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Le Pakistan envoie un représentant de l'ISI en Inde

Vidéo par Audrey RACINE

Dernière modification : 30/11/2008

Le Pakistan a dépêché en Inde un représentant du service de renseignements, l'ISI, et se déclare prêt à cantonner à sa frontière avec l'Inde une partie de ses troupes si les tensions avec New Delhi persistent.

Retrouvez l'émission À la une : "Bombay, la piste pakistanaise ?" en cliquant ici.

 

(AFP) - Le Pakistan a décidé samedi de ne plus dépêcher en Inde, comme annoncé la veille, le chef de ses services de renseignements, l'ISI, pour aider à l'enquête sur les attaques de Bombay, mais un simple représentant, selon un communiqué du cabinet du Premier ministre.
   
Ce changement brutal est survenu dans la nuit, avec un communiqué, rendu public après minuit, annonçant qu'un "représentant de l'Inter-Services Intelligence (ISI) se rendra en Inde à la place de son directeur général, le général Ahmed Shuja Pasha, pour aider à l'enquête sur l'acte de terrorisme à Bombay".
   
Cette annonce intervient alors que New Delhi assure que certains auteurs des attaques coordonnées dans la capitale économique de l'Inde, qui ont fait au moins 155 morts, viendraient du Pakistan, que les autorités indiennes accusent régulièrement de soutenir les groupes islamistes armés qui commettent des attentats sur leur territoire.
   
Islamabad a démenti catégoriquement ces accusations. Le Premier ministre Yousuf Raza Gilani avait annoncé vendredi en fin d'après-midi qu'il dépêchait le chef de l'ISI à la demande de son homologue indien, pour "partager des renseignements" et "aider à l'enquête".
   
Cette annonce représentait un geste fort et inédit pour les deux pays dans le cadre d'une enquête sur des attentats. Les deux "frères-ennemis" de l'Asie du Sud, qui se sont affrontés dans trois guerres depuis leur création en 1947, accusent régulièrement leurs services de renseignements respectifs de tentatives de déstabilisation.
   
M. Gilani a dû écourter dans la nuit une visite à Lahore, dans l'est du Pakistan, et est rentré à Islamabad pour des "consultations urgentes" avec l'armée notamment, a-t-on appris auprès de plusieurs hauts responsables du gouvernement, qui ont requis l'anonymat.
   
Peu avant la publication du communiqué lapidaire dans la nuit, le porte-parole de l'armée, le général Athar Abbas, avait indiqué à l'AFP que l'état-major n'avait pas encore reçu d'instruction concernant la visite du chef de l'ISI. Ces puissants services de renseignements dépendent du ministère de la Défense.
   
"Je le répète, nous n'avons rien à voir avec les attaques de Bombay", avait martelé M. Gilani vendredi soir dans un discours télévisé. "Nous voulons coopérer, nous n'avons rien à cacher", avait-il ajouté pour justifier l'envoi du général Pasha en Inde.
   
M. Gilani avait également rappelé que son pays, en proie à une vague d'attentats d'islamistes liés à Al-Qaïda qui a tué près de 1.500 personnes en 16 mois, était également une "victime" du terrorisme.
   
Le ministre indien des Affaires étrangères Pranab Mukherjee avait affirmé un peu plus tôt vendredi que des "éléments au Pakistan étaient responsables" des attaques menées par des islamistes à Bombay. La preuve soutenant cette accusation "ne peut pas être divulguée pour le moment", avait-il ajouté.
   
Et le Premier ministre indien avait menacé jeudi les "pays voisins" de représailles s'ils continuaient à abriter les auteurs des attaques en Inde.
   
Depuis 2004, les deux Etats, qui disposent de l'arme nucléaire, sont engagés dans un laborieux processus de paix.
   
Les attaques de Bombay avaient été immédiatement revendiquées mercredi soir par un groupe islamiste inconnu, les Moujahidine du Deccan, du nom d'un plateau central de l'Inde.
   
Mais rapidement, les médias indiens avaient évoqué la piste du Lashkar-e-Taïba, un groupe fondamentaliste musulman pakistanais actif dans l'ouest de l'Inde et qui exige l'indépendance du Cachemire indien, à majorité musulmane.
   
Le Lashkar a démenti jeudi toute implication et condamné les attaques.

Première publication : 29/11/2008

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