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Reprise des combats entre rebelles et miliciens Maï-Maï

Texte par AFP

Dernière modification : 20/11/2008

Au lendemain de la courte trêve décrétée unilatéralement par la rébellion, des miliciens pro-gouvernementaux Maï-Maï et des hommes de Laurent Nkunda se sont violemment opposés non loin de Goma, la capitale du Nord-Kivu.

Retrouvez notre dossier "Combats au Nord-Kivu"

 

Regardez notre reportage exculsif sur les enfants-soldats au Nord-Kivu

 

 

Regardez une compilation de nos meilleurs reportages pour comprendre la situation : "Au plus près des combats en RDC"

 

Des combats ont opposé jeudi matin rebelles de Laurent Nkunda et miliciens pro-gouvernementaux Maï-Maï dans l'est de la République démocratique du Congo, au lendemain d'un retrait rebelle unilatéral d'une ligne de front censé donner "une chance à la paix".
   
Les affrontements ont débuté au petit matin en périphérie nord de la localité de Kiwanja, à 75 km au nord de Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu, a-t-on appris de sources concordantes.
   
Ils impliquaient des miliciens pro-gouvernementaux Maï-Maï et les rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP). Les tirs à l'arme lourde n'étaient plus audibles à la mi-journée, a constaté une journaliste de l'AFP.
   
"Des Maï-Maï ont tenté d'avancer sur nos positions vers 06H30 (04H30 GMT) pour aller prendre Kiwanja. Nos forces sont en train de leur résister", a affirmé un porte-parole de la rébellion, Bertrand Bisimwa.
   
"Le CNDP essaie de déloger nos troupes à Katoro", a affirmé de son côté Didier Bitaki, porte-parole des "forces armées Maï-Maï" dans le Nord-Kivu.
   
La rébellion a fait état de la présence de soldats de l'armée régulière congolaise et des rebelles hutus rwandais aux côtés des Maï-Maï. Cette affirmation n'a pas été confirmée par la Mission des Nations unies en RDC (Monuc).
   
Rejetant par ailleurs des accusations Maï-Maï sur une hypothétique "coalition CNDP/Monuc", la force onusienne a assuré ne pas être impliquée dans les combats.
   
Comme c'est le cas à chaque fois depuis la reprise des hostilités à grande échelle fin août au Nord-Kivu, les affrontements ont poussé à la fuite des dizaines d'habitants.
   
"Les Maï-Maï avançaient sur Katoro. Quand les rebelles les ont vus, ils ont tiré", a raconté l'un de ces déplacés, Manu, 18 ans. "Ils utilisaient toutes sortes d'armes", a expliqué le jeune homme, yeux rouge de fatigue, au milieu des paysans quittant à la hâte leurs champs, avec des ballots d'herbe et des bêches.
   
Ces violences interviennent au lendemain d'un mouvement de retrait unilatéral opéré par la rébellion sur le front nord de la province.
   
Les rebelles se sont retirés de 30 à 40 km sur trois axes de ce front, expliquant vouloir ainsi donner "une chance à la paix" et "conforter" les efforts de médiation de l'émissaire de l'ONU en RDC, Olusegun Obasanjo.
   
Dès mercredi, ils ont cependant accusé des éléments de l'armée régulière, des miliciens Maï-Maï et des rebelles hutus rwandais d'avoir pris pied dans les zones évacuées.
   
En tenues dépareillées, armés de Kalachnikov et la tête couverte de feuilles de bananiers, des dizaines de Maï-Maï ont ainsi pénétré jeudi dans le bourg de Rwindi (135 km au nord de Goma), d'où s'étaient retirées les troupes rebelles, a constaté un correspondant de l'AFP.
   
Le CNDP avait pourtant mis en garde contre un tel mouvement, et demandé à la Monuc "de prendre en charge la sécurité de ces zones de séparation" afin "qu'aucune autre force ne vienne l'occuper".
   
"On va laisser la Monuc gérer la situation mais si elle est débordée, on entrera en action", a de nouveau prévenu le porte-parole de la rébellion, Bertrand Bisimwa.
   
"Nous sommes en train de discuter avec les Maï-Maï pour qu'ils retournent sur leurs positions", a expliqué à l'AFP une source militaire de la Monuc, qui a requis l'anonymat.
   
Le retrait de la rébellion ne concerne pas le front le plus sensible du Nord-Kivu, situé à une dizaine de kilomètres au nord de Goma, ville d'un demi-million de personnes où sont cantonnés un millier de casques bleus.
   
En parallèle aux efforts d'Olusegun Obasanjo, le secrétaire d'Etat britannique à l'Afrique, Mark Malloch-Brown, a appelé jeudi le président rwandais Paul Kagame à user de son "influence" auprès de la rébellion de Laurent Nkunda pour faire cesser les combats.
   
M. Malloch-Brown, après une tournée de trois jours en RDC, est arrivé au Rwanda, où il devait rencontrer Paul Kagame dans la journée de jeudi.

Première publication : 20/11/2008

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