21 novembre 2008 - 10H20
- Dmitri Medvedev - Russie - Vladimir Poutine

La Douma entérine l'allongement du mandat présidentiel à six ans
La Douma a entériné l'allongement du mandat présidentiel de quatre à six ans. À la Chambre haute désormais de se pencher sur une réforme qui relance le débat sur les intentions du prédécesseur de Dmitri Medvedev, Vladimir Poutine.
Par AFP (texte)
Guillaume COUDERC / Olivier FARRY (vidéo)

La Douma, chambre basse du Parlement russe, a adopté vendredi l'allongement de la durée du mandat présidentiel de quatre à six ans, alors que le pouvoir s'inquiète des risques d'instabilité face à la montée de la crise en Russie.
   
Au total, 392 députés ont voté en faveur de cet amendement en troisième et dernière lecture et 57 élus communistes contre. Le Conseil de la Fédération (chambre haute) a maintenant cinq jours pour se prononcer.
   
Le président Dmitri Medvedev a proposé  cette réforme constitutionnelle le 5 novembre dans son adresse annuelle à la Nation. La précipitation dans laquelle elle est depuis examinée a relancé les conjectures sur les projets du pouvoir, notamment de Vladimir Poutine, son prédécesseur au Kremlin devenu Premier ministre.
   
"Les problèmes ne peuvent que s'accumuler avec le caractère inamovible du pouvoir", a déclaré à l'AFP le député communiste Nikolaï Kolomiïtsev pour expliquer le vote négatif des élus de son camp.
   
Un allongement d'un an de la législature à la Douma - à cinq ans - a également été adopté en troisième lecture ainsi qu'une disposition obligeant le gouvernement à rendre annuellement des comptes devant les députés.
   
Une mini-manifestation contre ces réformes a été organisée devant le bâtiment de la Douma par le Front civique uni, mouvement d'opposition mené par Garry Kasparov, ex-champion du monde d'échecs et bête noire du Kremlin.
   
"Nous exigeons une augmentation des retraites et non du mandat présidentiel", pouvait-on lire sur une pancarte. Une autre rappelait les mots du président du Parlement Boris Gryzlov datant d'il y a deux ans affirmant que "la Russie n'admettra aucune révision de la Constitution".
   
Cette réforme "vise à établir en Russie un régime dictatorial", a déclaré le Front civique uni dans un communiqué.
   
Selon un sondage du centre indépendant Levada réalisé du 14 au 17 novembre, plus de la moitié des Russes (55%) approuve cependant l'idée d'un allongement du mandat présidentiel, contre 34% qui y sont opposés.
   
Le vote définitif à la Douma intervient au lendemain d'un congrès du parti au pouvoir, Russie unie, dirigé par Vladimir Poutine qui a annoncé dans un discours très attendu une série de mesures pour combattre la crise financière.
   
"On attendait que le président russe Dmitri Medvedev annonce des mesures anti-crise dans son message annuel", souligne le politologue russe Dmitri Badovski dans le quotidien des affaires Vedomosti paru vendredi. Or "c'est Poutine qui a pris l'initiative politique et en assume la responsabilité", ajoute-t-il.
   
L'allongement de la durée du mandat présidentiel est vu par certains analystes comme une manoeuvre pour permettre à Vladimir Poutine de revenir au Kremlin.
   
Le quotidien Vedomosti citant des sources au Kremlin a même affirmé que M. Medvedev donnerait sa démission après l'approbation de ces amendements afin de permettre à Vladimir Poutine de briguer un nouveau mandat.
   
"La hâte dans laquelle la Douma a voté cette réforme fait penser que le pouvoir accélère les évènements pour préparer un retour de Poutine au Kremlin", estime l'analyste Evguéni Volk de la fondation Heritage.
   
"Il pourrait revenir (en se présentant) comme un homme politique expérimenté sous prétexte de la nécessité de se mobiliser face à la crise", anticipe-t-il.
 

Commentaires

France24 sois indépendante.

le "MEC" qui parle critique plutôt d'informer. Les russes sont fier de leur deux présidents si jeunes et si forts. d'ailleurs dans tous les pays y'a qlq'un dans l'ombre derrière le président. aux USA y'a Dick tcheny. en France y'a ........ RACHIDA DATI.

Soyons justes

La France a bien eu des septennats, non ? Ce n'est qu'après la chute du socialisme en France (14 ans de Mitterrand) et 12 ans de Chiraquie que les choses ont changés. Balayons devant notre porte, Messieurs ! Et si la mémoire nous fait défaut et devient tou à coup sélective, il y a des journaux comme le Canard Enchaîné et ses dossiers pour nous le rappeler.

Il a peur Putin

On renforce le pouvoir quand on a peur de le perdre. Monsieur Putin, quoi on commence avoir peur? De méchant baril à 50 dollars?

La reakpolitik a t elle jamais quitté la scène internationale ?

La monté en puissance de la Chine après les JO et celle de la Russie après l'Ossetie s'interprêtent de façon très cohérente dans le cadre réaliste des relations internationales. Les Etats Nations, dans une situation d'insécurité permanente (l'adhésion de l'Ukraine à l'OTAN pour la Russie, le manque de matière première énergétique pour la Chine) cherchent à consolider leur pouvoir et ils s'équilibrent avec des rapports de force où le "linkage" des intérêts militaires, économiques et culturels est une manière d'être.
A tel point que l'on peut se demander ce qui reste de la "globalisation" dont l'impasse énergétique avec un baril à $150 et l'irrationalité financière ont été presque simultané.
Dans ce contexte, la politique de la Russie est probablement celle de la construction d'une zone d'influence en face de l'Europe et de l'OTAN en s'appuyant sur ses matières premières et un Etat fort. C'est de bonne augure pour l'Europe qui trouve enfin des frontières à l'expansion de son marché et qui va devoir construire un projet politique pour équilibrer la zone d'influence russe. Merci à M. Poutine pour son aide à la construction de l'Europe !

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