30 novembre 2008 - 06H40
- Pakistan - Taliban

Islamabad a bien du mal à réformer l'ISI
Le gouvernement pakistanais est déterminé à réformer l'ISI, sa redoutable agence de renseignement, accusée de complicité avec les Taliban. Nos reporters ont rencontré le général Hamid Gul, patron de l’agence entre 1987 et 1989.
Par FRANCE 24 (texte)

A Rawalpindi, à l’abri des regards, ce quartier pakistanais a des faux airs de Beverly Hills. Un endroit chic qui abrite les anciennes gloires de l’armée pakistanaise. Parmi elles, les anciens chefs de l’ISI, l’une des agences de renseignement les plus redoutées du monde.

Depuis sa création en 1948, 16 généraux ont occupé ce poste. Ils vivent ici pour la plupart, mais un seul a accepté de nous parler : le général Hamid Gul. Aujourd’hui âgé de 76 ans, il était patron de l’ISI entre 1987 et 1989. Bénazir Bhutto était alors Premier ministre, et la guerre contre les soviétiques en Afghanistan. Général Gul : "Je suis heureux, on a gagné la guerre, alors qu’est-ce que je pourrais espérer de mieux dans une vie ?"
  
Vers un démantèlement de la branche politique de l'ISI

Mais la très secrète agence qu’il a dirigé devrait prendre aujourd’hui un tout autre visage. Le gouvernement vient de décider de démanteler la branche politique de l’ISI, une mise au pas des 25 000 agents secrets. Un effet d’annonce pour ce général qui reste sceptique : "Le gouvernement a déjà essayé de nous faire avaler ça tellement de fois dans le passé, alors permettez-moi d’avoir des doutes. Espérons que ce soit vrai."
 
Difficile de réformer ce qui passe toujours pour être un Etat dans l’Etat. Assassinat, enlèvement, complots en tout genre, l’ISI est accusé de tous les maux, y compris de collaborer avec les groupes taliban. Général Gul : "Il n’est pas crédible que l’ISI s’oppose à la politique du gouvernement en jouant un double jeu, en ayant des contacts avec les terroristes. Je n’y crois pas une seconde, c’est de la propagande américaine."
 
Le général Gul a combattu en son temps au côté de Moudjahidines qui, pour certains, sont devenus aujourd’hui des Taliban. Et malgré les années, il a du mal à rompre avec ses anciens amis : "Les Taliban ont eux aussi changé, je suis sûr qu’ils vont trouver leur voie. Ils existent en Afghanistan depuis 5000 ans. L’Amérique, elle, a seulement 300 ans d’existence…"

Difficile pour le gouvernement de tourner le dos au passé de l'ISI

Pour le porte-parole de l’armée et de l’ISI, les propos du général Gul appartiennent au passé. Général Athar Abbas, porte-parole de l’ISI : "Je ne veux pas commenter ce que dit le Général Gul. Ce que je veux vous dire, c’est que l’ISI va désormais appliquer la politique du gouvernement parce la branche politique de l’ISI va être fermée et que le gouvernement a demandé à l’agence honnêteté et professionnalisme."
 
Mais tourner le dos au passé encombrant de ces agents secrets ne sera pas chose facile pour le gouvernement. Un gouvernement qui veut aujourd’hui oublier les années noires en recentrant la mission de son agence dans la lutte contre le terrorisme.

Commentaires

Les gouvernements passent mais l'ISI reste

L'ISI restera un etat dans l'etat et avec l'armee ( qui dirige qui ? ) influencera le pays dans la direction "souhaite"

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