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EUROPE

Rome donne son feu vert à la vente d'Alitalia

Texte par AFP

Dernière modification : 19/11/2008

Le gouvernement donne son feu vert à la vente de la compagnie aérienne Alitalia au consortium de grands patrons qui avaient soumis une offre, elle-même validée par la Commission européenne. Le plan prévoit 3 250 suppressions d'emplois.

Le gouvernement italien a donné mercredi son feu vert à la vente de la compagnie aérienne Alitalia à un consortium de grands patrons italiens, mettant un point final à un processus de reprise qui a duré des mois et connu de nombreux rebondissements.
  
Le ministre du Développement économique, Claudio Scajola, a "autorisé le Commissaire extraordinaire d'Alitalia, Augusto Fantozzi, à procéder à la vente des actifs réclamés par la société Cai (Compagnie aérienne italienne, qui réunit les repreneurs italiens) à un prix non inférieur à 1,052 milliard d'euros", indique un communiqué officiel.
  
Ce prix a été déterminé à l'issue d'un audit commandé par le gouvernement à la banque Banca Leonardo.
  
La Cai avait initialement proposé un milliard d'euros pour reprendre les activités de transport de passagers de la compagnie (actifs et une partie des dettes) mais a accepté de revoir un peu son offre à la hausse, précise le communiqué.
  
"Avec l'autorisation de la vente, le processus de constitution de la nouvelle Alitalia est finalisé", souligne le ministre, cité dans le communiqué.
  
Ce feu vert était la dernière étape après de longs mois de négociations et de rebondissements pour trouver un acquéreur à la compagnie aérienne italienne en grande difficulté.
  
Le chef du gouvernement, Silvio Berlusconi, qui avait contribué à torpiller l'offre de rachat d'Air France-KLM en avril en pleine campagne électorale au nom de la défense de l'"italianité", était allé chercher ces entrepreneurs après sa réélection.
  
La semaine dernière, la Commission européenne avait levé un des derniers obstacles à la vente, en acceptant qu'un prêt gouvernemental de 300 millions d'euros, qu'elle a jugé sans surprise illégal, soit remboursé par l'ancienne société mise en liquidation, moyennant la vente d'actifs, et non par les repreneurs.
  
Ce non remboursement était une condition posée par la Cai pour aller de l'avant dans son rachat.
  
Détenue à 49,9% par l'Etat italien, Alitalia a été placée fin août sous administration extraordinaire.
  
La "nouvelle" Alitalia, qui devrait décoller en décembre, sera une compagnie allégée au réseau réduit par rapport à l'ancienne compagnie. Les repreneurs vont devoir désormais choisir un partenaire étranger, Air France-KLM et Lufthansa étant les mieux placées.
  
Le choix de ce partenaire, qui était prévu très prochainement, a été repoussé et n'aura pas lieu avant la fin de l'année, a affirmé mercredi l'agence Radiocor, citant des sources proches des repreneurs.
  
Selon Radiocor, la décision a été repoussée après les déclarations favorables à Lufthansa de Silvio Berlusconi mardi lors d'une rencontre avec la chancelière allemande Angela Merkel.
  
Le parti régionaliste de la Ligue du Nord, allié de Berlusconi, pousse à une alliance avec Lufthansa.
  
Ces déclarations du chef du gouvernement sont intervenues alors que, selon la presse italienne, la compagnie franco-néerlandaise Air France-KLM a la faveur des repreneurs et devrait prendre 20% de la nouvelle Alitalia pour 200 millions d'euros.
  
Le plan de reprise d'Alitalia par la Cai prévoit 3.250 suppressions de postes et une fusion avec Air One, la deuxième compagnie de la Péninsule.
  
Une partie des employés (pilotes et personnel navigant) s'y oppose toujours et a fait une grève du zèle, entraînant plusieurs dizaines d'annulations de vols par jour.

Première publication : 19/11/2008

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