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Dans le hall de la Bibliothèque nationale de France à Paris, les écrans clignotent sous le regard attentif des mordus de l’Internet. Ils sont venus consulter les petites créations des participants des compétitions Net et portable du Festival des 4 écrans. Animations rigolotes, documentaires sombres, clips musicaux… Chacun y trouve son bonheur.
Francis Wolff a présenté un court documentaire sur un sans-domicile fixe qui vivait dans son quartier de Belleville, à Paris. Ce jeune réalisateur qui travaille sur le Web estime que les films sur portable ou sur Internet menacent la profession de journaliste.
"Les portables et les petits caméscopes ont une facilité de tournage. Face à cet avantage, le métier de journaliste-vidéo aura tendance à disparaître car l'utilité du journaliste, c'est de l'envoyer couvrir un événement. Maintenant, le temps de l'envoyer, il y aura déjà cent personnes autour qui auront des portables et qui pourront le filmer", affirme-t-il.
C’est un point de vue que nuance Hervé Chabalier, directeur du festival qui est également à la tête de l'agence Capa. Il affirme que les cinéastes amateurs sont des témoins dont le travail doit être valorisé. "Les amateurs peuvent enrichir l’offre dans le domaine de l’information, parce qu’ils sont témoins d’un événement là où le journaliste n’est pas, dit-il. Ainsi, les journalistes peinent à couvrir les catastrophes naturelles et les pays sous le joug de dictatures."
Et c’est cette qualité de témoignages qui séduit les visiteurs du festival. Thomas, étudiant en audiovisuel, est persuadé que ces vidéos pourraient bien à terme remplacer les images venant des médias traditionnels.
Vers une coopération avec les journalistes
Les connaisseurs des vidéos Web sont prêts à célébrer la mort annoncée du métier de journaliste. Néanmoins, pour Hervé Chabalier, les journalistes continueront un travail d’encadrement des amateurs et de vérification de l’information.
L’agance Capa a déjà recours aux amateurs pour couvrir certains événements. Comme l’explique Hervé Chabalier, des amateurs formés par sa société ont filmé les émeutes de la banlieue parisienne en 2005.
Une inspiration pour les jeunes réalisateurs
Le succès des vidéos sur les sites de partage encourage aussi de jeunes réalisateurs à diffuser leur travail sur le Web. "Cela permet aux petits réalisateurs de gagner en visibilité", explique Francis Wolff.
Pour l’un des blogueurs les plus connus d'Allemagne, Sascha Lobo, la gratuité des site de partage de vidéos est une aubaine pour la culture. "Il n’a jamais été indispensable d’avoir de l’argent pour produire de la culture. Et ça, ça a toujours été vrai. Mais aujourd’hui, le paysage médiatique se transforme et il est possible de diffuser des films et des produits culturels pour presque rien", jubile-t-il.
L’exercice n’est pas facile pour autant. Le format court de la vidéo pour le Web, la basse résolution des clips, la tendance au zapping des internautes, sont autant de difficultés qu’il faut surmonter pour avoir un impact sur le Net.
Le Festival européen des 4 écrans s'est tenu à Paris du 14 au 16 novembre en partenariat avec FRANCE 24. Consultez le palmarès.


























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