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Les Indiens pressent New Delhi de réorganiser sa sécurité

Texte par Apoorva PRASAD

Dernière modification : 02/12/2008

Après les attaques terroristes de Bombay, dans lesquelles près de 180 personnes ont trouvé la mort, les Indiens ne décolèrent plus. Et pointent du doigt l'incurie des agences de sécurité du pays qui n'ont su empêcher le carnage.

Quelques jours après les attaques terroristes de Bombay, les têtes commencent à tomber. Le ministre de l’Intérieur, le conseiller national à la sécurité et le chef de l’exécutif de l’Etat de Maharashtra ont démissionné. Dimanche, le Premier ministre indien Manmoham Singh a annoncé des changements en matière de sécurité, incluant les créations de "l’agence fédérale d’investigation" et de trois bases supplémentaires pour des spécialistes anti-terroristes de la National Security Guard (NSG).

 

Ces remaniements seront-ils toutefois suffisants ? Beaucoup d’Indiens se disent indignés par l’apathie politique et les mesures superficielles. "La colère des gens est palpable, affirme Hemant Sarin, un haut fonctionnaire de police qui a mené des opérations anti-insurrection. Mais les demandes de changement devront être satisfaites."

 

Pour la population, qui considère que l’origine du problème réside à l’intérieur même du système, les choses pressent. La dernière décennie a été particulièrement éprouvante pour le pays : selon un rapport du centre national anti-terroriste indien, entre 2004 et 2007, aucun pays au monde, hormis l’Irak, ne compte autant de morts dans des attaques terroristes.

 

Aussi les Indiens réclament-ils une refonte des organes de sécurité. Surtout depuis l’attaque du Parlement par des hommes armés en décembre 2001 et les importants attentats qui ont suivi :

- En août 2007, plusieurs bombes explosent dans des parcs à Hyderabad, tuant 40 personnes.

- En mai 2008, des attentats simultanés à Jaipur tuent au moins 63 personnes.

- En juillet 2008, plus de 180 personnes ont été tuées à Bombay dans l’explosion de bombes dans des trains de banlieue. 

 

Etats contre gouvernement central

 

L’un des problèmes majeurs trouve son origine dans la Constitution indienne. Chacun des 28 Etats indiens est responsable de la sécurité sur son territoire. Le gouvernement central ne peut agir que lorsque l’un des États demande de l’aide. Et ces derniers mettent souvent du temps avant de solliciter New Delhi. Malgré les récentes attaques terroristes, la république indienne a été lente à réagir, selon plusieurs sources anonymes proches du gouvernement. Pour beaucoup, l’absence d’un commandement centralisé constitue un obstacle à la lutte contre le terrorisme. "Le gouvernement indien doit être capable de coordonner ses actions", estime Sarin.

 

Après que le Premier ministre de l’Etat du Maharashtra a été informé des attaques à Bombay, il a fallu plusieurs heures au NSG, basé à New Delhi, pour effectuer les 1 500 kilomètres séparant la capitale du théâtre des opérations. Les commandos de la marine nationale indienne (Marcos) se trouvaient pourtant dans une base navale située à quelques minutes de Bombay.

 

L’Etat lui-même ne dispose pas de forces spécialisées capables de faire face à de telles situations. Mais, selon Sarin, la NSG est "aussi bonne que les autres forces d’élite mondiales". Pour ce haut fonctionnaire, les affirmations du New York Times selon lesquelles les forces de la NSG étaient sous-équipées, ne sont pas fondées. "Avec leur division aéronautique, ils devraient maintenant être en mesure de répondre beaucoup plus rapidement aux menaces", conclut-il.

 

La mise en œuvre des promesses a toujours été un problème en Inde. Les élections nationales, prévues en avril 2009, devraient toutefois permettre de savoir si de réels changements sont possibles.

 

 

 

Première publication : 02/12/2008

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