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Afrique

Nkunda dénonce l'envoi de 3 000 casques bleus supplémentaires

©

Texte par AFP

Dernière modification : 27/11/2008

Le chef rebelle Laurent Nkunda a dénoncé, lors d'un meeting dans l'est de la République démocratique du Congo, l'envoi des 3 000 casques bleus supplémentaires dans la région. Près de 5 000 hommes de la Monuc sont déployés dans le Nord-Kivu.

Retrouvez notre dossier "Combats au Nord-Kivu"

 

Regardez notre reportage exculsif sur les enfants-soldats au Nord-Kivu

 

 

Regardez une compilation de nos meilleurs reportages pour comprendre la situation : "Au plus près des combats en RDC"

 

Le chef rebelle Laurent Nkunda a dénoncé samedi, lors d'un meeting dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), l'envoi de 3.000 Casques bleus supplémentaires dans ce vaste pays d'Afrique centrale, où aucun combat n'a été signalé depuis deux jours.

"On envoie encore 3.000 Casques bleus, et vous, vous applaudissez. Vous vous trompez !", a lancé M. Nkunda au cours d'une grande "réunion populaire" organisée par la rébellion à Rutshuru, centre administratif situé à plus de 1.500 km à l'est de la capitale Kinshasa.

"Nous n'accepterons pas qu'il y ait des gens pour nous sécuriser ici", a-t-il déclaré dans un discours devant près de 1.500 spectateurs réunis dans le stade de Rutshuru, à environ 80 km au nord de Goma, la capitale provinciale du Nord-Kivu.

"Nous devons nous unir et travailler pour notre propre sécurité", a affirmé le chef rebelle en treillis militaire. "Soit vous nous aidez à faire la révolution, ou bien vous vous taisez avec la Monuc (Mission des Nations unies en RDC) (...). Mais si vous attendez la paix de la Monuc, il faudra l'attendre après la pluie".

Le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé jeudi d'envoyer 3.000 Casques bleus supplémentaires en RDC, pays grand comme l'Europe occidentale, pour venir renforcer les effectifs de la Monuc, forte actuellement d'environ 17.000 hommes.

Près de 5.000 d'entre eux sont déployés dans le Nord-Kivu, où les combats ont repris depuis fin août entre la rébellion et l'armée congolaise et provoqué le déplacement d'environ 250.000 personnes.

Les hommes de M. Nkunda ont infligé ces dernières semaines d'humiliantes défaites à l'armée, en prenant le contrôle de plusieurs zones et en se positionnant à une quinzaine de kilomètres au nord de Goma, ville d'un demi-million d'habitants.

"Il y a des gens ici qui sont organisés pour combattre Nkunda", a dénoncé l'ex-général, en faisant référence aux miliciens pro-gouvernementaux Maï-Maï et aux rebelles hutus rwandais.

Mais "ils ne vous disent pas que votre gouvernement ne paie pas les enseignants, que pour se faire soigner, il faut (...) qu'il y ait des humanitaires pour prendre en charge vos enfants", a-t-il accusé, appuyant son propos de grands gestes tout en ponctuant son discours de références à la Bible.

Il a aussi exhorté les différentes tribus qui peuplent le Nord-Kivu à "cohabiter" pacifiquement. "Il n'y a qu'une solution, nous devons cohabiter ensemble, il y a assez d'espace ici pour les étrangers", a-t-il affirmé. M. Nkunda se présente comme un défenseur de la communauté tutsi, minoritaire en RDC et au Rwanda voisin.

C'était la première fois que M. Nkunda organisait un meeting à Rutshuru, depuis que ses troupes en ont chassé fin octobre l'armée congolaise.

Le chef rebelle a par ailleurs affirmé que l'envoyé spécial de l'ONU pour la RDC, Olusegun Obasanjo, serait de retour dans le pays le 29 novembre. Cette date n'a pas été confirmée par la Monuc.

M. Obasanjo avait rencontré le 16 novembre M. Nkunda, qui lui avait remis une liste de revendications dont la demande de négociations directes avec le gouvernement congolais.

Sur le terrain militaire, aucun combat n'a été signalé samedi pour la deuxième journée consécutive, selon la Monuc, qui continuait à patrouiller dans les zones d'où la rébellion s'est retirée unilatéralement cette semaine.

Mais dans la province voisine du Sud-Kivu, un journaliste de la radio Okapi, parrainée par l'ONU, a été tué par balles à Bukavu par des individus non identifiés vendredi soir.

La Monuc s'est dite "consternée" par cet assassinat, dont les mobiles étaient inconnus dans l'immédiat. Il y a un an et demi, un journaliste d'Okapi avait déjà été tué à Bukavu. Le procureur de la République de la ville a ouvert une enquête.

Première publication : 23/11/2008

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