30 novembre 2008 - 08H35
- Crise financière - Guyane - Pétrole

La Guyane paralysée par les manifestations contre le prix de l'essence
Le mouvement de protestation contre le prix du carburant en Guyane se poursuit, malgré l'arrêté pris par le préfet du département concrétisant une baisse de 30 centimes du litre. Les manifestants bloquent l'aéroport et plusieurs axes routiers.
Meriem AMELLAL (vidéo)

(AFP) - Le préfet de Guyane a pris samedi un arrêté concrétisant la baisse de 30 centimes du litre de carburant à la pompe, fixant à 1,47 euros celui de l'essence et 1,25 euros celui de gazole à partir de lundi dans le département, a annoncé samedi la préfecture dans un communiqué.
   
Le mouvement de protestation de ceux qui réclament toujours une baisse de 50 centimes du litre se poursuit néanmoins en Guyane où les axes routiers sont bloqués depuis six jours. L'aéroport a été fermé aux vols commerciaux.
   
"J'ai écrit aujourd'hui aux présidents Karam (région) et Tien-Liong (département) pour leur confirmer officiellement la proposition de l'Etat de débloquer 5 millions d'euros pour compenser pendant trois mois le manque à gagner des collectivités", a déclaré à l'AFP samedi soir Yves Jégo, secrétaire d'Etat à l'Outre-mer.
   
Cette proposition, a-t-il ajouté, s'appliquerait "dans le cas où la région accepterait de baisser de 10 centimes la taxe sur les carburants, le temps que la mission d'inspection qui arrivera le 8 décembre, rende ses conclusions sur le prix du carburant". "La balle est désormais dans le camp des collectivités", a ajouté le secrétaire d'Etat.
   
La taxe régionale est partagée entre la région, le département et les communes. Elle atteint presque 70 centimes et est la plus élevée des DOM.
   
"Cette baisse de 10 centimes de la taxe régionale serait une avancée parmi d'autres, mais nous restons sur notre position d'une baisse de 50 centimes à la pompe", a déclaré à l'AFP, Dominique Mangal, président de l'Union guyanaise des transporteurs routiers, l'un des chefs de file du mouvement de protestation qui bloque la Guyane depuis lundi.
   
"Nous prenons acte de cette baisse officielle de 30 centimes mais nous considérons que l'on peut arriver, en travaillant avec le gouvernement, à une baisse de 50 centimes", a affirmé Joëlle-Prévot Madère, conseillère régionale et présidente de la Confédération générale des PME en Guyane.
   
"Une baisse de 50 centimes est impossible et si les exigences sont démesurées, les pétroliers pourraient claquer la porte de la Guyane", a estimé samedi soir Yves Jégo. Selon lui, une baisse de 10 centimes de la taxe régionale coûterait 4 millions d'euros sur trois mois pour l'ensemble des collectivités qui bénéficient de cette taxe (région, département, communes).
   
Chantal Berthelot, vice-présidente du conseil régional et députée (divers gauche), en évalue le coût à 9 MEUR.
 

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