- Afrique du Sud - Sida
Pour cette vingtième journée mondiale contre le sida, les Sud-Africains ont enfin quelque chose à fêter : la nomination de leur nouveau ministre de la Santé. Amie de longue date des activistes locaux, cette militante anti-apartheid a promis de faire mieux que ses prédécesseurs.
Barbara Hogan, ministre de la Santé en Afrique du Sud, précise : "L'ANC m'a choisie précisément parce que je ne suis pas une spécialiste de la santé. Ils veulent quelqu'un avec du savoir-faire en management. Ils m'ont dit qu’il fallait vraiment améliorer le niveau de santé du pays."
Zackie Achmat, militant pour “Treatment Action Campaign”, explique donc : "Aujourd'hui, nous voulons la remercier. Le boulot qu’elle a, c’est sans doute le plus difficile. J’espère qu’elle n’envisage pas de résoudre tous nos problèmes, car ça… elle n’y arrivera pas seule. Mais ce ministère a besoin d’elle, a vraiment besoin d’une direction forte !"
Un ministère qui s'est totalement discrédité en refusant de distribuer les antirétroviraux nécessaires au traitement des 5 millions et demi de séropositifs. L'ancienne ministre surnommée "docteur betterave" proposait même de combattre le fléau à coup de jus de citron, d'ail et d'huile d'olive.
Selon Ben Drimeulen, malade séropositif , "la dernière conférence mondiale contre le sida, l’ancien ministre nous avait conseillé à tous de manger de l'ail, des citrons et boire. Je crois que c'était de l'eau. Je connais une malade qui n’a mangé et bu que ça. Elle en est morte... "
Et avec elle, 365 000 autres malades, décédés faute de soin, selon une étude récente de l'Université de Harvard. Les militants ont finalement eu raison de la ministre, et les médicaments sont désormais distribués gratuitement. Mais s'ils ont emporté ces batailles, ils n'ont pas encore gagné la guerre. Avec 1 000 personnes supplémentaires infectées tous les jours, le chemin est encore long pour enrayer l'infection. Même les syndicalistes se mobilisent.
Mais la bonne volonté politique ne résout pas encore tout. Pour améliorer la survie des nourrissons, une étude sud-africaine conseillait de donner des antirétroviraux à tous les bébés séropositifs de moins d'un an. Ces recommandations ont été appliquées partout dans le monde. Sauf en Afrique du Sud, où 20 mois après leur publication, les auteurs de l'étude attendent toujours le feu vert de l'administration.
Les Sud-Africains espèrent faire table rase de leur passé. Ils parient même sur l'avenir en relançant leurs recherches sur un vaccin contre le sida, seule planche de salut pour un pays qui compte le plus grand nombre de séropositifs au monde.























