative à Kirumba a indiqué que les tirs se poursuivaient en fin de matinée à Kirumba et Kayna, faisant état "d'un grand désordre" dans les deux agglomérations d'où la plupart des habitants ont fui "pour se réfugier en brousse".
   
Tout ce secteur clé de Kanyabayonga-Kayna-Kirumba avait été la semaine dernière le théâtre de pillages et exactions "à grande échelle" perpétrés par des éléments des FARDC, mécontents et paniqués d'un redéploiement opérationnel plus au sud sur la ligne de front, selon l'ONU.
   
Des miliciens du PARECO s'étaient alors opposés, les armes à la main, aux pillages et à la fuite de ces militaires de l'armée régulière, faisant au moins trois tués.
   
 

Nkunda annonce que la rébellion retire ses troupes sur deux axes

 

La rébellion de Laurent Nkunda a annoncé mardi qu'elle allait opérer "un retrait unilatéral de ses troupes sur une distance de 40 km" sur deux fronts dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), afin de "donner une nouvelle chance à la paix".
  
Cette annonce intervient deux jours après la rencontre entre le chef rebelle et Olusegun Obasanjo, envoyé spécial de l'ONU pour la RDC. Toutefois, le retrait ne concerne pas le front le plus sensible, celui situé à une quinzaine de kilomètres de Goma, ville d'un demi-million de personnes.
  
Le bureau politique de la rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) s'est réuni mardi à Jomba (est), selon un communiqué du CNDP.
  
"Il a été décidé" que le CNDP "devra opérer un retrait unilatéral de ses troupes sur une distance de 40 km à la fois sur l'axe Kanyabayonga-Nyanzale et sur l'axe Kabasha-Kiwanja", précise le texte.
  
"L'ordre a été donné à l'état-major de l'armée du CNDP de commencer le retrait immédiatement", a précisé à l'AFP le porte-parole de la rébellion, Bertrand Bisimwa.
  
La rébellion demande en outre à la Mission des Nations unies en RDC (Monuc) "de prendre en charge la sécurité de ces zones de séparation et de s'assurer qu'aucune autre force ne vienne l'occuper, parce qu'une telle occupation rendrait immédiatement caduque la décision de retrait du CNDP."
  
La rébellion a expliqué vouloir ainsi "donner une nouvelle chance à la paix et conforter son excellence Olusegun Obasanjo dans ses efforts de médiation en RDC".
  
Les troupes de Laurent Nkunda vont se retirer de 40 km en direction de Nyanzale à partir des positions qu'elles occupent actuellement à environ une vingtaine de kilomètres de Kanyabayonga, ville stratégique de la province du Nord-Kivu, a expliqué M. Bisimwa.
  
Elles vont faire de même à partir de Kabasha, en direction de Kiwanja, a-t-il ajouté.
  
Nyanzale est située à environ 80 km au nord-ouest de Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu, et Kiwanja à 75 km au nord-est de Goma.
  
La rébellion a par ailleurs réaffirmé dans son communiqué "la nécessité du renforcement du cessez-le-feu unilatéral décrété par le CNDP en date du 29 octobre 2008 par sa transformation en cessez-le-feu bilatéral avec l'adhésion du gouvernement", ainsi que l'ouverture de couloirs humanitaires.
  
Elle s'est aussi dite favorable à la "création d'une commission tripartite chargée du monitoring du cessez-le-feu", conformément à ce qu'avait annoncé M. Obasanjo ce week-end. Cette commission doit réunir "les deux belligérants, ainsi qu'un représentant de la Commission de l'Union africaine", a estimé le bureau politique du CNDP.
  
Depuis fin août, les combats entre l'armée et le CNDP ont repris dans la province du Nord-Kivu, située à plus de 1.500 km à l'est de la capitale Kinshasa. La rébellion a infligé de lourdes défaites à l'armée, en étant positionnée depuis fin octobre aux portes de Goma et depuis quelques jours près de Kanyabayonga, ville d'environ 50.000 habitants.

Première publication : 18/11/2008

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