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Le Pakistan affirme avoir "les mains propres"

Vidéo par Audrey RACINE

Dernière modification : 30/11/2008

Le président pakistanais Asif Ali Zardari a appelé son pays voisin à ne pas réagir "de façon excessive" alors que son ministre des Affaires étrangères martelait samedi : "Nous avons les mains propres, nous n'avons rien à cacher."

Retrouvez l'émission À la une : "Bombay, la piste pakistanaise ?" en cliquant ici.


Lire aussi : "Après la douleur, la colère et la stupeur"


(AFP) - Le Pakistan, pointé du doigt par l'Inde, s'est engagé samedi à sévir contre d'éventuels "groupes" islamistes présents sur son territoire si New Delhi apportait la preuve de leur implication dans les attaques de Bombay.

Le président Asif Ali Zardari a appelé en même temps le voisin et éternel rival à ne pas réagir "de façon excessive", lors d'une interview à une chaîne de télévision indienne.

Depuis 2004, les deux puissances militaires nucléaires, qui se sont affrontées dans trois guerres depuis leur création en 1947, sont engagées dans un fragile processus de paix.

"Les autorités indiennes n'ont pas accusé le gouvernement du Pakistan, elles soupçonnent --je dis bien soupçonnent-- des groupes qui pourraient être présents au Pakistan", a tempéré pour sa part le ministre des Affaires étrangères, Shah Mehmood Qureshi, ajoutant: "Si elles ont des informations, des preuves, elles doivent nous en faire part".

"Je prendrai les mesures les plus sévères à la lumière de cette preuve et devant le monde entier", a enfin promis M. Zardari.

New Delhi assure que certains auteurs des attaques coordonnées de Bombay, qui ont fait au moins 195 morts, viennent du Pakistan. Les autorités indiennes accusent régulièrement Islamabad, et en particulier ses services de renseignements, de soutenir les groupes islamistes armés qui commettent des attentats sur leur territoire.

"Pour l'heure, aucune preuve ne nous a été fournie", a poursuivi le ministre Qureshi, à l'issue d'une réunion "spéciale" du gouvernement pakistanais consacrée à ces accusations.

"Nous devons nous placer au dessus d'eux et faire en sorte, nous, vous et la communauté mondiale, qu'il n'y ait pas de réaction excessive", a-t-il ajouté.

"Nous avons les mains propres, nous n'avons rien à cacher, nous ne sommes pas sur la défensive", a martelé M. Qureshi, promettant un "soutien moral et matériel plein et entier au gouvernement indien" afin de "faire absolument baisser les tensions" entre les deux pays.

Dans la nuit, le Pakistan a pourtant effectué une volte-face qui a contribué à les aggraver: après avoir annoncé vendredi soir qu'il dépêcherait en Inde le chef des puissants services de renseignements ISI pour collaborer dans l'enquête, le Premier ministre Yousuf Raza Gilani est revenu brutalement sur cette décision, promettant seulement un "représentant".

L'Inter-Services Intelligence (ISI) est régulièrement accusé par New Delhi de soutenir, sinon de manipuler, les groupes islamistes extrémistes qui commettent des attentats en Inde au nom de la lutte contre l'"occupation" indienne d'une partie du Cachemire ou contre les "persécutions" dont est victime, selon eux, la minorité musulmane d'Inde.

C'est pourquoi l'annonce de l'envoi du chef de l'ISI, le général Ahmed Shuja Pasha, représentait vendredi un geste fort et inédit pour les deux pays. Les deux "frères-ennemis" accusent régulièrement leurs services de renseignements respectifs de tentatives de déstabilisation.

Cette annonce avait déclenché un malaise au sein du gouvernement et surtout dans l'armée, qui dirige de facto l'ISI, selon des hauts responsables pakistanais.

MM. Zardari et Qureshi ont également rappelé que leur pays, en proie à une vague d'attentats d'islamistes liés à Al-Qaïda qui a tué près de 1.500 personnes en 16 mois, était également une "victime" du terrorisme.

Les attaques de Bombay avaient été immédiatement revendiquées mercredi soir par un groupe islamiste inconnu, les Moujahidine du Deccan, du nom d'un plateau central de l'Inde.

Mais rapidement, les médias indiens avaient évoqué la piste du Lashkar-e-Taïba, un groupe fondamentaliste musulman basé au Pakistan mais actif dans l'ouest de l'Inde.

Le Lashkar a démenti dès jeudi toute implication.

Inde et Pakistan avaient déjà été au bord d'une quatrième guerre fin 2001 quand New Delhi avait accusé Islamabad d'avoir utilisé ce groupe dans l'attaque de son Parlement par un commando islamiste, qui avait fait 10 morts le 13 décembre.

 

Première publication : 30/11/2008

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