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Le procès Politkovskaïa finalement à huis clos

Texte par AFP

Dernière modification : 19/11/2008

Le procès des meurtriers présumés d'Anna Politkovskaïa, qui devait être ouvert au public, se tient finalement à huis clos, à la demande des jurés. Les quatre accusés ont choisi de plaider non coupable, selon un de leurs avocats.

Le procès des participants présumés au meurtre de la journaliste russe Anna Politkovskaïa se tiendra à huis-clos, a annoncé mercredi le juge du tribunal militaire de Moscou, revenant sur sa décision initiale de tenir des audiences ouvertes au public.
   
"Désormais le procès se tiendra à huis-clos. La décision est prise", a déclaré le juge Evguéni Zoubov au tribunal militaire de Moscou où s'est ouvert lundi le procès.
   
"Il en va de la sécurité des participants au procès et de leurs proches", a-t-il ajouté.
   
Les proches d'Anna Politkovskaïa réclamaient un procès public. "Bien sûr que nous n'aimons pas le huis-clos, c'est mauvais. Il n'y a rien de mal à avoir des journalistes ici", a déclaré son fils, Ilia Politkovski.
   
"Je suis très déçue. Je pense que ce procès aurait dû être public comme tous les procès et parce qu'elle était un personnage public et que le public devrait connaître les circonstances de sa mort", a ajouté l'avocate de la famille Karinna Moskalenko.
   
Le rédacteur en chef du bi-hebdomadaire Novaïa Gazeta où Anna Politkovskaïa travaillait, Dmitri Mouratov, a qualifié de "honte" la décision du tribunal. "C'est une décision honteuse, de couloir, prise en petit comité. C'est terrible", a-t-il dit.
   
"Nous aurons notre (propre) procès dans les pages du journal. Une telle décision a été prise parce que les jurés refusaient de siéger en présence de la presse. Il n'y avait aucune menace", a affirmé M. Mouratov sur la radio Echo de Moscou.
   
Seuls des seconds couteaux comparaissent devant les juges, le commanditaire et le tireur n'ayant jamais été arrêtés.
   
Outre l'agent du FSB Pavel Riagouzov, soupçonné d'avoir fourni l'adresse de la journaliste, deux frères tchétchènes, Djabraïl et Ibraguim Makhmoudov, sont jugés pour avoir la surveillance de la victime, ainsi qu'un membre de la police criminelle, Sergueï Khadjikourbanov.
   
La journaliste, une des rares à avoir continué à couvrir le conflit en Tchétchénie au début des années 2000 et à dénoncer les atteintes aux droits de l'Homme en Russie, a été assassinée le 7 octobre 2006 dans le hall de son immeuble à Moscou.

Première publication : 19/11/2008

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