Samedi 15 novembre, des pirates somaliens ont pris le contrôle du Sirius Star, un superpétrolier saoudien, à plus de 800 kilomètres au sud-est de Mombasa (Kenya).
La prise de contrôle de ce mastodonte, trois fois plus grand qu'un terrain de football et trois fois plus lourd qu'un porte-avion, est une opération de piraterie spectaculaire qui constitue un défi pour la force maritime internationale censée protéger le trafic marchand dans cette partie du monde.
Depuis ce coup d'éclat, un chalutier thaïlandais, un navire grec et un cargo immatriculé à Hong Kong sont tombés entre les mains des pirates.
Mercredi, le Bureau maritime international a qualifié ces attaques d’ "incontrôlables". La zone à risque est en effet immense et voit transiter plus de 30% du pétrole mondial. De plus, les attaques des pirates se font de plus en plus loin des côtes.
Escorte militaire
La situation inquiète également les armateurs du monde entier. "La situation est très mauvaise. Toute la région échappe à la loi. L'action des autorités est très limitée à cet endroit", déclare Arthur Bowring, directeur de l'association des armateurs de Hong Kong.
Tous tentent de trouver des solutions à ce problème. Le bateau indien qui a repoussé l’attaque des pirates ce mercredi était escorté par un navire armé. Certains préconisent ainsi la création d'un couloir de transit où les navires se regrouperaient et seraient accompagnés d'une escorte militaire.
D'autres armateurs, encore très peu nombreux, préfèrent contourner l'Afrique pour éviter les pirates du golfe d'Aden en passant par le Cap de Bonne Espérance au lieu d'emprunter le canal de Suez. Ils rallongent ainsi leur trajet de 12 à 15 jours et déboursent entre 20 et 30 000 dollars par jour additionnel.
Pour Anne Sophie Avé, déléguée générale des armateurs de France, l’absence d’Etat stable à la tête de la Somalie est à la racine des problèmes de piraterie. "On a une corrélation étroite entre la situation à terre et le nombre d'actes de piraterie en mer. La situation au large de la Somalie n'est que le bouton de fièvre d'une situation à terre qu'il va falloir à un moment ou à un autre se mettre à résoudre grâce à l'ensemble de la force de la communauté internationale."
















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