Dernière modification : 25/11/2008 

- Afrique du Sud - Zimbabwe


Les négociations piétinent, la situation humanitaire s'aggrave
Alors que l'économie et les conditions sanitaires au Zimbabwe se dégradent dangereusement, les pourparlers pour un partage des pouvoirs se poursuivent. Selon l'ONU, le choléra a fait plus de 53 victimes en une seule journée.
Par AFP (texte)
Caroline DUMAY (vidéo)

Lisez notre dossier : "La crise politique au Zimbabwe"

 

L'inquiétude montait mardi au Zimbabwe face à une épidémie de choléra qui a déjà fait plus de 360 morts, tandis que pouvoir et opposition reprenaient leurs négociations en Afrique du Sud pour tenter de sortir de huit mois de crise politique.
   
Quelque 8.887 cas de choléra ont été recensés au Zimbabwe entre la mi-août et le 25 novembre et 366 personnes en sont mortes, a annoncé le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA). Un précédent bilan faisait état de 294 morts au 20 novembre.
   
Au cours des seuls cinq derniers jours, le choléra a fait 53 morts et touché plus de 1.600 nouvelles personnes au Zimbabwe, a indiqué l'OCHA.
   
"L'épidémie de choléra est loin d'être sous contrôle", a souligné l'agence onusienne tandis qu'un peu plus tôt le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (Unicef) notait que la maladie se propageait "à une allure alarmante" et risquait "de devenir une des plus graves de l'histoire du pays".
   
"L'épidémie menace de se propager à l'approche de la saison des pluies", qui débute en décembre, a renchéri le directeur régional d'Oxfam en Afrique australe, Charles Abani, en appelant le gouvernement à déclarer l'état d'urgence sanitaire dans tout le pays.
   
Le régime du président Robert Mugabe a jusqu'à présent minimisé l'ampleur de l'épidémie, qui révèle le délabrement des réseaux d'eau, d'assainissement et du système de santé au Zimbabwe.
   
Des dizaines de malades traversent la frontière dans l'espoir d'accéder à de meilleurs soins en Afrique du Sud. "Depuis le 15 novembre, nous avons traité un total de de 187 patients. Dix-huit d'entre eux sont toujours hospitalisés et seuls trois sont morts jusqu'à présent", a indiqué à l'AFP Phuti Seloba, porte-parole des services de santé de Musina, à la frontière avec le Zimbabwe.
   
Les Zimbabwéens doivent également faire face à une hyperinflation inouïe (plus de 231 millions pour cent), un chômage de masse (80%) et une production au point mort. Près de la moitié de la population aura besoin d'une aide alimentaire en janvier, selon l'ONU.
   
Cette crise économique se double d'une crise politique depuis la défaite du régime aux élections de mars et la réélection contestée de Robert Mugabe à la présidence en juin.
   
Depuis juillet, régime et opposition discutent sous l'égide du médiateur sud-africain Thabo Mbeki pour trouver une issue négociée à l'impasse politique.
   
Mardi, ils ont repris leurs pourparlers en Afrique du Sud pour tenter de sauver un accord de partage du pouvoir signé mi-septembre mais resté lettre morte jusqu'ici, a confirmé à l'AFP l'un des négociateurs.
   
Les négociations devaient porter sur le contenu d'un amendement constitutionnel créant le poste de Premier ministre pour le chef de l'opposition Morgan Tsvangirai, tandis que Robert Mugabe restera chef de l'Etat.
   
"La situation sur le terrain a atteint un niveau tellement critique qu'il faut parvenir à un accord", a déclaré Nelson Chamisa, porte-parole de l'opposition, avant l'ouverture des discussions.
   
Mais, "c'est difficile d'être optimiste quand on traite avec un parti aussi peu sincère, malhonnête et trompeur que la Zanu-PF" (Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique, au pouvoir), a ajouté M. Chamisa.
   
A New York, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'est "alarmé du fait que la situation humanitaire au Zimbabwe est désormais très grave et va empirer dans les mois qui viennent".
   
Le chef de l'ONU a appelé "les parties zimbabwéennes (...) à trouver rapidement un accord sur la formation d'un gouvernement", a indiqué son secrétariat. "Le peuple du Zimbabwe ne peut pas se payer le luxe d'un nouvel échec de leurs dirigeants politiques", a conclu Ban Ki-moon.

Commentaires (1)

Blocage politique

Vous savez on s'accroche au pouvoir pour plusieurs raisons:
soit on est habité par un orgueil excessif, soit on ne veut pas voir les autres diriger ( l'égoïsme), soit on a mal ou bien diriger mais avec beaucoup d'entorses, soit on craint de perdre les uminités parce qu'on a de comptes à rendre,pourquoi pas les arrestations.que le parti de l'opposition soit sage dans les négociations.
Un petit encouragement au Président sortant, M.TABU, qu'il se fortifie et qu'il ne tienne pas compte de l'âge si le choix est tombé sur lui c'est parce qu'il a une grande expérience qu'il n'oublie qu'il est toujours un homme d' Etat.

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